Le photographe Sacha Goldberger, spécialiste de la mise en scène photo en studio
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S713 – Au coin du feu avec Sacha Goldberger

Sacha Goldberger : dans les coulisses de ses super productions photo en équipe

Dans cet épisode au coin du feu, le photographe Sacha Goldberger dévoile la fabrique de ses mises en scène photo XXL : casting, décors, costumes et objets sur mesure. Il raconte son travail d’équipe, sa série sur Hitchcock, son lien à Leica et la place centrale de sa grand-mère Mamika dans son œuvre.

Sacha Goldberger : dans les coulisses de ses super productions photo en équipe

Pour son treizième et dernier épisode de la saison 7, le podcast Faut Pas Pousser Les ISO reçoit au coin du feu Sacha Goldberger, photographe né en 1968, ancien directeur artistique passé par les bancs des Gobelins à 37 ans. Avant de basculer dans la photographie, il a publié trois livres dans le milieu publicitaire, dont un premier écoulé à plus de 130 000 exemplaires. De ce passé, il garde une conviction héritée de Philippe Michel, fondateur de l’agence CLM BDDO : le principal dans la création, ce sont les idées.

Sa notoriété internationale naît de la série Mamika, consacrée à sa grand-mère hongroise mise en scène dans des postures loufoques mais toujours dignes, pour parler autrement de la vieillesse. La journaliste d’art Carole Schmitz, qui témoigne dans l’épisode, rappelle que ces images ne sont jamais de simples clichés : elles s’inscrivent dans des séries qui racontent une histoire, où l’humain reste au centre de tout.

Une photographie pensée comme du cinéma

Goldberger ne fait pas des photos, il monte des productions. Chaque série mobilise un casting, une création de costumes, de décors et parfois d’objets fabriqués sur mesure. Ses références mêlent la peinture flamande, Edward Hopper, les comics et le cinéma : la série Superflamand fige Hulk, Iron Man ou Wonder Woman à l’époque de la Renaissance, tandis que Meet My Mom a été shootée dans la maison Louis Carré d’Alvar Aalto, éclairée à la manière de Hopper. La préparation d’une série peut s’étaler sur un à deux ans, du repérage à l’écriture du scénario, en passant par le casting et le stylisme.

Le photographe insiste : il travaille en famille. Le directeur artistique Ben Bensimon, parrain de son fils, l’accompagne à chaque étape, depuis le brainstorming jusqu’à l’editing. Sur le plateau, Goldberger se définit comme un chef d’orchestre entouré de gens « meilleurs que lui » dans leur catégorie : maquilleurs, coiffeurs d’époque, styliste, model maker. L’humour, omniprésent, devient une méthode de travail pour détendre les modèles et capter leur jeu.

La série Hitchcock et la question féministe

Le projet en cours, baptisé The Lady Doesn’t Vanish (sous-titré Hitchcock as a Feminist), est né d’une résidence d’artistes sur l’île de Batz. Goldberger a visionné et découpé 53 films d’Hitchcock sur un an de travail, puis fait reconstruire 14 décors à l’identique avec un décorateur de chez Calyps. L’enjeu : détourner des images iconiques pour interroger l’égalité hommes-femmes, par exemple en inversant le baiser de Vertigo. Pour la prise de vue, il a tout doublé en argentique (M6 et MP) et en numérique (deux M11), comparant ensuite les rendus image par image.

Le tirage, l’édition et les invisibles

La finalité du travail de Goldberger reste le tirage encadré, qu’il vend entre 3 000 et 50 000 euros, souvent en très grand format jusqu’à 7 mètres de haut, comme à la gare d’Austerlitz. Il collabore depuis une dizaine d’années avec le tireur Christophe Pete, qui choisit le papier selon la série : Fujiflex très brillant pour le côté cinéma de Hitchcock, papier mat coton plus pictural pour certains Portrait Croisé. Côté livres, il travaille avec Charlotte Vannier des éditions Revelatoer, dans une logique artisanale où l’on ne lâche jamais sur la qualité.

L’épisode revient aussi sur des commandes singulières : la série Portrait Croisé réalisée pour Cultura après le Covid, autour de la « culture non essentielle » ; ou Les Invisibles de l’Élysée, où Goldberger sort de sa zone de confort pour photographier en clair-obscur, à effectifs réduits, les artisans du palais. Un fil rouge intime traverse tout : la mémoire familiale, la grand-mère Mamika décédée à 102 ans, et un répondeur téléphonique qui conserve encore sa voix. L’écoute de l’épisode vaut surtout pour ses anecdotes savoureuses — François Berléand grimé en Victor Hugo, le Mickey refusé par Disney, ou le fameux quiz du fraisier.

