Romain Vicari, artiste plasticien franco-brésilien, devant une installation sculpturale suspendue
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Romain Vicari à l’Atelier Chiffonnier et Thundercage, Aubervilliers

L’artiste franco-brésilien Romain Vicari raconte son exposition Saúva ADA à l’Atelier Chiffonnier de Dijon et son lieu d’exposition Thundercage à Aubervilliers

Dans cet entretien, l’artiste plasticien Romain Vicari, franco-brésilien diplômé des Beaux-Arts de Paris, revient sur son exposition Saúva ADA à l’Atelier Chiffonnier de Dijon et sur Thundercage, le lieu d’exposition autogéré qu’il a créé sous une passerelle d’Aubervilliers. Un parcours fait de collectifs et de lieux indépendants.

Qui est Romain Vicari, artiste plasticien franco-brésilien ?

Romain Vicari est un artiste franco-brésilien installé en France depuis une dizaine d’années. Arrivé du Brésil, il commence son cursus aux Beaux-Arts de Dijon, où il passe ses trois premières années, avant de poursuivre aux Beaux-Arts de Paris. Il y obtient son diplôme avec les Félicitations en cinquième année, point de départ d’un enchaînement d’étapes décisives.

L’exposition des Félicités, l’année suivante, lui permet de rencontrer une amie liée au Palais de Tokyo, qui le présente au Prix Découverte. Il obtient ce prix en 2017, ce qui débouche sur sa première exposition personnelle au Palais de Tokyo en 2018, une véritable consécration pour un artiste de sa génération.

Comment est née l’exposition Saúva ADA à l’Atelier Chiffonnier ?

L’Atelier Chiffonnier est un atelier et lieu d’exposition de Dijon, créé notamment par Wolf Cuyvers et Charles Thomassin, deux anciens camarades de Romain Vicari aux Beaux-Arts de Dijon. Cette amitié professionnelle, entretenue depuis l’école, est à l’origine de l’invitation à exposer là-bas. L’exposition a ouvert fin janvier et Vicari y a passé un mois et demi.

Que signifie le titre Saúva ADA ?

Le titre associe deux mots aux univers opposés. Saúva désigne une fourmi d’Amazonie réputée féroce, très mobile et bien connue au Brésil : un terme primitif et organique. ADA est à l’inverse une crypto-monnaie (Cardano), dont la particularité est d’être liée aux connexions d’informations. L’artiste cherchait cette hybridité entre le primitif et le technologique, un fil reliant les fourmis et les réseaux.

En quoi consiste le travail in situ présenté ?

Romain Vicari travaille systématiquement en réponse au lieu. L’Atelier Chiffonnier possède une architecture en métal, une sorte de squelette. L’artiste s’est accroché à cette structure pour suspendre ses sculptures, du plafond au sol, créant un cheminement dans l’espace et une connexion entre le haut, le bas et les murs. Il décrit ce geste comme une forme de parasitage des œuvres dans l’architecture.

Qu’est-ce que Thundercage, le run space d’Aubervilliers ?

Thundercage est le lieu d’exposition créé par Romain Vicari en 2019, qu’il qualifie de « non-lieu » d’exposition ou de run space : un espace dirigé par un artiste, sans statut de galerie ni de centre d’art. Il est installé dans une dent creuse, sous une passerelle à Aubervilliers, une architecture ouverte au public, dans la rue et à ciel ouvert. Vicari l’a aménagé pour évoquer un white cube, malgré un environnement saturé de graffitis et de signes urbains.

Comment fonctionne la programmation de Thundercage ?

Le principe est ritualisé : un dimanche par mois, de 13h à 18h, sous forme de happening. Vicari invite toujours deux artistes en duo, comme un duel ou un duet. Tout est monté le matin et démonté le soir, avec un barbecue sur place. L’artiste documente l’événement par la photographie, relayée ensuite via un site internet et un compte Instagram. La 25e édition s’est tenue récemment : une cinquantaine d’artistes y sont déjà passés, dont Charles Thomassin et l’artiste dijonnaise Aurore Caroli Marti.

