Portrait d'une photographe en studio ayant fait sa reconversion de photographe de mariage vers la photo de famille
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Un courage à toute épreuve et une énergie débordante pour un parcours atypique avec Amandine Crochet

Comment passe-t-on de danseuse professionnelle à photographe de mariage, puis au studio famille ? Amandine Crochet retrace une reconversion étalée sur des années : argentique en boîte à images, sciatique invalidante sur les mariages, choix d’arrêter le week-end, montée en puissance du studio et engagement à la FFPMI.

Le parcours d’Amandine Crochet : de danseuse à photographe de mariage, puis vers le studio famille et la présidence de la FFPMI

Avant la photo, Amandine Crochet a mené vingt ans de carrière comme artiste chorégraphique : danseuse sur scène à Montpellier, Grenoble et Chambéry, puis chorégraphe avec une compagnie tournée vers la toute petite enfance, et professeure de danse intervenant en crèche. Elle commence la photographie en parallèle dès 2005, recrutée par une amie dans ce qu’elle appelle une « boîte à images » mariage, à l’époque de l’argentique. Le cadre est rude : une dizaine de pellicules par mariage, l’interdiction tacite de revenir avec les rouleaux pleins, et au plus une dizaine de photos ratées tolérées sur 200. Une école exigeante qui forge son œil — héritage de ses études d’art et de sa patience de danseuse, attendant le bon moment pour déclencher.

Quand l’entreprise est vendue, sa carrière de photographe semble s’arrêter. Un photographe rencontré par hasard la relance, et l’arrivée du statut d’auto-entrepreneur lui permet enfin de se lancer à son compte, son premier numéro à son nom datant de 2012, l’année où elle arrête définitivement la danse à 37 ans.

La sciatique sur les mariages et la question de s’écouter

L’épisode aborde frontalement un sujet rarement traité : photographier en souffrant. Au plus fort de son activité, en 2014, Amandine a couvert 19 mariages dans l’année avec une sciatique « carabinée » qui la faisait tomber dans les pommes de douleur. Sauvée par une digitopuncteuse alors qu’elle saturait de médicaments, elle a dû prendre des assistantes capables de porter les sacs et de finir le reportage à sa place. Elle relie cette incapacité à s’écouter à son passé de danseuse, élevée au « marche ou crève » : représentation à 42 de fièvre, genou en vrac, on y allait. Son conseil pour qui tire sur la corde : une vraie hygiène de vie et sportive si l’on veut enchaîner les mariages, deux jours off par semaine, et des limites horaires — pour elle, plus de travail après 19 h.

Le virage vers le studio et la perte de l’adrénaline

L’arrêt du mariage s’est étalé sur trois ans, comme un déchirement : huit mariages, puis cinq, puis trois en 2019, un seul en 2020. La crainte principale n’était pas commerciale mais émotionnelle — perdre l’adrénaline de la scène, ce trac retrouvé dans le reportage de mariage après l’arrêt de la danse. Amandine explique avoir reconstitué cette intensité autrement : dans la diversité des clients en studio, et surtout dans le challenge entrepreneurial et les ventes en projection, où elle voit la réaction de ses clients en direct. Le studio, spécialisé en photo de famille, grossesse, bébé et boudoir, lui offre un rythme compatible avec sa vie de famille, sans les week-ends.

BNI, confiance en soi et rapport à l’argent

Membre depuis plus de quatre ans d’un réseau d’affaires BNI (marketing de recommandation), Amandine y a compris que son métier ne s’adresse pas à d’autres photographes mais à des gens qui ne connaissent rien à la photo. Le réseau lui rapporte entre 10 000 et 11 000 euros hors taxes par an, pour un coût d’environ 2 000 euros, et lui a donné l’audace d’acheter son local grâce aux professionnels rencontrés. L’épisode insiste longuement sur le travail intérieur : la confiance en soi qui se construit pour ne pas laisser le client « s’engouffrer dans la brèche », et le rapport à l’argent. Suivie par un coach depuis ses 45 ans, elle a décidé en plein confinement de ne plus vendre aucun fichier numérique, uniquement de l’impression — un choix radical qui n’a pas désempli son studio. Sébastien Roignant prolonge en évoquant la notion de « thermostat financier intérieur ».

La paradoxale réussite de 2020 et la communication de crise

Malgré le Covid et la fermeture du studio, Amandine a réalisé une meilleure année 2020 que 2019. Sa méthode : au lieu de s’enterrer, communiquer sans relâche pendant les deux mois de confinement — appels personnalisés à chaque cliente pour reporter les séances, newsletters, concours. À la réouverture, ses clients étaient prêts, là où des consœurs restées passives ont peiné à redémarrer. Elle est ainsi passée d’environ 100-110 séances par an à 150, puis vise près de 200, en restant attentive à ne pas réveiller la sciatique.

L’engagement à la FFPMI et le débat sur les organisations professionnelles

Présidente de la FFPMI (Fédération Française de la Photographie et des Métiers de l’Image) pour la région Rhône-Alpes et vice-trésorière au national, Amandine défend l’utilité de se syndiquer : c’est grâce à l’action de la fédération que les photographes ont été inscrits en liste S1 et ont eu accès aux aides Covid. Sous son mandat, la région est passée d’une cinquantaine à environ 115-120 adhérents. Le dialogue avec Sébastien Roignant, longtemps réticent aux regroupements et marqué par l’ancienne image du GNPP, donne un échange contradictoire et vivant sur la représentativité et le poids d’une profession face aux pouvoirs publics. L’adhésion coûte 195 euros par an et inclut notamment la revue Profession Photographe et un accès à un médiateur de la consommation.

