De la peur de l’eau au studio aquatique
Alison Bounce est aujourd’hui une figure de la photographie sous-marine, mais son parcours est pour le moins paradoxal. Elle confie avoir eu peur de l’eau jusqu’à un âge avancé, n’apprenant à nager correctement qu’à plus de 18 ans, dans le cadre de sa préparation aux concours pour devenir pompier. Ce qui n’était qu’une contrainte est devenu une révélation. Loin de se contenter de photographier sous l’eau, elle a développé une approche où l’élément aquatique devient un véritable outil de création. « Je vois l’eau comme un outil de création », explique-t-elle. L’absence de gravité et la volupté des mouvements lui permettent de donner vie à des images oniriques, qu’elle conceptualise en amont.
Cette pratique exige une logistique complexe, transformant chaque séance en un véritable tournage en « studio aquatique » avec une équipe complète, incluant assistants, maître nageur et parfois même une sage-femme pour les séances de grossesse.
Le mariage, version ninja
Si l’underwater est sa signature créative, Alison Bounce est avant tout reconnue pour son travail en photographie de mariage. Elle y déploie un style qu’elle qualifie de « ninja du clic-clac » : une approche très physique où elle n’hésite pas à se rouler par terre, courir et chercher des angles improbables pour capturer l’instant. Contrairement à ses portraits aquatiques très préparés, son approche du mariage est entièrement spontanée. Elle ne dirige pas, mais se positionne, observe et attend. « Le vrai secret, c’est de savoir attendre et quelque part provoquer sa chance », confie-t-elle. C’est ainsi qu’est née sa photo iconique d’un couple en ombres chinoises dans une posture de kung-fu, prise sur le vif après avoir simplement crié « 1, 2, 3, ninja ! ».
Cette énergie et cette authenticité sont au cœur de sa communication, où elle se présente comme le « vilain petit canard » de la photo de mariage, assumant un style « rebelle et funky » qui lui ressemble.
Bâtir sa niche et la partager
En développant le portrait sous-marin, Alison Bounce s’est imposée sur un marché de niche. Elle raconte comment ses deux activités, mariage et aquatique, se nourrissent l’une l’autre. Il n’est pas rare que ses mariés terminent le week-end par une séance dans la piscine, ou qu’elle emporte son caisson étanche pour documenter une partie de la journée les pieds dans l’eau. Ce succès, cependant, ne s’est pas fait sans sacrifices. Elle évoque une vie entièrement dédiée à son travail, avec de nombreuses concessions sur le plan personnel. « Je voue ma vie pleinement à mon activité professionnelle », admet-elle.
Désireuse de transmettre sa passion et de fédérer une communauté, elle a écrit le premier livre en français sur le portrait underwater, publié aux éditions Erol. Un ouvrage à la fois technique et inspirationnel, conçu pour rendre la discipline accessible à tous, des amateurs curieux aux photographes professionnels.
Les références de l’épisode
- Leila Gandhi, journaliste et source d’inspiration
- Joël Peter Witkin, photographe
- « Secrets du Portrait Underwater », le livre d’Alison Bounce
- Éditions Eyrolles, éditeur de son livre
- Louise Garvan, photographe
- Laurence Révol, photographe
- Regards d’auteur, concours de photographie
- Boutique Photo d’Enfer, partenaire matériel
- STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives)
Au fil de l’épisode
- Présentation et elevator pitch d’Alison Bounce.
- Son rapport paradoxal à l’eau : d’une peur initiale à une spécialité photographique.
- Comment elle a appris à nager tardivement pour devenir pompier.
- Son activité principale de photographe de mariage, où elle est la plus connue.
- Sa passion pour le voyage, son blog et ses contrats à l’étranger.
- L’importance du texte et des mots sur son site web pour se présenter authentiquement.
- La définition de la « ninja du clic-clac » : son style photographique physique et engagé.
- Ses inspirations : la journaliste Leila Gandhi et le photographe Joël Peter Witkin.
- Sa double approche : spontanée pour le mariage, préparée pour l’aquatique.
- Le secret de ses photos de mariage : savoir attendre le bon moment pour que la scène se compose.
- Sa définition de la photo underwater : l’eau comme un outil de création.
- La logistique d’une séance sous-marine : diriger les modèles, communiquer, l’équipement.
- L’utilisation de la musique sous l’eau pour détendre les modèles et rythmer la séance.
- L’équipe nécessaire pour un shooting aquatique : maître nageur, sage-femme, assistants.
- Le concept de « studio aquatique » : fonds, flashs (strobes), éclairages puissants.
- L’histoire derrière la photo de nu qui ouvre son site : un challenge personnel.
- Les coulisses de sa célèbre photo de mariage « ninja » en ombre chinoise.
- Le « pouvoir de l’intention » dans sa pratique photographique.
- La photo qui la représenterait le mieux : une image personnelle, prise au téléphone.
- La répartition de ses revenus entre le mariage et l’aquatique.
- Comment elle intègre la photo aquatique dans ses offres de mariage.
- Présentation de son livre sur le portrait underwater aux éditions Eyrolles.
- Sa communication « à contre-sens », authentique et assumée.
- Les concessions et sacrifices personnels nécessaires pour vivre de sa passion.
- Le pire moment de sa carrière : un mariage de stars du porno.
- Le meilleur moment : la reconnaissance actuelle de son travail.
- Sa recommandation pour un prochain épisode : la photographe Laurence Révol.
FAQ
Qui est Alison Bounce ?
Alison Bounce est une photographe française reconnue pour son travail en mariage et comme pionnière du portrait sous-marin en France. Originaire de l’Ardèche, elle a développé un style unique, à la fois spontané et très créatif. Elle est également l’autrice d’un livre sur la photographie underwater et se définit par une approche authentique et « rebelle », loin des conventions.
Qu’est-ce que la photographie underwater selon Alison Bounce ?
Pour elle, ce n’est pas simplement prendre des photos sous l’eau. Elle conçoit l’élément aquatique comme un véritable outil de création qui lui permet de réaliser des images oniriques et surréalistes, en jouant avec l’absence de gravité et les mouvements fluides. Elle a développé un concept de « studio aquatique », avec une équipe, des éclairages et des fonds spécifiques pour maîtriser cet environnement.
Comment Alison Bounce a-t-elle commencé la photo sous-marine ?
Paradoxalement, Alison Bounce a eu peur de l’eau pendant longtemps et a appris à nager correctement tardivement, à plus de 18 ans, pour préparer les concours de pompier. C’est bien plus tard qu’elle a découvert le potentiel créatif de cet élément, au point d’en faire sa spécialité et de surmonter complètement ses appréhensions initiales pour en faire sa force.
Qu’est-ce que le style « ninja du clic-clac » ?
C’est le surnom qu’elle donne à son approche très physique de la photographie de mariage. Elle n’hésite pas à se rouler par terre, courir ou monter sur des chaises pour trouver des angles de vue originaux et capturer l’énergie du moment. C’est une manière de ne pas se fixer de limites corporelles pour aller chercher l’image parfaite de manière spontanée.
De quoi parle le livre d’Alison Bounce ?
Son livre, publié aux éditions Eyrolles, est le premier ouvrage en français dédié au portrait underwater dans le contexte de la photographie sociale (portrait, couple, grossesse). Il s’adresse à tous les niveaux, des amateurs curieux aux professionnels, et couvre les aspects techniques (matériel, réglages, post-production) ainsi que l’approche créative et la gestion des modèles sous l’eau.

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