Une personne prenant une photo avec un smartphone, illustrant le débat sur la démocratisation de la photographie.

A l’ère du smartphone, tous photographes ? #3

Jessie Tarbox Beals, pionnière du regard

L’épisode s’ouvre sur le portrait de Jessie Tarbox Beals, raconté par Quentin Saison. Née au Canada en 1870, cette enseignante installée dans le Massachusetts découvre la photographie en 1888 et se lance véritablement après une première commande du Boston Post en 1899. Elle s’impose dans un milieu exclusivement masculin, non sans difficultés. On lui refuse d’abord l’accès à l’Exposition universelle de 1904 avant de l’autoriser à travailler uniquement la nuit, une contrainte qu’elle ignorera pour réaliser les premières photos aériennes de l’événement depuis un dirigeable.

Reconnue par ses pairs pour son point de vue original, elle photographie les populations autochtones sans tomber dans les stéréotypes racistes de l’époque. Malgré son talent, elle finira sa vie dans une relative pauvreté à New York, victime de la crise de 1929.

Le smartphone, outil ou imposture ?

Le cœur de l’émission est un débat : l’accès quasi universel à un appareil photo via le smartphone fait-il de chacun de nous un photographe ? Pour Estelle Cacheux et Angelina Tiblemont, la distinction est subtile. Si l’outil s’est démocratisé, le métier de photographe ne se résume pas à l’acte de déclencher. Il implique une démarche, une recherche en amont, un travail de tri et d’édition en aval, et surtout une intention. Le photographe professionnel, notamment le photoreporter, engage sa déontologie et cherche à informer, là où l’usage du smartphone reste souvent personnel, voire « égocentré ».

Le débat souligne toutefois que les téléphones sont devenus des outils pour certains professionnels, appréciés pour leur discrétion, et ont permis à des civils de documenter des conflits de l’intérieur, fournissant des images d’une valeur informative indéniable, même si leur objectivité peut être questionnée.

Pentax, l’épopée d’un géant japonais

En dernière partie, Mathéo Huru retrace l’histoire de la marque Pentax. Fondée en 1919 sous le nom d’Asahi Optical, l’entreprise japonaise est une pionnière du reflex 35 mm. Après des débuts compliqués par la Seconde Guerre mondiale, elle lance en 1951 l’Asahiflex, qui connaît un grand succès. La marque, qui prend le nom de Pentax en 1957, est à l’origine de nombreuses innovations majeures comme le miroir à retour rapide, la mesure d’exposition, l’autofocus ou le flash intégré, influençant tous les grands constructeurs.

Après avoir dominé le marché, Pentax entame un déclin dans les années 2000. Rachetée par Oya puis par Ricoh en 2011, la marque survit aujourd’hui en s’appuyant sur une communauté de fidèles, mais a perdu sa position de leader face à des concurrents comme Canon ou Nikon.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Jessie Tarbox Beals, Robert Capa, Albert Londres, Henri Cartier-Bresson, Kumao Kajiwura.
  • Marques et entreprises : Pentax, Kodak, Canon, Nikon, Fujifilm, Asahi Optical Corp, Honeywell, Oya, Ricoh.
  • Médias : Boston Post, Link Wyer, Buffalo Cowher, Yowse Companion.
  • Institutions et lieux : Exposition universelle de 1904, Librairie du Congrès américain, Harvard, New York Historical Society, Musée américain d’histoire naturelle.

Au fil de l’épisode

  • Introduction de l’épisode par Chloé Lavoizar et présentation de l’équipe.
  • Chronique de Quentin Saison sur la vie de Jessie Tarbox Beals, première femme photojournaliste.
  • Ses débuts comme enseignante et sa découverte de la photographie.
  • Sa première commande pour le Boston Post qui marque le début de sa carrière.
  • Les difficultés rencontrées en tant que femme dans un métier d’hommes.
  • La couverture de l’Exposition universelle de 1904 et ses photos aériennes novatrices.
  • Son approche photographique originale, notamment dans ses portraits de populations autochtones.
  • La fin de sa vie et les lieux où ses œuvres sont aujourd’hui conservées.
  • Lancement du débat : « À l’heure de l’avènement des smartphones, sommes-nous tous devenus photographes ? »
  • Premiers échanges entre Estelle et Angelina sur la démocratisation de la photographie.
  • La différence entre l’intention du photographe professionnel et l’usage personnel du smartphone.
  • L’importance du travail en amont (recherche) et en aval (édition) de la prise de vue.
  • L’utilisation du smartphone par des photojournalistes pour sa discrétion.
  • Le rôle des civils qui documentent des conflits avec leur téléphone.
  • La question de la déontologie et de l’objectivité, garantie par le professionnel.
  • L’usage « égocentré » du smartphone (selfies, photos entre amis) par opposition à la recherche d’un sujet.
  • Conclusion du débat : être photographe, c’est un processus complet, pas seulement un déclenchement.
  • Chronique de Mathéo Huru sur l’histoire de la marque Pentax.
  • La fondation de l’entreprise Asahi Optical en 1919.
  • Le développement du premier appareil reflex, l’Asahiflex, après la guerre.
  • Les nombreuses innovations techniques apportées par Pentax.
  • L’origine du nom Pentax, contraction de « pentaprisme » et « reflex ».
  • Le déclin de la marque à partir des années 2000 et son rachat par Ricoh.
  • Conclusion de l’émission et remerciements.

FAQ

Qui était Jessie Tarbox Beals ?

Jessie Tarbox Beals, née en 1870, est présentée dans l’épisode comme la première femme photojournaliste au monde. D’abord enseignante, elle s’est lancée dans la photographie à la fin du 19e siècle. Elle s’est illustrée par son audace, notamment en réalisant les premières photos aériennes de l’Exposition universelle de 1904 depuis un dirigeable. Son travail se distinguait par un regard original et respectueux, en particulier sur les populations autochtones, à contre-courant des clichés de son époque.

Quelle est la principale différence entre un photographe amateur et un professionnel selon l’épisode ?

Selon le débat, la différence ne réside pas dans le matériel mais dans la démarche. Un photographe professionnel ne se contente pas de prendre une photo : il la recherche, prépare sa prise de vue, puis effectue un travail de tri et d’édition. Son travail est guidé par une intention (informer, créer une œuvre artistique) et encadré par une déontologie. L’amateur, lui, a souvent un usage plus spontané et personnel, centré sur ses souvenirs et son entourage.

Pourquoi la marque Pentax est-elle importante dans l’histoire de la photographie ?

Pentax, initialement Asahi Optical, est une marque japonaise pionnière dans le développement des appareils photo reflex. Dès 1951, elle a popularisé ce format avec son modèle Asahiflex. L’entreprise est à l’origine de nombreuses innovations qui sont devenues des standards, comme le miroir à retour rapide, le levier d’armement au pouce, la mesure d’exposition à travers l’objectif, l’autofocus et même le flash intégré. Elle a ainsi profondément influencé le marché de la photographie pendant plusieurs décennies.

Le smartphone a-t-il changé le photojournalisme ?

Oui, l’épisode explique que le smartphone a eu un impact sur le photojournalisme. D’une part, certains professionnels l’utilisent pour sa discrétion et sa portabilité sur le terrain. D’autre part, il a favorisé l’émergence du journalisme citoyen : des civils peuvent désormais documenter des événements, comme des zones de conflit, de l’intérieur. Leurs images, bien que parfois subjectives, constituent une source d’information nouvelle et précieuse que les reporters traditionnels ne peuvent pas toujours obtenir.


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