Photographe pratiquant la photographie sous-marine avec un caisson étanche et un objectif fisheye face à un animal marin
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S812 – MASTERCLASS : À LA DÉCOUVERTE DE LA PHOTOGRAPHIE SOUS-MARINE

Matériel, caissons et techniques pour débuter la photo sous-marine avec Greg Lecœur

Cette masterclass de Faut Pas Pousser Les ISO explore la photographie sous-marine avec le photographe Greg Lecœur et Léo Lachaud, gérant de la boutique Photo Denfert. Vous y apprendrez quel matériel choisir, comment fonctionne un caisson étanche, quel budget prévoir et comment réussir ses premières images sous l’eau, de la piscine aux grands fonds.

Matériel, caissons et techniques pour débuter la photo sous-marine avec Greg Lecœur

Pour la première fois, le podcast consacre une émission entière à la photographie sous-marine, un univers technique souvent perçu comme inaccessible. Greg Lecœur, photographe sous-marin et photojournaliste niçois, exerce ce métier à titre professionnel depuis quinze ans. Originaire de la Côte d’Azur et bercé par le commandant Cousteau et Le Grand Bleu, il a tout plaqué à 32 ans pour parcourir le monde appareil en main, des Galápagos à l’Antarctique. Il a reçu de nombreux prix, dont le titre de Photographe de l’année du National Geographic en 2016 et le prix Underwater Photographer of the Year en 2020. Face à lui, Léo Lachaud dirige depuis 2022 Photo Denfert, adresse parisienne historique fondée en 1989 et spécialisée dans le matériel subaquatique.

Le premier message des deux invités est rassurant : il n’est pas obligatoire d’être plongeur confirmé pour se lancer. La meilleure lumière se trouve dans les premiers mètres, et beaucoup de belles images se font en snorkeling (palmes-masque-tuba) ou en piscine, sans bouteille.

Pourquoi le fisheye et la macro dominent sous l’eau

Sous l’eau, la grande contrainte est la turbidité : l’eau est chargée de particules en suspension (plancton, œufs de poisson) qui agissent comme un brouillard. La règle d’or, répétée par Greg Lecœur, est donc de se rapprocher au maximum du sujet. C’est pourquoi deux familles d’optiques dominent la discipline : le fisheye et l’ultra grand-angle pour les ambiances et les gros animaux, et la macro pour les petites espèces. Greg Lecœur attribue d’ailleurs le bleu très pur et la clarté de ses images à l’effet fisheye, qui permet de coller au sujet tout en englobant le décor. Les deux invités s’accordent sur la valeur historique du 15 mm Nikonos, présenté comme l’une des meilleures optiques jamais conçues pour l’eau.

Le caisson étanche : un univers d’horlogerie et de sur-mesure

Le cœur technique de l’épisode tourne autour du caisson étanche. Chaque caisson est conçu sur mesure pour un boîtier précis : un bouton déplacé de cinq millimètres rend le caisson inutilisable. Léo Lachaud raconte qu’un fabricant ayant reçu de simples blueprints du 5D Mark III a dû jeter une série de cent caissons. Au caisson de base s’ajoutent des bagues d’extension et, en bout de tube, soit un dôme bombé pour le grand-angle, soit une vitre plane pour la macro. Les marques se partagent le marché selon les usages : Nauticam et Aquatica en aluminium robuste, Ikelite en plastique plus abordable, ou encore Aquatech pour la photo de surf en surface.

La sécurité du matériel passe par un test à vide systématique avant chaque immersion : on dépressurise le caisson et un capteur affiche un voyant vert ou rouge. Un simple cheveu sur un joint peut provoquer une noyade de l’appareil — 98 % des accidents relèvent d’une erreur de préparation.

Quel budget pour se lancer dans la photo sous-marine

L’épisode est très concret sur les prix. La porte d’entrée la plus accessible est le compact étanche OM System TG7, présenté comme le produit le plus vendu pour la photo sous-marine : autour de 800 euros avec son caisson, environ 1 000 euros avec un éclairage pour de très belles images. Étanche à 15 mètres nativement et conçu avec un plongeur, il intègre un mode poisson qui récupère les rouges perdus sous l’eau. À l’inverse, pour un hybride haut de gamme, le seul caisson du Nikon Z8 grimpe à 4 720 euros chez Nauticam (100 m) ou 2 090 euros en Ikelite (60 m). Léo Lachaud conseille aux débutants équipés en hybride de viser un boîtier d’une génération antérieure et un caisson d’occasion, et rappelle la possibilité de louer.

Rencontres animales et sécurité avant tout

Au-delà de la technique, Greg Lecœur partage des rencontres marquantes, notamment celle de phoques de Weddell sous un iceberg en Antarctique, dont les images ont fait la couverture de son livre Antarctica. Il insiste sur une vérité du métier : la nature offre rarement ce qu’on a prévu, mais elle réserve des moments inattendus. La règle numéro un reste la sécurité : on ne plonge jamais seul, toujours encadré par une structure ou un guide local. Son conseil final aux débutants tient en peu de mots : bien connaître son appareil sur le bout des doigts, faire les images qu’on aime, et surtout pratiquer et prendre du plaisir dans l’eau. L’écoute de l’épisode complète ce panorama de nombreux témoignages de spécialistes du surf, de la vidéo et du portrait sous-marin.