La photo scolaire comme complément et terrain d’entraînement

Amandine couvre entre 6 et 10 écoles par an, surtout des maternelles et primaires. D’abord rebutée par la gestion des commandes (elle se dit dyslexique), elle a tout changé avec les systèmes de vente en ligne. Elle plaide pour que les photographes reconquièrent ce marché laissé aux grosses boîtes très agressives sur les prix, et arrêtent de brader les photos de groupe à 1,60 ou 2,50 euros. Son approche du portrait scolaire, influencée par le travail de Steve McCurry sur le regard, privilégie l’expression neutre au sourire forcé. L’épisode se clôt sur l’annonce de Jolie Trombine, service co-lancé avec Stéphane Brachet pour faciliter la photo scolaire. Sur le matériel, Amandine cite le 135 mm pour les cocktails de mariage, le 50 mm en reportage, le 24-70 mm les dernières années pour ménager son dos, et le 100 mm en studio. Pour saisir la sincérité de son récit et ses anecdotes de mariage les plus marquantes, l’écoute complète vaut le détour.

Foire aux questions

Pourquoi Amandine Crochet a-t-elle arrêté la photographie de mariage ?

Amandine Crochet a arrêté la photographie de mariage après une décroissance progressive sur trois ans, motivée par plusieurs raisons : des problèmes de santé (sciatique invalidante), le désir de préserver sa vie de famille et de couple en libérant ses week-ends, et le sentiment de moins « vibrer » sur les mariages au profit du studio famille.

Comment gérer la douleur physique pendant une prestation photo de mariage ?

Pour gérer la douleur sur un mariage, Amandine Crochet a combiné traitements (infiltrations, digitopuncture), prise d’assistantes capables de porter le matériel et de finir le reportage, et anticipation. Son conseil de fond : adopter une vraie hygiène de vie et sportive, et s’imposer deux jours de repos par semaine pour durer dans le métier.

Qu’est-ce qu’un réseau BNI et qu’apporte-t-il à un photographe ?

Un réseau BNI est un groupe d’entrepreneurs de professions différentes qui se réunissent chaque semaine pour se recommander mutuellement des clients. Pour Amandine Crochet, il rapporte 10 000 à 11 000 euros hors taxes par an, pour un coût d’environ 2 000 euros, et lui a surtout appris à parler de son métier à des non-photographes.

Comment fonctionne l’adhésion à la FFPMI et combien coûte-t-elle ?

L’adhésion à la FFPMI (Fédération Française de la Photographie et des Métiers de l’Image) coûte 195 euros par an, de date à date. Il faut être professionnel de l’image avec un numéro de SIRET. Elle inclut la revue Profession Photographe, l’accès à un médiateur de la consommation et une représentation auprès des pouvoirs publics.

Pourquoi vendre des tirages plutôt que des fichiers numériques en photographie ?

Amandine Crochet a choisi de ne vendre que des impressions car elle a vu trop de clients perdre leurs fichiers ou ne jamais les imprimer. Ce choix radical, pris pendant le confinement, lui a fait perdre les clients qui ne voulaient que du numérique, mais a fidélisé ceux qui adhèrent à ses valeurs, sans désemplir son studio.

Comment Amandine Crochet a-t-elle réussi une meilleure année en 2020 malgré le Covid ?

Amandine Crochet a réalisé une meilleure année 2020 que 2019 en communiquant intensément pendant le confinement : appels personnalisés à chaque cliente pour reporter les séances, newsletters et concours. À la réouverture, ses clients étaient prêts, là où des concurrents passifs ont peiné à redémarrer leur activité.

La photo scolaire est-elle intéressante pour un photographe de mariage ?

La photo scolaire est un bon complément pour un photographe de mariage : elle se pratique en semaine, hors saison de mariage, génère du chiffre d’affaires et fait connaître le studio. Amandine Crochet y voit aussi un excellent entraînement à la direction de groupes, utile ensuite pour les photos de groupe en mariage.

Les chiffres de l’épisode

  • 20 ans de carrière de danseuse avant la photo
  • Photographe de mariage depuis 2005, premier numéro à son nom en 2012
  • Jusqu’à 19 mariages en 2014, son pic d’activité
  • Réseau BNI : 10 000 à 11 000 € HT de business par an pour environ 2 000 € de coût
  • Studio : passage d’environ 100-110 séances à 150 puis près de 200 par an
  • FFPMI Rhône-Alpes : d’une cinquantaine à environ 115-120 adhérents
  • Adhésion FFPMI : 195 € par an
  • Entre 6 et 10 écoles par an en photo scolaire
  • Coaching démarré à 45 ans
  • 7 semaines de congés par an

Références

  • Amandine Crochet
  • Sébastien Roignant
  • FFPMI (Fédération Française de la Photographie et des Métiers de l’Image)
  • BNI
  • Steve McCurry
  • Martin Morel
  • Norbert Lacroix
  • Stéphane Brachet
  • Jolie Trombine
  • T. Harv Eker (Les secrets de l’esprit millionnaire)

Les liens de l’épisode

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