Trouver du travail avec les réseaux sociaux, et sans | #AdreTalk 43
Réseaux sociaux, démarchage et book PDF : comment décrocher des contrats de photographe sans courir après les abonnés
Comment trouver du travail de photographe freelance quand on n’a pas des milliers d’abonnés ? Dans cet épisode, Adré répond à un abonné angoissé par Instagram et démonte une idée reçue : ce qui décroche des contrats, ce n’est pas le nombre de followers, mais le démarchage, le réseau et un book solide.
Réseaux sociaux, démarchage et book PDF : comment décrocher des contrats de photographe sans courir après les abonnés
L’épisode part d’un message reçu en DM : un photographe veut vivre de son métier mais les réseaux sociaux l’angoissent, et il a l’impression que « sans Insta, on se fait engager nulle part ». Adré reprend ce message point par point pour démonter cette croyance. Son point de départ, repris d’un long tweet qu’il relit à l’antenne : il gagne sa vie avec un travail qui n’a aucun rapport direct avec sa présence en ligne, et tout ce qu’il publie (podcasts, YouTube, tutos, conseils) ne lui rapporte pas d’argent et n’est pas monétisé — pas de partenariat, pas de code promo.
La distinction centrale est là : les réseaux sociaux aident, mais pas par le nombre d’abonnés. On ne peut pas vraiment se passer d’un compte Instagram, mais on n’a pas besoin de 200 000 abonnés. Avec quinze abonnés et dix belles photos de modèles, on peut déjà envoyer des DM, proposer des shoots et se faire payer par des particuliers. C’est exactement comme ça qu’Adré a commencé : des shoots d’une à deux heures, trouvés via Insta, mais grâce au fait de shooter, d’envoyer des messages et de commenter — pas grâce à une audience.
Comment Adré a réellement trouvé ses premiers contrats
Le parcours raconté est une chaîne de rencontres, jamais d’abonnés. À l’école, une ancienne élève l’aide à passer le concours et travaille dans une agence ; de fil en aiguille, il décroche des petits boulots événementiels. En croisant un photographe et un caméraman lors d’un shoot avec le rappeur Nick Conrad, puis en recevant le DM d’un photographe sur le départ, il finit par photographier un club de basket. Il obtient alors un service civique d’un an pour le basket Paris 14 — son premier et peut-être seul salaire fixe, avec des sous chaque mois et des heures à remplir.
Le président de ce club travaille aussi dans une agence événementielle, Yard, qui lui propose un stage de deux mois. C’est là qu’il découvre l’événementiel « en full », et l’agence le garde ensuite dans son équipe de photographes. Le point clé qu’il martèle : dans l’événementiel, le client regarde la qualité du travail, pas l’audience. Ce sont les marques qui postent les photos, pas le photographe ; une agence envoie cinq meilleures photos à un client, jamais le compte Insta. Une marque qui shoote une campagne paie pour les droits et ne tague même pas l’auteur.
Le piège des abonnés et des likes
Adré insiste : il ne faut pas tomber dans le piège des likes. Gonfler son audience est « facile » quand on comprend la mécanique — couchers de soleil, clarté à 100 %, reflet dans une flaque, format vertical, stories à répétition, lives, concours, contenu calibré sur ce que les gens likent. Mais c’est se fondre dans le moule, au détriment de sa créativité. Sa préférence assumée : faire un truc créatif et beau dont il est fier à 55 likes, plutôt qu’une photo floue de célébrité qui rafle des likes par effet de notoriété.
Les abonnés ne sont pas inutiles pour autant : ils constituent une crédibilité et donc un accès. Le chiffre attire le chiffre, les gens prennent plus au sérieux un compte à 100 000 abonnés avant même de regarder les photos. Instagram trie d’ailleurs les demandes de messages par nombre d’abonnés, ce qui ouvre des portes. Mais un gros compte qui ne plaît pas au client ne sert à rien : si les photos ne correspondent pas à ce qu’il cherche, il ne prend pas. L’accès, thème déjà abordé dans son épisode précédent, reste pour lui le facteur le plus important — et les abonnés n’en sont qu’une forme parmi d’autres.
Les outils concrets : site, book PDF et démarchage
Côté conseils applicables, Adré recommande un site et/ou un PDF. Le site met en avant le portfolio sans chiffres ni abonnés, mais coûte de l’argent (hébergement mensuel). Le PDF, sa méthode de prédilection, se fait sur n’importe quel logiciel de mise en page : page de présentation, mail et numéro, cinq à dix pages de ses meilleures photos, belle mise en page, peu de texte. Surtout, il fait des books ciblés par style : concert, lifestyle, portrait, sport, clips. À un label qui cherche un photographe de clips, il n’envoie que des photos de clips ; pour une accréditation concert, un book 100 % concert.
