Livre photo auto-édité ouvert montrant des pages mêlant photographies de rue et textes manuscrits
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Publier un livre photo sans maison d’édition | #AdreTalk 45

Auto-édition d’un livre photo : devis, imprimeurs, ISBN et commandes, le parcours complet d’Adré sans maison d’édition

Comment publier un livre photo en auto-édition sans maison d’édition ? Dans cet épisode, Adré raconte le parcours complet de son premier ouvrage, « Feelings never go away », né d’une semaine à New York : choix de l’imprimeur, devis comparés, question de l’ISBN, fixation du prix de vente et système de commandes pour ne rien avancer à perte.

Auto-édition d’un livre photo : devis, imprimeurs, ISBN et commandes, le parcours complet d’Adré sans maison d’édition

Adré ouvre l’épisode sur ses projets des six prochains mois. Tout juste sorti d’école — diplôme attendu en septembre, calendrier décalé par le Covid — il hésite entre le statut de freelance à plein temps, qu’il décrit comme un luxe, et un poste à mi-temps en studio pour approfondir sa maîtrise de la lumière. Il détaille aussi son envie de pousser trois médiums en parallèle : une chaîne YouTube dont il cherche encore le format (il cite Casey Neistat et Peter McKinnon comme références), son podcast avec plus d’interviews et de formats courts, et un blog où il raconterait les coulisses de ses shoots.

Un livre né d’une semaine à New York, entièrement en argentique

Le cœur de l’épisode, c’est « Feelings never go away ». Adré est parti à New York du 7 au 14 mars, rentrant à Paris le 15, pile le jour de la fermeture des frontières — le dernier vol Air France avant le confinement. Il a photographié toute la semaine en full argentique, avec trois appareils, une GoPro pour filmer ses prises de vue et un petit Polaroid Instax Mini, ne sortant son boîtier numérique qu’en haut du Top of the Rock.

Le projet a évolué en cours de route. Au départ, Adré imaginait un carnet de route : scans de tickets de caisse, billets de métro, dollars, captures de Citymapper et de SMS éparpillés entre les photos, pour faire sentir la ville. Il finit par tout enlever pour ne garder que les images qui « parlent », sur le thème de l’amour. Le livre alterne trois formats de mise en page : une photo avec un SMS incrusté, une page de texte centré face à une photo, et une photo pleine page recouverte de son écriture manuscrite recréée sur Photoshop. Son intention assumée : transmettre une émotion, quitte à faire pleurer, plutôt que produire de la pure esthétique.

La chasse aux imprimeurs et les écarts de prix

Adré raconte sa recherche d’imprimeur sans détour. Il a sollicité six à huit imprimeurs en ligne et visité quatre à cinq imprimeurs physiques à Paris et en banlieue. Le constat : les sites internet sont les moins chers, mais on n’y choisit pas le papier et on ne peut pas commander d’exemplaire test sans le payer plein pot (autour de 50 € l’unité). Entre le moins cher en ligne et le plus cher à Paris, l’écart de prix atteignait un facteur huit ; même à Paris, il observait des écarts de 2,5. Les tarifs les plus bas se trouvent souvent dans les pays de l’Est, en Italie ou en Grèce, au prix d’allers-retours plus longs.

Il a commandé un kit d’échantillons de papiers (recyclé, satin, mat, 100 et 130 grammes) pour se faire une idée des textures. Un imprimeur parisien lui a imprimé gratuitement deux exemplaires tests sous forme de feuilles non reliées, parce que relier coûte cher — environ 200 € rien que pour lancer la machine. Adré penche pour cet imprimeur, autant pour la qualité du papier grainé que pour la relation et son exigence d’imprimer « dans Paris, 75 000 » et non en banlieue.

Format, pages, ISBN et fixation du prix

Côté fabrication, Adré a choisi un format proche du 17×21 ou du A4, en partant du plus grand pour pouvoir réduire sans pixelliser. Après les conseils de ses amis, il a ramené son livre à 80 pages (67 plus la couverture). Il aborde la question de l’ISBN : ce numéro de matricule, qui coûte environ 30 €, est obligatoire pour vendre en librairie ou sur Amazon, mais pas nécessaire quand on vend uniquement par ses propres canaux — ici Instagram et son site. Il a fixé le prix à 40 € plus 5 € de livraison, en reconnaissant s’être un peu trompé sur le poids : un exemplaire dépassant peut-être les 250 grammes, il risque de perdre un euro par commande mais refuse de modifier un prix déjà annoncé.

