Pourquoi j’ai choisi de réinvestir dans un REFLEX et de ne pas (encore) basculer en HYBRIDE | PODCAST #20
Reflex ou hybride : pourquoi cette photographe portraitiste reste fidèle au Nikon D850 plutôt que de basculer en hybride
Faut-il passer à l’hybride quand on fait du portrait ? Delphine Dos Santos, photographe portraitiste depuis vingt ans, raconte pourquoi elle a finalement réinvesti dans un reflex Nikon D850 plutôt que de basculer en hybride. Un retour d’expérience concret sur la visée, le prix, les objectifs et le ressenti de la lumière.
Reflex ou hybride : pourquoi cette photographe portraitiste reste fidèle au Nikon D850 plutôt que de basculer en hybride
L’épisode part d’une décision prise à chaud : en plein atelier de groupe organisé dans son studio début mars 2023, les deux boîtiers de Delphine Dos Santos la lâchent presque simultanément. Son Nikon D810, après six ans et environ 220 000 déclenchements, donne ses signes de faiblesse habituels — une bande noire ou blanche en plein cadre, un déclenchement qui perd en réactivité. Au même moment, son ancien D800, relégué en boîtier de secours et utilisé pour la vidéo, rend l’âme à son tour côté batterie. Se retrouvant sans matériel pendant une séance, elle emprunte alors l’hybride Sony d’une des photographes présentes : c’est ce hasard qui transforme un imprévu en test grandeur nature, et qui nourrit toute sa réflexion sur le choix entre reflex et hybride.
Vingt ans de fidélité à Nikon, racontés boîtier par boîtier
Avant d’expliquer son choix, Delphine retrace son parcours matériel. Installée à son compte comme photographe professionnelle depuis septembre 2003, elle débute en numérique avec un Nikon D70 (un capteur APS-C, faute de budget pour le plein format), gardé cinq ans et demi. Suivent le D700 en janvier 2009 — son premier plein format personnel — puis le D800 en novembre 2012, et enfin le D810 en janvier 2017. En vingt ans, cela représente cinq boîtiers, soit un changement tous les cinq ans en moyenne. Elle assume une posture inhabituelle dans le milieu : elle ne se dit pas « pro matos », n’achète aucun magazine ni podcast matériel, et s’en remet entièrement aux conseils de son magasin de proximité quand l’achat devient inévitable. Pour elle, le matériel est un moyen, jamais un but.
La visée électronique, vraie raison du refus de l’hybride
Le point de bascule, c’est la visée. En testant l’hybride Sony, Delphine reconnaît un rendu d’image superbe, une prise en main agréable et une légèreté séduisante. Mais la visée électronique la déçoit profondément. Travaillant exclusivement en lumière naturelle et dans le viseur (jamais en live view), elle s’appuie sur un ressenti direct de la direction de la lumière : la visée optique d’un reflex lui restitue exactement ce qu’elle voit à l’œil nu, alors que le rétro-éclairage de la visée électronique éclaircit l’image et lui fait « perdre la réalité de sa lumière », au point d’avoir l’impression de shooter avec un smartphone. Son fournisseur lui confirme qu’on ne peut pas désactiver cette visée électronique. Pour une photographe qui travaille à l’intuition et se met « dans sa bulle » par le viseur, c’est rédhibitoire : ce critère pèse à lui seul environ 70 % dans sa décision de rester en reflex.
Le prix et les objectifs, les deux autres arguments
Le calcul financier achève de la convaincre. En comparant le Nikon D850 (autour de 3 290 euros boîtier nu, parfois moins selon le prix négocié) au Nikon Z9 (5 999 euros), elle relève près de 3 000 euros d’écart, pour une différence de qualité d’image qu’elle juge insignifiante. À cela s’ajoute son parc d’objectifs existant : passer à la gamme hybride Z l’aurait obligée à racheter notamment son indispensable 50 mm, portant la facture réelle plus près de 7 000 euros. Elle n’était prête, psychologiquement, ni à dépenser cette somme ni à abandonner du jour au lendemain une technologie maîtrisée depuis vingt ans.