Reste le nerf de la guerre : le démarchage. Adré bosse beaucoup par mail (formel, pro), d’autres comme Jérémy Mazuka préfèrent le DM, mais on peut faire les deux. Pour trouver les bons contacts, il s’appuie sur LinkedIn et sur Instagram via Google : taper des mots-clés comme « Instagram community manager » d’une marque, chercher les directeurs artistiques, les creative directors, voire utiliser un site qui permet de rechercher dans les bios Instagram (taper « Universal » fait remonter les gens qui travaillent là). Le message de fond : les marques ne savent pas que tu existes, c’est à toi d’aller toquer à leur porte, parce que tu as plus de chances de te faire connaître en envoyant un message qu’en attendant.
Le réseau humain et le phénomène du petit monde
Adré relie tout ça à son mémoire sur les réseaux sociaux et au phénomène du petit monde (les six degrés de séparation) : entre deux personnes sur Terre, il y a au maximum cinq ou six intermédiaires. Pour accéder à quelqu’un ou à un lieu, on contacte tout son entourage en donnant à chacun une bonne raison de s’impliquer — plus les gens s’investissent, plus ils mobilisent leur propre cercle. Et il insiste : un vrai réseau de gens proches vaut mieux qu’une story Insta. Avec 20 000 abonnés, une story ne lui ramène qu’une quinzaine de réponses peu impliquées, là où un SMS à quinze proches motivés est bien plus efficace.
La conclusion est nette : il n’y a pas de recette miracle, ce qui marche, c’est de se bouger. Le métier mêle hasard, chance, talent, acharnement, capacité à se prendre des « non » et à insister. Pour les anecdotes de terrain, le ton et les détails de son parcours — Yard, le basket, les rencontres — l’écoute vaut le détour.
Foire aux questions
Faut-il beaucoup d’abonnés sur Instagram pour trouver du travail en tant que photographe freelance ?
Non, il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’abonnés pour trouver du travail en tant que photographe freelance. Selon Adré, les clients, notamment en événementiel, regardent la qualité des photos et le book, pas le nombre de followers. On peut décrocher des shoots avec quinze abonnés en envoyant directement des DM et en montrant de belles images.
Comment Adré a-t-il décroché ses premiers contrats de photographe ?
Adré a décroché ses premiers contrats par une chaîne de rencontres, pas par son audience. Des shoots de particuliers via Insta, puis des boulots événementiels grâce à une ancienne élève de son école, un service civique d’un an pour le basket Paris 14, et enfin un stage puis une collaboration avec l’agence événementielle Yard.
À quoi servent vraiment les abonnés sur les réseaux sociaux pour un photographe ?
Les abonnés servent surtout de crédibilité et d’accès : un gros compte est pris plus au sérieux avant même qu’on regarde les photos, et Instagram trie les messages par nombre d’abonnés. Ils sont indispensables pour le marketing d’influence et les codes promo, mais inutiles si les photos ne plaisent pas au client.
Comment construire un book de photographe pour démarcher des clients ?
Adré recommande un book PDF de cinq à dix pages avec une page de présentation, ses coordonnées et ses meilleures photos, belle mise en page et peu de texte. Surtout, il conseille des books ciblés par style — concert, sport, clips, portrait — adaptés à chaque client plutôt qu’un fourre-tout généraliste.
Quelle est la meilleure façon de démarcher des clients quand on est photographe freelance ?
Le démarchage actif est le levier principal : Adré privilégie le mail, formel et professionnel, avec un book PDF en pièce jointe, tandis que d’autres préfèrent le DM. Pour trouver les contacts, il utilise LinkedIn et la recherche Google de profils Instagram (community managers, directeurs artistiques d’une marque ciblée).
Vaut-il mieux courir après les likes ou rester fidèle à sa créativité ?
Pour Adré, il vaut mieux rester fidèle à sa créativité : faire trop de likes signifie souvent qu’on est devenu grand public et conformiste, calé sur le moule Instagram. Il préfère assumer une photo créative dont il est fier à 55 likes plutôt qu’une image facile mais sans âme qui rafle l’engagement.
Qu’est-ce que le phénomène du petit monde et en quoi aide-t-il un photographe ?
Le phénomène du petit monde, ou six degrés de séparation, dit qu’entre deux personnes il existe au maximum cinq ou six intermédiaires. Pour un photographe, cela signifie qu’en sollicitant son entourage et en motivant chacun à mobiliser son propre réseau, on peut accéder à une célébrité, un lieu ou un contact recherché.