Plusieurs objectifs photo zoom et focale fixe posés côte à côte illustrant le choix zoom ou focale fixe
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S705 – Zooms ou focales fixes ?

Zoom ou focale fixe : usage, qualité optique et budget, avec Pierre-Marie Salomez de Chasseur d’Images

Faut-il choisir un zoom ou une focale fixe ? Avec le journaliste Pierre-Marie Salomez de Chasseur d’Images, cet épisode démonte le débat point par point : usage et plaisir, qualité optique réelle, ouvertures, signature d’objectif et budget. Vous y trouverez de quoi trancher selon votre propre pratique, photo comme vidéo.

Zoom ou focale fixe : usage, qualité optique et budget, avec Pierre-Marie Salomez de Chasseur d’Images

Arthur Azoulay et Benjamin Favier reçoivent pour la première fois en plateau Pierre-Marie Salomez, journaliste spécialisé du magazine Chasseur d’Images, pour s’attaquer à une question qui divise les photographes depuis toujours : zoom ou focale fixe ? L’épisode s’ouvre sur un témoignage de Raymond Depardon, qui rappelle avoir saisi la prise d’otages de Munich en 1972 au 800 mm, et confie qu’il privilégierait des optiques fixes pour photographier des Jeux Olympiques. Le ton est donné : il n’y aura pas de réponse unique, mais une exploration méthodique, scénario par scénario.

Plutôt que de trancher d’emblée, le trio annonce d’emblée la couleur en tour de table : Pierre-Marie « botte en touche » et répond « les deux, mon général », tandis que Benjamin et Arthur se déclarent attachés à la contrainte de la focale fixe pour leur usage personnel.

Le plaisir, paramètre subjectif au cœur du débat

Le premier angle abordé est celui de l’usage et de l’expérience. Rony Studient, de la boutique IPLN.fr, le résume : le choix dépend du profil de l’utilisateur et de l’usage, mais surtout d’une notion « totalement abstraite et personnelle », le plaisir. Faire une photo d’oiseau avec un 400 mm f2.8 ne procure pas la même satisfaction qu’avec un 200-500 mm, même si le résultat final reste proche. Pierre-Marie prolonge en opposant deux postures : le photographe « angoissé » qui part avec un zoom 28-300 pour ne rien rater, et celui qui assume la contrainte d’un 35 mm qu’il connaît par cœur. La focale fixe porte aussi un héritage : tous les grands maîtres, Cartier-Bresson en tête, travaillaient ainsi. L’émission insiste sur l’éducation du regard : un zoom permet de repérer, dans les métadonnées, ses focales de prédilection avant d’investir dans une fixe. Un conseil concret revient : bloquer la bague de son zoom au scotch pour s’entraîner sur une focale donnée.

Performances optiques : une idée reçue à nuancer

L’épisode déconstruit méthodiquement l’idée ancrée que la focale fixe serait toujours plus qualitative que le zoom. Xavier de La Tullaye, spécialiste des tests d’optique, rappelle que les progrès récents — verres à faible dispersion, surfaces asphériques, conception assistée par ordinateur — ont rapproché les deux mondes. À partir de f5.6, l’écart de piqué est devenu minime. La vraie différence se joue aux grandes ouvertures, là où les focales fixes restent reines : un zoom plafonne généralement à f2.8 constant, exceptionnellement f2. Le réalisateur Quentin Caffier apporte le point de vue vidéo, où les séries de focales fixes priment pour leur cohérence de rendu et leur form factor identique (même poids, même diamètre de filtre, même longueur), indispensable sur gimbal et matbox. La discussion creuse aussi la notion de signature optique : couleurs, contraste, flare, bokeh — un rendu qui dépasse le simple piqué et qui explique l’engouement pour les optiques anciennes.

Le nerf de la guerre : le budget et le marché

Côté tarifs, l’épisode est sans détour. Un bon 50 mm f1.4 valait 400 euros à l’époque argentique ; il en coûte aujourd’hui environ 1 700 euros. Les optiques « vitrine » atteignent des sommets : 3 350 euros pour un 85 mm f1.2 Nikon, 3 200 euros chez Canon, 23 500 euros pour le 1200 mm f8 Canon. Mais les zooms haut de gamme ne sont pas en reste : un 24-70 f2.8 G Master 2 Sony se négocie à 2 400 euros. L’analyse économique est éclairante : ce même zoom couvre les focales 24, 35 et 50 mm, dont le cumul en fixes Sony atteint 4 700 euros — le zoom devient alors plus stratégique. Les marques tierces (Sigma, Tamron, Samyang) offrent des alternatives plus abordables, comme le Tamron 28-75 f2.8 G2 à moins de 900 euros. L’épisode évoque aussi les boîtiers à très haute définition (Leica Q3, Sony A7R V à 60 millions de pixels) qui, par recadrage, transforment une focale fixe en quasi-zoom.

