Vue panoramique de Paris depuis un toit en zinc, illustrant la photographie de rooftops à Paris
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[Spécial confinement] Épisode 6 avec @i.hate.nico

Nicolas Nguyen (@i.hate.nico), explorateur urbain : rooftops parisiens, urbex et expédition à Tchernobyl

Cet épisode spécial confinement de Paris en photos donne la parole à Nicolas Nguyen (@i.hate.nico), photographe spécialisé dans la photographie de rooftops à Paris et l’urbex. Il raconte comment il monte sur les toits, déniche ses spots, et revient sur son expédition à Tchernobyl.

Comment Nicolas Nguyen est-il venu à la photographie de rooftops à Paris ?

Nicolas Nguyen a commencé la photo il y a un an et demi à deux ans, d’abord avec son téléphone. Tout part de l’exploration : il découvre les coins secrets de Paris, la petite ceinture, puis tombe sur les comptes Instagram de photographes urbains, à commencer par GoGoJungle. Un Instameet organisé avec la boutique Sélection Photo, près de Saint-Lazare, lui met un Olympus entre les mains et déclenche la passion lors d’une balade en heure bleue.

La même soirée fondatrice, il rencontre Second Paul via un message Instagram : ils visent le toit du Grand Rex, se font repérer par la sécurité, puis enchaînent en infiltrant un chantier du Grand Paris pour photographier le tunnel de la ligne 14 fraîchement posé. C’est aussi à cette période que Visualisation, photographe parisien, le fait monter sur son premier vrai rooftop.

Trouver les spots : un savoir qui se protège

Nicolas explique qu’il a longtemps envoyé des DM à tout le monde pour obtenir des spots, sans réponse. Il a fini par comprendre cette discrétion : les toits sont des accès éphémères qu’il faut préserver, car la surexposition entraîne cadenas, changements de codes et fermetures. Il assume aujourd’hui de ne pas répondre aux demandes de spots, par responsabilité pour ces lieux.

Que raconte-t-il sur son expédition photo à Tchernobyl ?

Son spot d’urbex le plus marquant est Tchernobyl. Fasciné depuis l’enfance par l’esthétique post-apocalyptique (il cite Akira comme référence), il contacte un stalker ukrainien, un guide nommé Anton vivant dans la zone d’exclusion, joint par relations interposées. L’expédition se révèle bien plus physique que prévu : marche en forêt avec un sac de 13 à 15 kg, rationnement de l’eau, bivouac nocturne dans le froid et risque permanent de contrôle militaire.

Sur place, il a finalement peu utilisé son boîtier Sony, non tropicalisé et qu’il craignait d’abîmer dans la poussière. Il a surtout tourné de la vidéo avec un drone DJI et une gimbal équipée d’un iPhone 11 Pro Max. Une expérience qu’il dit gravée à jamais, mais qu’il ne compte pas refaire : il vise désormais d’autres destinations comme Baïkonour.

Comment accède-t-il aux toits et gère-t-il les contrôles ?

Nicolas détaille plusieurs épisodes d’infiltration. Au toit de la Gare de Lyon, il s’introduit d’abord par l’hôtel Mercure, se fait repérer, puis appelle le directeur (Monsieur Bell) pour s’excuser. Cette démarche de courtoisie finit par payer : la community manager découvre son travail de « toiturophile », et il obtient l’autorisation officielle de shooter le toit, donnant naissance à une collaboration régulière.

Il raconte aussi s’être fait contrôler sur le chantier de la Samaritaine avec Second Paul, où la police les a fouillés sans suite, et avoir déclenché par deux fois une alarme silencieuse au château de Versailles, écopant de travaux d’intérêt général. Il livre quelques règles tacites de l’exploration : rester poli face aux gardiens et concierges, ne jamais répondre, s’excuser, et fuir dès qu’on entend un maître-chien.

Quel matériel et quels logiciels utilise Nicolas Nguyen ?

Il travaille avec un Sony A7 II, hybride léger, acheté en promotion en même temps que Second Paul. Côté optiques, il garde un 50 mm qu’il adore, possède un 14 mm grand-angle conseillé par Sélection Photo, et déteste son 24-70 du kit qu’il juge pas net et veut revendre. Il regrette le prix élevé des objectifs Sony des gammes G et GM et n’a pas de longue focale. Il vole aussi un drone DJI Mavic Air pour ses prises de vue.

Retouche photo et vidéo

Pour la photo, Nicolas utilise Lightroom, principalement la version mobile sur iPhone 11 (rapide, pratique dans les transports), et un peu Photoshop pour les retouches de peau en portrait. Il garde aussi une application devenue introuvable, Nlight, qu’il décrit comme son couteau suisse entre Lightroom et Photoshop. Côté vidéo, il monte avec Premiere, iMovie et surtout InShot pour ses stories Instagram.

Comment vit-il le confinement et Instagram ?

