Appareil photo argentique reflex et pellicules illustrant le renouveau de la photographie argentique
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S1112 – LE RENOUVEAU DE LA PHOTOGRAPHIE ARGENTIQUE

Pourquoi l’argentique séduit à nouveau les jeunes photographes : matériel, films, labos et budget pour débuter

Le renouveau de la photographie argentique intrigue : pourquoi des jeunes qui n’ont jamais touché une pellicule s’y mettent ? Avec le photographe Baptiste Plichon, cet épisode explique les raisons de ce retour, le matériel pour débuter, le choix des films, le développement et les coûts réels d’une pratique redevenue tendance.

Pourquoi l’argentique séduit à nouveau les jeunes photographes : matériel, films, labos et budget pour débuter

Animé par Arthur Azoulay et Benjamin Favier, cet épisode du podcast Faut Pas Pousser Les ISO consacre sa grande discussion au retour en grâce de la photographie argentique. Invité fil rouge : Baptiste Plichon, alias EMGK Photographie, photographe et vidéaste indépendant installé dans la région lilloise depuis bientôt neuf ans, qui propose des prestations de mariage et de portrait en 135, moyen format, grand format et même vidéo Super 8. Sa chaîne YouTube totalise plus de 27 000 abonnés et plus de 3 millions de vues cumulées. Il a aussi ouvert une chambre noire où il forme au développement et au tirage.

L’épisode entrecroise plusieurs témoignages de terrain qui dessinent un écosystème en pleine effervescence : associations, labos collectifs, fabricants de films artisanaux et revendeurs spécialisés.

Les raisons d’un déclin puis d’une renaissance

Le déclin de l’argentique a été provoqué, selon Baptiste Plichon, par l’arrivée du compact numérique au tournant des années 2000 et sa promesse de photos illimitées. Le renouveau tient paradoxalement à la même cause inversée : face au tout-numérique du smartphone, beaucoup recherchent la matérialité, un objet dédié à une seule fonction et une trace physique de leurs images. L’invité souligne le parallèle souvent fait avec le vinyle, et cite une enquête de la chercheuse Monique Dagnaud sur les générations Y et Z, marquées par une forme de rejet du numérique et un besoin de reprendre le contrôle sur l’outil. Plichon situe la première vraie vague de ce retour vers 2015-2016, dans le sillage de la lomographie et de l’esthétique « imparfaite » (grain, fuites de lumière) qui tranchait sur les images lisses.

Choisir son boîtier : de la brocante familiale aux boutiques révisées

Pour débuter, Baptiste Plichon conseille d’abord de chercher dans son entourage : un boîtier qui dort dans un grenier reste le point de départ idéal. Au-delà, il recommande de privilégier les boutiques spécialisées et revendeurs qui révisent leurs appareils, plutôt que les achats à l’aveugle sur Le Bon Coin, où le risque de panne (mousses d’étanchéité, cellule, électronique) est réel. Il cite les Ateliers de Marinette à Lyon, la plateforme Camera Store en Finlande, la foire de Bièvre, et les boutiques d’occasion japonaises de Tokyo, réputées pour leur état de conservation impeccable. L’épisode revient aussi sur les boîtiers de rêve : le Pentax 67 que l’invité sauverait en premier d’un incendie, le Hasselblad X-Pan ou le Contax G2 évoqués par Benjamin Favier, et l’avertissement sur la spéculation : des digicams de 2008 ou des compacts argentiques s’arrachent à 200, 300, voire 400 euros, alors qu’un Nikon FM2 mécanique à 300-350 euros, réparable, dure dix à quinze ans de plus.

Films, rendu et marché des pellicules

Le choix du film conditionne le fameux « rendu argentique ». L’épisode met en avant les films artisanaux Washi, fabriqués par Lomig Perrotin, qui couche manuellement de l’émulsion sur papier japonais et adapte des films industriels (radiographie médicale) au format photo. Baptiste Plichon alerte sur le rebranding : plusieurs marques vendent parfois la même émulsion sous des noms différents (Rollei RPX et Agfa APX, par exemple). Bonne nouvelle, de nouvelles émulsions couleur et noir et blanc réapparaissent (Adox, Lucky, Lomography, Harman). Pour le débutant, il conseille de tester un maximum de pellicules, d’attention au rapport grain/sensibilité, et rappelle que le rendu dépend aussi du labo et de la numérisation, pas seulement de la marque du film.

Développement, tirage et numérisation : le workflow

Une fois la photo prise, restent le développement, le tirage ou la numérisation. Marie Courtel, de MN Photo Vidéo, décrit un service développement + scan autour de 19,90 euros, en plein essor depuis un an et demi, plébiscité par une jeune clientèle. Pour le faire soi-même, le noir et blanc reste accessible (100 à 200 euros de matériel, chimie tolérante à température ambiante) ; la couleur exige plus de rigueur sur les températures. Baptiste Plichon défend la beauté du tirage papier, qu’il juge plus créatif que le scan, mais reconnaît qu’on ne peut plus se passer de la numérisation : il utilise lui-même un boîtier numérique pour scanner ses négatifs, à l’image de l’agence Magnum qui numérise ses archives au GFX 100.

L’épisode aborde aussi des points pratiques précieux : la conservation au congélateur pour stocker les pellicules, la « règle des 10 ans » pour les films périmés (sans fondement scientifique avéré), et le danger des scanners CT 3D des aéroports, qui ruinent les films quel que soit leur niveau, contrairement aux scanners classiques tolérables en dessous de 800 ISO. Sur l’écologie, l’invité nuance : l’argentique est vertueux côté matériel ancien réutilisé, mais polluant côté consommables chimiques.