Quel rôle joue le collectif dans la démarche de Romain Vicari ?

Au-delà de Thundercage, Vicari fait partie d’un collectif d’artistes qu’il gère avec ses anciens camarades, dispersés entre Marseille, Nantes, Paris, Aubervilliers et Dijon. Chacun anime déjà son propre lieu (l’Atelier Chiffonnier, Thundercage, Mutatio à Nantes…). Le collectif fonctionne comme un satellite central qui les réunit une fois par an, notamment pendant Art-o-rama à Marseille. Ce réseau, construit sur plusieurs années, repose sur une amitié professionnelle qui structure toute sa pratique.

Comment la crise sanitaire a-t-elle marqué sa pratique ?

Vicari souligne que créer reste difficile même quand tout fonctionne, et plus encore en période de crise. L’art dans l’espace public lui est apparu plus simple à aborder dans ce contexte de lieux fermés : il cite sa participation à La Villette, Plaine d’artistes en 2020, projet à ciel ouvert. Sa réponse à la crise est de ne pas s’arrêter de travailler et de multiplier les projets autoorganisés pour rester visible. Il rapproche cette résilience de générations d’artistes passées qui ont créé sous contraintes. Pour saisir la finesse de sa démarche et le détail de chaque projet, l’écoute de l’entretien complète utilement ce résumé.

Questions fréquentes sur Romain Vicari et son travail

Qui est Romain Vicari ?

Romain Vicari est un artiste plasticien franco-brésilien vivant en France depuis une dizaine d’années. Diplômé des Beaux-Arts de Paris avec Félicitations, il a obtenu le Prix Découverte du Palais de Tokyo en 2017 et y a tenu sa première exposition personnelle en 2018. Il développe un travail de sculpture et d’installation in situ.

Que veut dire le titre d’exposition Saúva ADA ?

Saúva ADA réunit deux mots opposés. Saúva est une fourmi d’Amazonie féroce et très mobile, élément primitif et organique. ADA est une crypto-monnaie (Cardano) liée aux connexions d’informations. Romain Vicari cherchait par ce titre une hybridité entre le primitif et le technologique, un lien entre les fourmis et les réseaux de données.

Qu’est-ce qu’un run space comme Thundercage ?

Un run space est un lieu d’exposition dirigé par un artiste, sans le statut officiel d’une galerie ou d’un centre d’art. Thundercage, créé par Romain Vicari en 2019, occupe une dent creuse sous une passerelle à Aubervilliers, à ciel ouvert. Aménagé en white cube, il accueille deux artistes invités un dimanche par mois.

Comment se déroule un événement à Thundercage ?

Chaque rendez-vous a lieu un dimanche par mois, de 13h à 18h, comme un happening. Romain Vicari invite systématiquement deux artistes en duo. L’exposition est montée le matin et démontée le soir, avec un barbecue sur place. L’artiste photographie l’événement, ensuite diffusé via un site internet et un compte Instagram dédiés.

Quel est le lien entre Romain Vicari et l’Atelier Chiffonnier de Dijon ?

L’Atelier Chiffonnier a été créé à Dijon par Wolf Cuyvers et Charles Thomassin, deux anciens camarades de Romain Vicari aux Beaux-Arts de Dijon. Leur amitié professionnelle, entretenue depuis l’école, est à l’origine de l’invitation de Vicari à y présenter son exposition personnelle Saúva ADA, ouverte fin janvier.

Quelles ont été les étapes clés du parcours de Romain Vicari ?

Vicari cite son départ du Brésil pour la France il y a dix ans, les Félicitations obtenues en cinquième année aux Beaux-Arts de Paris, la rencontre avec une amie du Palais de Tokyo via l’exposition des Félicités, le Prix Découverte en 2017, son exposition personnelle de 2018 et la création de Thundercage en 2019, qu’il décrit comme un gros projet personnel.

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