Foire aux questions

Faut-il être plongeur pour faire de la photographie sous-marine ?

Il n’est pas nécessaire d’être plongeur confirmé pour pratiquer la photographie sous-marine. La meilleure lumière se trouve dans les premiers mètres, et de belles images se font en snorkeling (palmes-masque-tuba) ou en piscine. Un niveau de plongée n’est requis que pour descendre plus profond et photographier la faune des fonds.

Quel budget faut-il pour débuter sérieusement la photo sous-marine ?

Pour débuter sérieusement, comptez environ 800 euros avec un compact OM System TG7 et son caisson, et près de 1 000 euros en ajoutant un éclairage pour de très belles images. Avec un hybride haut de gamme, l’ensemble boîtier et caisson grimpe entre 4 000 et 6 000 euros, contre 2 000 à 3 000 euros pour un hybride d’entrée de gamme.

Pourquoi utilise-t-on un objectif fisheye en photographie sous-marine ?

Le fisheye est privilégié sous l’eau parce que la turbidité, due aux particules en suspension, dégrade rapidement l’image à distance. Cet ultra grand-angle permet de se coller au plus près du sujet tout en englobant le décor, ce qui donne des clichés plus clairs et plus contrastés. Greg Lecœur lui doit le bleu très pur de ses images.

Combien coûte un caisson étanche pour appareil photo hybride ?

Un caisson étanche pour hybride va d’environ 2 090 euros (Ikelite, étanche à 60 mètres) à 4 720 euros (Nauticam, étanche à 100 mètres) pour un boîtier comme le Nikon Z8. Ces prix élevés s’expliquent par la fabrication sur mesure : chaque caisson est conçu pour un boîtier précis, dans une niche aux faibles volumes de production.

Le compact OM System TG7 est-il adapté à la photo sous-marine ?

L’OM System TG7 est le produit le plus vendu pour la photo sous-marine. Étanche à 15 mètres nativement et étanche jusqu’à 60 mètres avec son caisson, il a été co-conçu avec un plongeur. Il propose un mode poisson qui récupère les rouges perdus sous l’eau, un mode super macro à un centimètre du sujet et l’enregistrement en RAW.

Comment gérer les couleurs et la lumière en photographie sous-marine ?

Sous l’eau, les couleurs disparaissent rapidement avec la profondeur, le rouge en premier. Pour les restituer, on règle soigneusement la balance des blancs et on ajoute de la lumière artificielle via des flashs ou des phares dès qu’on descend. Greg Lecœur privilégie un mélange entre lumière naturelle pour l’ambiance et lumière artificielle pour les sujets animaliers.

Quelles espèces marines sont faciles à photographier pour débuter ?

Les nudibranches, ces petites limaces de mer très colorées et peu mobiles, sont idéales pour débuter en macro : le plus difficile est de les trouver. De façon générale, dès qu’on met la tête sous l’eau, on rencontre de la vie, même en Méditerranée, qui abrite une riche biodiversité, notamment dans les aires marines protégées.

Les chiffres de l’épisode

  • 15 ans de carrière professionnelle pour Greg Lecœur, photographe sous-marin.
  • Boutique Photo Denfert fondée en 1989, soit plus de 35 ans d’activité.
  • Caisson Nauticam pour Nikon Z8 : 4 720 euros, étanche à 100 mètres.
  • Caisson Ikelite pour Nikon Z8 : 2 090 euros, étanche à 60 mètres.
  • Compact OM System TG7 + caisson : environ 800 euros ; jusqu’à 1 000 euros avec éclairage.
  • Le TG7 est étanche à 15 mètres nativement, et jusqu’à 60 mètres avec caisson.
  • Premier Nikonos commercialisé en 1963, étanche à 50 mètres garantis sans caisson.
  • Pentax WG1000 à 249 euros (étanche 15 m) et WG8 à 479 euros (étanche 20 m).
  • Environ 98 % des noyades de caisson dues à une erreur de préparation.

Références

  • Greg Lecœur, photographe sous-marin et photojournaliste
  • Léo Lachaud, gérant de la boutique Photo Denfert
  • Photo Denfert, boutique parisienne spécialisée en photographie sous-marine
  • Jacques-Yves Cousteau
  • Thierry Ravassod, collectionneur et cofondateur de la Maison de la Photographie
  • Alexis Rosenfeld, photographe animalier
  • Jacques Ballard, directeur de la photographie
  • Ben Thouard, photographe de surf et de vagues
  • Thierry Bourque, expert OM Digital Solutions
  • Nikon (boîtiers et optiques Nikon Z, Nikonos)
  • OM System (TG7)
  • Nauticam, Ikelite, Aquatica, Aquatech (caissons)
  • National Geographic
  • Guillaume Néry, apnéiste
  • Le Grand Bleu

Les liens de l’épisode

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