Le système de commandes pour ne rien avancer à perte

Échaudé par un projet de calendriers en 2019 — 200 exemplaires payés d’avance et peu vendus — Adré refuse cette fois d’avancer tous les frais ou de se retrouver avec un stock invendu. Il écarte aussi le financement participatif type GoFundMe, jugé trop peu intime pour ce projet. Sa solution : ouvrir les commandes à date fixe (le 20 juin à 14 h), encaisser, puis décider du tirage selon les ventes — 100 exemplaires si peu de monde répond, 200 si les commandes dépassent un seuil de rentabilité. Édition limitée, numérotée et signée à la main, vendue jusqu’à 150 exemplaires pour préserver le caractère intime de l’objet. Il insiste sur une subtilité de vocabulaire : il a renommé ses « précommandes » en « commandes », puisqu’il n’y aura pas de réimpression après ce premier tirage. Pour qui veut s’attaquer à un premier livre photo, l’écoute de l’épisode vaut surtout pour ces détails vécus et le ton complice avec lequel Adré les partage.

Foire aux questions

Faut-il un ISBN pour auto-éditer un livre photo ?

L’ISBN n’est pas obligatoire si l’on vend son livre uniquement par ses propres canaux de distribution, comme Instagram et un site personnel. Il devient nécessaire pour vendre en librairie ou sur Amazon. Ce numéro de matricule, imprimé sous le code-barres, coûte environ 30 €.

Pourquoi imprimer un livre photo sur internet revient-il moins cher qu’en imprimerie locale ?

Imprimer en ligne est le plus économique car les prestataires sont souvent situés à l’étranger (Italie, Grèce, pays de l’Est) et travaillent en volume. Entre le moins cher en ligne et le plus cher à Paris, Adré a constaté un écart de prix allant du simple au facteur huit. En contrepartie, on ne choisit pas le papier et les délais sont plus longs.

Comment connaître la qualité d’impression sans commander tout le tirage ?

Pour juger la qualité sans lancer la production complète, on peut commander un kit d’échantillons de papiers (recyclé, satin, mat, grammages variés) ou demander un exemplaire test. Certains imprimeurs physiques impriment gratuitement les pages non reliées, la reliure d’un seul exemplaire coûtant à elle seule environ 200 € pour allumer la machine.

Comment financer l’impression d’un livre photo sans avancer tous les frais ?

Adré ouvre les commandes à date fixe, encaisse les paiements, puis décide du nombre d’exemplaires à imprimer selon les ventes réelles. Ce système évite d’avancer les frais et de se retrouver avec un stock invendu, sans recourir au financement participatif qu’il jugeait trop peu adapté à un projet intime.

Combien d’exemplaires imprimer pour un premier livre photo ?

Pour ce premier ouvrage intime, Adré vise une édition limitée de 150 à 200 exemplaires, numérotés et signés à la main. Le tirage final dépendra des commandes : 100 exemplaires si peu de monde répond, jusqu’à 200 si les ventes franchissent son seuil de rentabilité, calculé pour un prix de vente de 40 €.

Quelle différence entre une précommande et une commande pour un livre auto-édité ?

Adré a renommé ses « précommandes » en « commandes » car il n’y aura pas de réimpression après ce premier tirage. Une précommande précède une commande ouverte ensuite ; ici, l’achat à date fixe est définitif, l’objet n’existant pas encore mais étant fabriqué une seule fois selon le nombre de commandes reçues.

Les chiffres de l’épisode

  • 80 pages au total (67 pages plus la couverture)
  • Prix de vente fixé à 40 €, plus 5 € de livraison en France
  • Tirage visé : édition limitée de 150 à 200 exemplaires
  • Écart de prix entre imprimeurs allant du simple au facteur 8
  • Coût de reliure d’un seul exemplaire test : environ 200 €
  • Prix d’un exemplaire test unitaire en ligne : environ 50 €
  • Coût d’un numéro ISBN : environ 30 €
  • Voyage à New York du 7 au 14 mars, retour à Paris le 15
  • Livraison hors France : environ 12 € en Union européenne, 15 à 17 € dans le monde

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