Foire aux questions

Qui est le photographe Sacha Goldberger ?

Sacha Goldberger est un photographe français né en 1968, ancien directeur artistique dans la publicité pendant 12 ans avant de se tourner vers la photographie à 37 ans après l’école des Gobelins. Il est connu pour ses mises en scène très élaborées, conçues comme des productions cinématographiques, et pour la série Mamika consacrée à sa grand-mère.

Comment Sacha Goldberger réalise-t-il ses séries photo ?

Sacha Goldberger conçoit chaque série comme une super production de cinéma : casting, création de costumes, fabrication de décors et d’objets sur mesure. La préparation peut durer un à deux ans, du repérage à l’écriture, et mobilise une grande équipe d’artisans (maquilleurs, coiffeurs, styliste, model maker) qu’il dirige en chef d’orchestre.

Quel est le budget moyen d’une série photo de Sacha Goldberger ?

Une série personnelle de Sacha Goldberger coûte en moyenne environ 150 000 euros, qu’il produit lui-même. Il finance ce modèle par la vente de tirages d’art, vendus entre 3 000 et 50 000 euros pièce et toujours encadrés, en réinjectant une grande partie des gains dans ses nouvelles productions.

De quoi parle la série Hitchcock de Sacha Goldberger ?

La série Hitchcock de Sacha Goldberger, intitulée The Lady Doesn’t Vanish (sous-titrée Hitchcock as a Feminist), revisite des images iconiques des films d’Hitchcock pour interroger l’égalité hommes-femmes. Le photographe a visionné et découpé 53 films sur un an, puis fait reconstruire 14 décors à l’identique pour la prise de vue, réalisée sur l’île de Batz.

Quel matériel photo utilise Sacha Goldberger ?

Sacha Goldberger, ambassadeur de la marque, travaille avec des boîtiers Leica : plusieurs M11 numériques, ainsi que des M6 et MP argentiques. Il possède sept ou huit Leica et une trentaine d’objectifs, choisissant des optiques anciennes pour adoucir l’image et donner un grain d’époque, ou des optiques récentes pour des rendus plus nets.

Quel est le lien entre Sacha Goldberger et sa grand-mère Mamika ?

La grand-mère de Sacha Goldberger, surnommée Mamika, est née en Hongrie et décédée à 102 ans. Elle est au cœur de sa série la plus célèbre, photographiée en super-héroïne dans des situations loufoques pour parler autrement de la vieillesse. Le photographe a même pris son nom de famille, Goldberger, en hommage à cette femme exceptionnelle.

Pourquoi Sacha Goldberger réalise-t-il des making-of de ses photos ?

Sacha Goldberger réalise des making-of pour prouver que ses images sont entièrement faites main, sans intelligence artificielle, et pour mettre en valeur sa famille d’artisans. À l’ère de l’IA, il veut montrer le travail humain derrière chaque image et raconter une seconde histoire, celle des gens qui fabriquent ses productions.

Les chiffres de l’épisode

  • 130 000 exemplaires : vente du premier livre de Sacha Goldberger publié à l’époque de la publicité.
  • 37 ans : âge auquel il se tourne vers la photographie, après les Gobelins.
  • 12 ans : durée de sa carrière de directeur artistique dans la publicité.
  • 53 films d’Hitchcock visionnés et découpés sur un an pour sa série.
  • 14 décors reconstruits à l’identique pour la série Hitchcock.
  • 150 000 euros : budget moyen d’une série personnelle.
  • 3 000 à 50 000 euros : fourchette de prix de ses tirages d’art.
  • 102 ans : âge de sa grand-mère Mamika à son décès.
  • 7 à 8 Leica et une trentaine d’objectifs dans sa collection.

Références

  • Sacha Goldberger
  • François Berléand
  • Carole Schmitz
  • Ben Bensimon
  • Alain Roussel
  • Alex Tissot
  • Christophe Pete
  • Charlotte Vannier
  • Gilles Mora
  • Arthur Azoulay
  • Benjamin Favier
  • Leica
  • Paul Wolff
  • August Sander
  • Edward Hopper
  • Alfred Hitchcock
  • Pierre Richard
  • Mathias Malzieu
  • Saul Leiter
  • Philippe Halsman
  • Cultura

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