Une nouvelle page
Connu et solidement établi dans le monde de la photographie de mariage sous le nom de William Lambelet, l’invité de cet épisode a décidé d’entamer une transition professionnelle majeure. Il se lance dans le photojournalisme sous le nom de Willy, une manière de marquer une nouvelle identité et une nouvelle approche. Cette décision n’est pas motivée par une lassitude du mariage, qu’il continue d’apprécier, mais par une quête de sens plus profonde. Il explique vouloir passer du statut de témoin d’une journée pour une famille à celui, plus large, de « témoin de l’histoire actuelle ».
Pour lui, le photojournalisme indépendant porte une responsabilité cruciale : témoigner de ce qui se passe réellement, en vérifiant ses sources et en restant factuel. « On est les témoins de l’histoire actuelle de manière plus générale », confie-t-il, conscient de la prétention que cette affirmation peut revêtir, mais convaincu de l’importance de cette mission.
Repartir de zéro
Willy Lambelet considère cette reconversion comme un véritable nouveau départ. Alors qu’il pensait capitaliser sur son expérience, il estime aujourd’hui recommencer « entre 0 et 5 % ». La raison principale ? En photojournalisme, le client n’est pas le sujet. Cette distinction change radicalement le rapport au terrain et aux personnes photographiées, qui ne l’ont ni choisi ni payé. Il doit donc réapprendre à se faire accepter et à construire une relation différente. De plus, la prise de vue ne représente qu’une infime partie du travail, écrasée par le temps consacré à l’enquête, la préparation, la vérification des sources et l’écriture.
Son bagage de photographe de mariage reste néanmoins un atout, notamment dans la construction et l’esthétique de ses images. Il espère apporter cette sensibilité visuelle à ses reportages, tout en veillant à ce que l’information prime toujours sur l’esthétique. « J’espère pouvoir apporter une certaine esthétique à mes images que n’ont pas tous les photojournalistes », explique-t-il.
Premiers reportages, nouveaux horizons
Ironiquement, son premier grand projet de photojournaliste, réalisé pendant la pandémie, portait sur un mariage. Le sujet, « Se marier en temps de Covid », lui a permis de décrocher une commande pour une double page et de mesurer concrètement la différence entre les deux métiers. Sur le même événement, il a dû chercher des informations visuelles (distanciation, masques) là où un photographe de mariage aurait cherché à les gommer. Cette expérience fondatrice lui a confirmé qu’il s’agissait bien d’un nouveau métier.
Inspiré par des figures comme James Nachtwey pour son immersion au cœur de l’action, Willy Lambelet développe aujourd’hui des projets au long cours. L’un porte sur les rituels de mariage à travers le monde, notamment en Inde, pour témoigner de traditions qui s’effacent. Un autre s’intéresse à l’aspect humain des grands chefs cuisiniers, comme ceux des Bocuse d’or, pour montrer les hommes derrière la toque.
Les références de l’épisode
- James Nachtwey, photographe
- War Photographer, film documentaire
- Les Misérables, film
- Leica Q, appareil photo
- Bocuse d’or, concours de cuisine
- Fearless, concours de photographie
- WPGA, concours de photographie de mariage
- Rise Up, événement pour photographes
- Fred Marie, photographe et animateur du podcast Photographe Stratège
- PixPalace, plateforme de photos pour la presse
- La Croix, journal
- Olivier Labormatéi, photographe
- Achia Strike, photographe
- Dreambooks Pro, marque d’albums photo
Au fil de l’épisode
- La distinction entre William, le photographe de mariage, et Willy, le photojournaliste.
- Pourquoi il a choisi de se reconvertir : la quête de sens et le désir d’être un témoin de l’histoire.
- La responsabilité du photojournaliste et l’importance de la véracité.
- Comment il a débuté la photographie : en couvrant le mariage d’amis, en mode automatique.
- Son rapport au matériel : le débat entre focales fixes (son choix actuel) et zooms.
- Son expérience d’une année de travail avec une seule focale de 28 mm sur un Leica Q.
- Sa préférence pour la lumière naturelle, tout en maîtrisant le flash.
- La place du portrait posé, même dans une approche documentaire.
- Les règles de retouche, plus strictes en photojournalisme qu’en mariage.
- Son admiration pour le photographe James Nachtwey et son approche immersive.
- L’influence du cinéma, et notamment du film Les Misérables, sur son regard.
- Ce qui le pousse à déclencher : la « singularité » d’un moment.
- Pourquoi il considère repartir de presque zéro dans ce nouveau métier.
- La différence fondamentale : en photojournalisme, le sujet n’est pas le client.
- Comment son expérience du mariage nourrit son approche de reporter, notamment sur l’esthétique.
- Son projet au long cours sur les rituels de mariage dans le monde, face à l’occidentalisation des traditions.
- Son premier reportage commandé : « Se marier en temps de Covid ».
- Les défis de ce premier reportage et la prise de conscience des différences entre les deux métiers.
- L’importance des 5 W (Who, What, Where, When, Why) pour construire un récit.
- Le choix des photos d’accueil pour ses deux sites internet (mariage et reportage).
- Son projet sur l’aspect humain des grands chefs des Bocuse d’or.
- Sa vision du modèle économique du photojournalisme aujourd’hui : diversifier les sources de revenus.
- L’importance cruciale du réseau et du ciblage des bons médias.
- Le pire moment de sa carrière en mariage : renverser du vin rouge sur la robe d’une mariée.
- Le meilleur moment de sa carrière en mariage : être nommé Photographe de l’année par la WPGA.
- Sa première commande en photojournalisme, une victoire personnelle importante.
FAQ
Qui est Willy Lambelet ?
Willy Lambelet est un photographe français. D’abord connu sous le nom de William Lambelet, il s’est imposé comme une référence dans la photographie de mariage, remportant des prix internationaux. Animé par une quête de sens, il a récemment entamé une reconversion professionnelle pour se consacrer au photojournalisme, un domaine où il se considère comme un débutant repartant de zéro.
Pourquoi Willy Lambelet se lance-t-il dans le photojournalisme ?
Sa transition vers le photojournalisme est motivée par le désir de donner plus de sens à son travail. Il souhaite passer du rôle de témoin d’une journée pour une famille à celui de témoin de l’histoire et de la société au sens large. Il est attiré par la responsabilité de documenter le réel et de transmettre une information juste, considérant que c’est un rôle essentiel aujourd’hui.
Quelle est la différence entre la photographie de mariage et le photojournalisme selon lui ?
Pour Willy Lambelet, la différence majeure réside dans la relation au sujet. En mariage, le sujet est aussi le client, ce qui crée une relation de commande directe. En photojournalisme, le client est un média et le sujet est une personne qui n’a pas forcément demandé à être photographiée. Cela change tout dans l’approche. De plus, le photojournalisme exige un travail d’enquête et de préparation bien plus conséquent.
Quel photographe inspire particulièrement Willy Lambelet ?
Il cite le photojournaliste James Nachtwey comme une inspiration majeure. Il admire sa capacité à travailler au grand angle, au plus près de l’action, pour immerger le spectateur dans la scène. Le travail de Nachtwey, notamment visible dans le documentaire War Photographer, l’a beaucoup influencé dans sa manière de se comporter sur le terrain pour se faire accepter par ses sujets.

Laisser un commentaire