Jeune photographe filmant la faune en extérieur, illustrant le métier de cinéaste animalier
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Devenir cinéaste animalier avec Clément Couturier

Le parcours de Clément Couturier, étudiant qui se forme au cinéma animalier et a réalisé son premier documentaire nature

Comment devenir cinéaste animalier quand on a 19 ans, peu de matériel et pas de formation ? Dans cet épisode, Clément Couturier raconte son parcours d’étudiant naturaliste, son premier documentaire de 35 minutes tourné en autodidacte et sa méthode pour passer de la photo à la vidéo nature.

Le parcours de Clément Couturier, étudiant qui se forme au cinéma animalier et a réalisé son premier documentaire nature

Au micro de Régis Moscardini, Clément Couturier, 19 ans, originaire des Deux-Sèvres et étudiant en Corrèze, retrace une passion née dans l’enfance. Tout a commencé par des balades en famille, puis un déclic à 10 ans sur l’île de Noirmoutier, lors de points d’observation animés par des ornithologues près d’une réserve naturelle. Il y retourne chaque matin de la semaine : l’ornithologie devient sa porte d’entrée vers le naturalisme. Adolescent, il anime à son tour des sorties avec le groupe ornithologique des Deux-Sèvres, autant pour les enfants que pour les adultes.

Côté études, il prépare un BTS Gestion et protection de la nature (GPN) à Neuvic, après un bac S. Une formation généraliste qui ouvre sur les métiers de l’environnement (chargé de mission, animation, gestion) plus qu’elle ne le forme directement à l’image. C’est sur le terrain et par les blogs qu’il a appris la photo.

Du compact au reflex : le déclic de la photographie

L’entrée en photographie tient à une rencontre. En 2011, lors d’un stage dans une structure de protection des oiseaux, un animateur, Jacques Pellerin, l’invite à manger et l’emmène faire une sortie nature en lui mettant un reflex dans les mains. Le choc est immédiat. Six mois plus tard, ses parents lui offrent un petit reflex qu’il possède toujours et avec lequel il a tourné son film. Clément décrit ensuite une évolution classique mais saine du regard : d’abord chercher l’animal en gros plan pour le montrer aux autres, puis prendre du recul, l’intégrer dans son environnement et s’intéresser à la lumière. Il insiste aussi sur l’importance d’aller aux festivals — comme Ménigoute, festival international du film ornithologique — et de discuter avec les photographes, très accessibles et généreux en conseils.

« Au fil des rencontres » : un documentaire tourné avec les moyens du bord

Le cœur de l’épisode est son premier film, Au fil des rencontres, un documentaire de 35 minutes sorti début décembre, fruit d’un an de travail dont environ 6 mois de tournage. Le point de départ : une petite vallée près de son lycée et un oiseau, le cincle plongeur (une sorte de merle d’eau), qu’il met 2 à 3 mois à trouver et filmer lors d’affûts très matinaux. Le projet s’élargit ensuite, mais toutes les prises de vue restent à Neuvic, à 1 km maximum de la vallée. Le matériel est volontairement basique : un Nikon D3100, un 70-300 mm et un 18-55 mm, posés sur un trépied de longue-vue non adapté à la vidéo, et sans micro — les ambiances sonores ont été ajoutées grâce à des amis. Le message qui ressort, encourageant pour tout débutant : ni la région, ni le matériel, ni l’absence de formation ne sont des excuses valables pour ne pas se lancer. Son conseil : commencer petit, par des vidéos de 3 à 5 minutes, avant de viser un format long.