Le Flash Actu et la Story de la semaine

L’épisode s’ouvre sur l’actualité matériel : l’annonce du Sony Alpha 7 V (capteur semi-empilé de 33 mégapixels, processeur Bionz XR2 à puce IA, 4K 120p en Super 35, autofocus 759 points, annoncé à 3 000 euros), commentée par Baptiste Soto de Phox, ainsi que les mises à jour firmware des Lumix S1 II et l’exposition Extrême Hôtel de Raymond Depardon au Pavillon Populaire de Montpellier jusqu’au 12 avril 2026. La Story de Benjamin Favier donne la parole au photojournaliste Reza, rencontré à la galerie Magdelen pendant Paris Photo, autour de ses tirages Cibachrome réalisés sur le dernier rouleau d’un papier disparu et de son podcast « Sans un visage ».

Pour les anecdotes, les coups de cœur boîtiers et l’expérience complète d’un week-end argentique de la prise de vue au tirage, l’écoute de l’épisode prolonge largement ce tour d’horizon.

Foire aux questions

Pourquoi la photographie argentique connaît-elle un renouveau auprès des jeunes ?

La photographie argentique séduit les jeunes par sa matérialité face au tout-numérique du smartphone : un objet dédié à une seule fonction, une trace physique des images et un moment de déconnexion. Baptiste Plichon compare ce retour au succès du vinyle et le relie au besoin de reprendre le contrôle sur l’outil.

Quel appareil photo argentique choisir pour débuter ?

Pour débuter en argentique, Baptiste Plichon conseille de chercher d’abord un boîtier dans son entourage familial, puis de passer par des boutiques spécialisées qui révisent leurs appareils. Un reflex 24×36 reste le choix le plus polyvalent et abordable ; un Nikon FM2 mécanique vers 300-350 euros, réparable, dure des années.

Combien coûte la photographie argentique aujourd’hui ?

La photographie argentique coûte aujourd’hui plus cher qu’il y a dix ans, mais des études montrent qu’au regard du pouvoir d’achat, on retrouve des niveaux proches des années 80-90. Une pellicule couleur descend rarement sous 10 euros, le noir et blanc reste autour de 4-5 euros chez Fomapan, et développement + scan en labo tournent autour de 20 euros.

Faut-il développer ses pellicules soi-même ou passer par un labo ?

Passer par un labo reste la solution la plus simple pour développer ses pellicules sans se prendre la tête. Le développement maison en noir et blanc est accessible (100 à 200 euros de matériel, chimie tolérante à température ambiante) ; la couleur exige plus de rigueur sur les températures. Le choix du labo influence fortement le rendu final.

Peut-on voyager en avion avec des pellicules argentiques ?

Voyager avec des pellicules présente un risque selon les scanners : en dessous de 800 ISO, les scanners classiques passent sans trop de problème, même plusieurs fois. En revanche, les scanners CT 3D désormais répandus dans les gros aéroports ruinent tout film après un passage. Le mieux est de demander une inspection manuelle ou de faire développer sur place.

Scanner un négatif argentique, est-ce encore de la photographie argentique ?

Oui, scanner un film reste de la photographie argentique selon Baptiste Plichon : le négatif conserve toutes les caractéristiques argentiques, et les films sont scannés dans les mini-labs depuis environ 1992. La numérisation n’enlève rien à la nature du médium capturé sur pellicule.

Comment conserver des pellicules argentiques périmées ou stockées ?

Pour conserver des pellicules sur le long terme, le congélateur stoppe le vieillissement de l’émulsion, utile si l’on constitue un gros stock. La « règle des 10 ans » (surexposer d’un stop par décennie de péremption) circule mais n’a aucun fondement scientifique avéré ; avec un film périmé, mieux vaut ne rien photographier d’important.

Les chiffres de l’épisode

  • Chaîne YouTube de Baptiste Plichon : plus de 27 000 abonnés et plus de 3 millions de vues cumulées
  • Première vague du renouveau argentique : autour de 2015-2016
  • Sony Alpha 7 V : capteur de 33 mégapixels, 4K 120p, autofocus 759 points, annoncé à 3 000 euros
  • Pellicule couleur dans les années 2015-2016 : environ 2,50 euros ; prise de vue + développement pour 36 poses : 8 à 10 euros
  • Développement + scan en labo aujourd’hui : environ 19,90 euros
  • Matériel pour développer le noir et blanc chez soi : 100 à 200 euros
  • Nikon FM2 d’occasion révisé : 300 à 350 euros
  • Scanners aéroport : films tolérés sous 800 ISO sur scanners classiques, ruinés par les scanners CT 3D
  • Exposition Raymond Depardon à Montpellier : près de 150 photographies, jusqu’au 12 avril 2026
  • Association Les Trois Bains : plus de 500 personnes formées au tirage et au développement

Références

  • Baptiste Plichon (EMGK Photographie)
  • Arthur Azoulay
  • Benjamin Favier
  • Reza
  • Lomig Perrotin (Film Washi)
  • Guillaume Benne (association Les Trois Bains)
  • Mathieu Quatravaux
  • Marie Courtel (MN Photo Vidéo)
  • Baptiste Soto (Phox)
  • Raymond Depardon
  • Sebastião Salgado
  • Steve McCurry
  • Monique Dagnaud
  • Sony Alpha 7 V
  • Nikon FM2
  • Pentax 67
  • Hasselblad X-Pan
  • Polaroid
  • Fujifilm Instax
  • Kodak Portra
  • Magnum

Le lien de l’épisode

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