Le débat se clôt sur une série de scénarios concrets (reportage urbain, macro, mariage, clip vidéo, débutant à 2 000 euros) où chacun défend ses choix. Pour vivre les anecdotes de Depardon au Chili, les piques entre Arthur et Benjamin et les réponses du quiz des auditeurs dans le détail, l’écoute reste irremplaçable.

Foire aux questions

Faut-il choisir un zoom ou une focale fixe en photographie ?

Le choix entre zoom et focale fixe dépend avant tout de la pratique, de l’usage et du plaisir recherché. Le zoom offre polyvalence, légèreté et réactivité ; la focale fixe apporte de plus grandes ouvertures, une discipline du regard et souvent une signature optique marquée. Il n’existe pas de réponse universelle, mais des compromis adaptés à chaque photographe.

Une focale fixe est-elle vraiment plus qualitative qu’un zoom en 2023 ?

Une focale fixe n’est plus systématiquement plus qualitative qu’un zoom : les progrès optiques (verres à faible dispersion, lentilles asphériques) ont rapproché les deux. Au-delà de f5.6, l’écart de piqué est minime. La focale fixe garde l’avantage uniquement aux très grandes ouvertures, où elle reste exploitable dès la pleine ouverture.

Combien coûte aujourd’hui une bonne focale fixe par rapport à l’argentique ?

Une bonne focale fixe a fortement augmenté : un 50 mm f1.4 valait environ 400 euros du temps de l’argentique, contre près de 1 700 euros aujourd’hui. Les modèles ultra-lumineux atteignent des sommets, comme le 85 mm f1.2 Nikon à 3 350 euros, même si la qualité optique s’est nettement améliorée.

Pourquoi les vidéastes préfèrent-ils souvent les focales fixes ?

Les vidéastes privilégient les focales fixes pour leur cohérence de rendu et leur form factor identique : même poids, même diamètre de filtre et même longueur d’une optique à l’autre. Cela facilite l’usage de gimbals et de matbox sans recalibration, et garantit une correction optique parfaite à chaque focale, contrairement aux zooms qui imposent des compromis.

Un zoom haut de gamme est-il plus économique que plusieurs focales fixes ?

Un zoom haut de gamme peut être plus économique que l’équivalent en focales fixes. Le 24-70 f2.8 G Master 2 Sony à 2 400 euros couvre les focales 24, 35 et 50 mm, dont le cumul en versions fixes Sony atteint 4 700 euros. Pour qui veut plusieurs focales lumineuses, le zoom devient alors le choix le plus stratégique.

Pourquoi changer de point de vue compte plus que zoomer ?

Changer de point de vue prime sur le zoom car la distance au sujet détermine la perspective et le rapport entre les plans, ce qu’un recadrage au zoom ne modifie pas. Recadrer une image au 24 mm pour égaler le cadrage d’un 70 mm donne la même image si l’on n’a pas bougé. Se déplacer fait travailler le regard ; le zoom rend feignant.

Les chiffres de l’épisode

  • 800 mm : la focale utilisée par Raymond Depardon lors de la prise d’otages de Munich en 1972
  • 1 700 euros : le prix actuel d’un bon 50 mm f1.4, contre 400 euros à l’époque argentique
  • 3 350 euros : le 85 mm f1.2 Nikon ; 3 200 euros le 85 mm f1.2 Canon ; 1 900 euros le 85 mm f1.4 G Master Sony ; 1 100 euros le 85 mm f1.4 Sigma
  • 2 400 euros : le zoom 24-70 f2.8 G Master 2 Sony, contre 4 700 euros pour le cumul des trois focales fixes 24, 35 et 50 mm équivalentes
  • 880 euros : le Tamron 28-75 f2.8 G2 ; 1 200 euros le 24-70 f2.8 Sigma
  • 23 500 euros : le Canon 1200 mm f8, optique la plus chère du marché ; 20 000 euros le 800 mm f5.6
  • 1 859 euros : le prix du kit Laowa Aurogon, capable d’un rapport de grandissement jusqu’à 50 pour 1
  • 140 euros : le petit 100 mm f2.8 TTArtisan évoqué dans le numéro de Chasseur d’Images
  • 2 000 dollars : le prix annoncé aux États-Unis de l’imprimante Epson SureColor P5370

Références

  • Raymond Depardon
  • Leni Riefenstahl
  • Pierre-Marie Salomez
  • Chasseur d’Images
  • Sigma
  • Laowa Aurogon
  • Epson SureColor P5370
  • Laurent Balesta
  • Wildlife Photographer of the Year
  • Sony
  • Robert Pledge
  • Luis Poirot
  • David Burnett
  • Kamel Daoud
  • Sergio Larraín
  • Paz Errázuriz
  • Robin Jafflin
  • Rony Studient
  • Quentin Caffier
  • Xavier de La Tullaye
  • Leica
  • Tamron
  • Lumix
  • Henri Cartier-Bresson

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