Les prochains projets : « Pousse ton sac » et le master de l’IFCAM

Clément prépare un second projet, plus tourné vers l’humain : un road-movie en stop baptisé Pousse ton sac, mené dans le cadre de ses études avec son amie Jeanne Grignon (qui a composé la musique du film). Départ prévu en février depuis Neuvic vers Toulouse, pour rencontrer Guillaume Mouton, alias Moutz, de l’émission Nus et Culottés, équipés de deux GoPro et d’un reflex. Une projection en avant-première est annoncée pour début mai à Neuvic. À plus long terme, il vise le master de cinéma animalier de l’IFCAM (Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute), accessible sur dossier à partir d’un niveau bac+3. Son rêve : devenir réalisateur indépendant de films d’auteur, entre aventure dans le Grand Nord et valorisation des métiers locaux. Un fil rouge traverse tout l’entretien — l’importance du réseau et le fait de ne pas hésiter à toquer aux portes : son film lui a valu des retours de figures comme Julien Perrault (La Salamandre), David Allemand ou Emmanuel Rondeau. L’écoute complète vaut pour la fraîcheur de ce parcours et les anecdotes de terrain de ce jeune passionné.

Foire aux questions

Comment devenir cinéaste animalier en France ?

Pour devenir cinéaste animalier, Clément Couturier suit un cursus naturaliste (bac S puis BTS Gestion et protection de la nature) avant de viser le master de l’IFCAM, l’Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute. Cette formation est accessible sur dossier à partir d’un niveau bac+3, avec présentation d’un projet de film et de réalisations déjà faites.

Quel matériel Clément Couturier a-t-il utilisé pour son documentaire animalier ?

Clément Couturier a tourné son documentaire « Au fil des rencontres » avec un matériel volontairement basique : un Nikon D3100, un objectif 70-300 mm et un 18-55 mm, posés sur un trépied de longue-vue non adapté à la vidéo. Il n’avait même pas de micro et a ajouté des ambiances sonores prêtées par des amis.

Combien de temps faut-il pour réaliser un documentaire animalier de 35 minutes ?

Le documentaire « Au fil des rencontres » de Clément Couturier a demandé environ un an de travail, dont à peu près 6 mois de tournage. À lui seul, l’oiseau de départ, le cincle plongeur, lui a pris 2 à 3 mois d’affûts matinaux avant d’être filmé.

Faut-il un bon matériel pour se lancer dans la vidéo animalière ?

Un bon matériel n’est pas indispensable pour se lancer dans la vidéo animalière. Clément Couturier a réalisé un film de 35 minutes salué par des professionnels avec un reflex d’entrée de gamme, sans micro et sans formation, dans un rayon d’un kilomètre près de chez lui. Son conseil : commencer petit, par des vidéos de 3 à 5 minutes.

Comment l’ornithologie aide-t-elle à débuter en photographie nature ?

L’ornithologie est, selon Clément Couturier, une excellente porte d’entrée vers la photographie nature : observer les oiseaux développe la patience, la connaissance du vivant et l’attention au terrain. Pour transmettre cette passion aux enfants, il recommande simplement les balades en nature et le contact avec les associations naturalistes.

Pourquoi le réseau est-il important dans le cinéma animalier ?

Le réseau est, selon Clément Couturier, l’élément le plus important dans le milieu naturaliste et le cinéma animalier : il sert à trouver des stages, des conseils et de l’aide. Garder le contact avec photographes et réalisateurs paie : après l’envoi de messages, des figures comme Julien Perrault de La Salamandre lui ont répondu.

Les chiffres de l’épisode

  • 19 ans : l’âge de Clément Couturier au moment de l’interview
  • Premier point d’observation des oiseaux à 10 ans, à Noirmoutier
  • Premier reflex en main en 2011, reçu environ 6 mois plus tard
  • Documentaire « Au fil des rencontres » : 35 minutes, sorti début décembre
  • Environ un an de travail dont 6 mois de tournage
  • Tout filmé à moins d’1 km de la vallée près de Neuvic
  • Matériel : Nikon D3100, objectifs 70-300 mm et 18-55 mm

Références

  • Clément Couturier
  • Régis Moscardini (auxoonature.com)
  • Jacques Pellerin (groupe ornithologique des Deux-Sèvres)
  • Nikon D3100
  • Festival international du film ornithologique de Ménigoute
  • IFCAM (Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute)
  • Mathieu Lelay
  • Guillaume Collombet
  • Jeanne Grignon
  • Guillaume Mouton (Moutz), émission « Nus et Culottés »
  • Julien Perrault (La Salamandre)
  • David Allemand
  • Emmanuel Rondeau

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