Sa conclusion est nuancée et c’est tout son intérêt : elle ne ferme pas la porte à l’hybride, qu’elle considère comme « l’avenir », et n’exclut pas d’avoir deux boîtiers plus tard, quand les prix auront baissé et qu’elle se sera familiarisée avec la visée électronique. Pour l’instant, le D850 — auquel elle a ajouté une poignée grip dont elle apprécie la stabilité — répond à son besoin immédiat : un boîtier fiable, rapidement disponible et beaucoup moins cher. Au-delà du matériel, l’épisode vaut surtout pour ce qu’il dit de son rapport au métier, à la fidélité et au changement, qu’elle déroule à voix nue dans l’enregistrement.
Foire aux questions
Pourquoi cette photographe a-t-elle choisi un reflex plutôt qu’un hybride pour le portrait ?
Delphine Dos Santos a choisi de rester en reflex principalement à cause de la visée électronique de l’hybride, qui lui fait perdre le ressenti réel de la lumière naturelle dont elle dépend pour ses portraits. S’ajoutent l’écart de prix d’environ 3 000 euros et son parc d’objectifs Nikon déjà existant qu’elle n’aurait pas pu réutiliser.
Quel boîtier reflex a-t-elle acheté en mars 2023 ?
Elle a acheté le Nikon D850, boîtier reflex plein format, autour de 3 290 euros nu, auquel elle a ajouté une poignée grip pour la stabilité. L’appareil étant difficile à trouver puisque Nikon ne produit plus de nouveaux reflex, elle a dû attendre un délai de livraison d’environ une semaine.
Quel est le défaut de la visée électronique des hybrides selon elle ?
Le défaut de la visée électronique, selon Delphine Dos Santos, est son rétro-éclairage qui éclaircit l’image et fait perdre la perception réelle de la lumière. Habituée à shooter dans le viseur d’un reflex en lumière naturelle, elle a eu l’impression de photographier avec un smartphone et de ne plus ressentir la direction de sa lumière.
Quelle est la différence de prix entre le Nikon D850 et le Nikon Z9 ?
L’écart de prix est d’environ 3 000 euros : le Nikon Z9 hybride coûte 5 999 euros boîtier nu, contre environ 3 290 euros pour le Nikon D850 reflex. En tenant compte du rachat nécessaire d’un objectif 50 mm en monture Z, la facture hybride réelle approchait les 7 000 euros pour cette photographe.
Combien de boîtiers cette photographe a-t-elle eus en vingt ans de carrière ?
En vingt ans, Delphine Dos Santos a utilisé cinq boîtiers Nikon : le D70 (2003), le D700 (2009), le D800 (2012), le D810 (2017) et le D850 (2023). Cela représente un changement de boîtier tous les cinq ans en moyenne, son D810 ayant tenu six ans et environ 220 000 déclenchements.
Est-elle définitivement opposée au passage à l’hybride ?
Non, Delphine Dos Santos n’est pas opposée à l’hybride : elle le considère même comme l’avenir de la photographie. Elle envisage d’y passer plus tard, voire d’avoir deux boîtiers, quand les prix auront baissé et qu’elle se sera habituée à la visée électronique. Son choix de rester en reflex est lié au moment présent, pas à un refus de principe.
Les chiffres de l’épisode
- Septembre 2003 : installation à son compte comme photographe professionnelle (bientôt 20 ans de carrière).
- 5 boîtiers Nikon en 20 ans : D70 (2003), D700 (2009), D800 (2012), D810 (2017), D850 (2023).
- 220 000 déclenchements environ atteints par le D810 avant sa défaillance.
- 1 400 photos réalisées lors de l’atelier de groupe.
- Atelier en groupe « Femmes Photographes » avec 4 participantes, sur 2 jours et demi.
- Prix du Nikon D850 : environ 3 290 euros boîtier nu.
- Prix du Nikon Z9 : 5 999 euros boîtier nu, soit près de 3 000 euros d’écart.
Références
- Nikon D70
- Nikon D700
- Nikon D800
- Nikon D810
- Nikon D850
- Nikon Z7
- Nikon Z9
- Nikon Z fc
- Sony (hybride professionnel)
- Fujifilm (reflex plein format)
- Elinchrom (éclairages flash)