Confiné seul en banlieue, Nicolas avoue une période de faible productivité : retouches en retard, séries lancées puis abandonnées, beaucoup de YouTube et de TikTok. Il fait son sport sur le toit accessible d’une bibliothèque proche de chez lui. Le confinement le frustre surtout en tant que photographe : les sites parisiens normalement bondés (Trocadéro, Louvre) sont vides et inaccessibles.

Sur Instagram, il poste de moins en moins (toutes les semaines à dix jours) pour ne pas diluer son travail, gère ses hashtags qu’il fait varier pour éviter le shadowban, et son grand projet 2020 est de se lancer dans le drone FPV (First Person View), qu’il prépare en montant son propre appareil. Pour les anecdotes vécues et le détail des spots, l’écoute de l’épisode complète largement ce résumé.

Références citées dans l’épisode

  • Nicolas Nguyen (@i.hate.nico)
  • Charles Cohen Boyer
  • GoGoJungle
  • Second Paul
  • Sélection Photo (boutique près de Saint-Lazare)
  • Visualisation
  • Ludovic Sotarel (Ludo STRL)
  • Stéphane Hélain
  • Jérémy Mazouka
  • Flora Métaillé
  • Tchernobyl
  • Gare de Lyon
  • La Samaritaine
  • Château de Versailles
  • Sony A7 II
  • Lightroom
  • InShot
  • Studio Sport (Boulogne)

Questions fréquentes

Comment Nicolas Nguyen trouve-t-il les toits où il photographie Paris ?

Il a d’abord sollicité d’autres photographes par DM sans succès, avant d’apprendre à dénicher ses propres spots. Il explique que ce savoir se protège : diffuser les accès entraîne cadenas, changement de codes et fermeture des lieux. Par responsabilité, il ne répond plus aux demandes de spots et invite à chercher soi-même.

Quel appareil photo et quels objectifs utilise @i.hate.nico ?

Nicolas Nguyen utilise un Sony A7 II, un hybride léger acheté en promotion. Il garde un 50 mm qu’il adore, un 14 mm grand-angle conseillé par Sélection Photo, et veut revendre son 24-70 du kit qu’il juge peu net. Il déplore le prix des objectifs Sony G et GM et utilise aussi un drone DJI Mavic Air.

Comment s’est passée l’expédition photo de Nicolas Nguyen à Tchernobyl ?

Il a contacté un stalker ukrainien, un guide nommé Anton vivant dans la zone d’exclusion. L’expédition fut très physique : marche en forêt, sac de 13 à 15 kg, rationnement de l’eau, bivouac froid et risque de contrôle militaire. Il a surtout filmé avec un drone et un iPhone, son boîtier Sony non tropicalisé restant rangé par crainte de la poussière.

Quel logiciel Nicolas Nguyen utilise-t-il pour retoucher ses photos ?

Il travaille principalement avec Lightroom, surtout la version mobile sur iPhone, qu’il trouve rapide et pratique dans les transports. Il utilise un peu Photoshop pour les retouches de peau en portrait et garde Nlight, une application devenue introuvable qu’il décrit comme un couteau suisse. Pour la vidéo, il monte sur Premiere, iMovie et InShot.

Que risque-t-on à monter sur les toits ou faire de l’urbex à Paris ?

Nicolas raconte plusieurs contrôles : fouille par la police à la Samaritaine, alarmes silencieuses déclenchées au château de Versailles ayant entraîné des travaux d’intérêt général. Il conseille de rester poli face aux gardiens et concierges, de s’excuser sans jamais répondre, et de fuir immédiatement dès qu’on entend un maître-chien sur un chantier.

Comment Nicolas Nguyen a-t-il obtenu l’autorisation de photographier le toit de la Gare de Lyon ?

Après s’être introduit par l’hôtel Mercure puis fait repérer, il a rappelé le directeur, Monsieur Bell, pour s’excuser. Cette démarche de courtoisie a payé : sa community manager a découvert son travail de « toiturophile », jugé beau, et lui a accordé l’accès officiel. Depuis, Nicolas collabore régulièrement avec eux pour des shootings.

Qu’est-ce que le drone FPV et pourquoi intéresse-t-il Nicolas Nguyen ?

Le FPV (First Person View) se pilote au casque, avec le retour vidéo du drone, pour une immersion totale impossible à vue. Nicolas s’y intéresse pour des prises de vue très dynamiques, citant le pilote Johnny FPV. Ces drones, légers et en carbone, se montent soi-même pour environ 150 euros, ce qui est son projet pour 2020.

Comment gérer Instagram quand on est photographe de Paris selon l’épisode ?

Nicolas poste de moins en moins, toutes les semaines à dix jours, pour ne pas diluer son travail dans un feed chronologique. Il fait varier ses hashtags pour éviter d’être pris pour un bot et shadowbanné, et privilégie des hashtags pertinents pour touristes et Parisiens. Il observe que les longues légendes sont rarement lues.

Le lien de l’épisode