De la Poste à la photographie
Pascal Avenet n’a pas toujours été photographe. Pendant des années, il a été postier, un métier qui lui a permis de s’offrir son premier appareil reflex, un Minolta. La photographie est alors un plaisir, une passion qu’il pratique sans prétention, au point de ne réaliser qu’au bout de trente ans qu’il ne faisait que des photos verticales. La bascule vers le monde professionnel se fait progressivement. Passionné de musique, il commence par photographier des concerts, puis une rencontre le mène à sous-traiter sur des mariages. Les commandes affluant, il décide en 2011 de sauter le pas et de se consacrer à plein temps à la photographie.
« Il y a un moment, il faut faire un choix. On n’a pas le temps de tout faire et donc faut choisir : soit on continue, soit on arrête. »
Un homme de terroir
S’il y a une chose qui définit Pascal Avenet, c’est son lien viscéral avec sa région, la Touraine. Loin d’un attachement folklorique, c’est une connaissance intime du terrain, des gens et de l’histoire locale, nourrie par des recherches généalogiques qui font remonter ses racines jusqu’au XVIIe siècle. Cette implantation profonde se ressent dans son travail et lui apporte de nombreuses commandes locales, notamment pour la presse et les collectivités. Il connaît son « terroir comme sa poche », ce qui lui donne un avantage certain pour ses reportages.
Pourtant, il ne se voit pas comme « le photographe de la région » et rêve parfois de travailler davantage à l’échelle nationale, signe que l’on n’est jamais tout à fait content de ce que l’on a.
L’éloge de la diversification
Contrairement à la tendance actuelle qui pousse à l’hyper-spécialisation, Pascal Avenet cultive une grande polyvalence. Reportage corporate, mariage, presse, portraits, livres… Il touche à tout, une philosophie qu’il attribue à ses origines. Ses ancêtres viticulteurs se diversifiaient pour ne pas dépendre d’une seule récolte. Il applique le même principe à son activité : si un secteur faiblit, un autre prend le relais. Cette approche lui permet de ne jamais s’ennuyer et, surtout, de ne faire que ce qui lui plaît. Il a ainsi essayé la photo scolaire, mais a vite arrêté, trouvant l’exercice « super chiant ».
« Il ne faut pas que j’aie l’impression d’être au boulot », confie-t-il, expliquant qu’il n’y a pas de frontière entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle.
Une pratique à l’instinct
Pascal Avenet a appris la photographie sur le tas, et même en donnant des cours, ce qui l’a obligé à formaliser son savoir. S’il a suivi des formations, notamment aux Gobelins, sa pratique reste très instinctive. Il se définit comme quelqu’un qui « cherche sa photo en déclenchant ». Plutôt que de construire mentalement son image avant d’appuyer sur le bouton, il multiplie les prises de vue pour affiner sa composition et capturer le bon moment. Une méthode qui le pousse à déclencher énormément, mais qui correspond à sa nature spontanée. Il privilégie les zooms pour leur polyvalence et n’hésite pas à utiliser le flash quand la situation l’exige.
Son côté tête en l’air lui a même joué un tour mémorable : parti faire le portrait d’un maire, il a réalisé sur place qu’il avait oublié son appareil photo. Il a géré la situation avec son smartphone, preuve que l’essentiel n’est pas toujours dans le matériel.
Le métier de photographe, sans filtre
Pour Pascal Avenet, se distinguer aujourd’hui passe avant tout par le service client : la fiabilité, la réactivité et la capacité à faciliter la vie de ses clients sont aussi importantes que la qualité des images. Il a mis plusieurs années à bien gagner sa vie, atteignant un revenu confortable à partir de 2017. Il collabore avec plusieurs agences photo, comme Hemis, pour donner une seconde vie à ses images et rentabiliser son travail. Il est également l’auteur de plusieurs livres, notamment sur la Touraine ou l’Ouest américain, une activité qui rapporte peu mais offre une belle visibilité.
Aujourd’hui, il ne cherche plus activement les commandes, préférant se concentrer sur des projets qui le passionnent, comme son travail pour le magazine de la Touraine, où il propose ses propres sujets.
Pascal Avenet nous recommande…
- « Tout sur la photo » — Un ouvrage collectif qui retrace toute l’histoire de la photographie, ses grands noms et ses différentes périodes. Un livre qu’il conseille pour se forger une solide culture photographique.
Les références de l’épisode
- Personnes : David Fort, Pierre et Gilles, Irving Penn, Salgado, Dmitri Yarkov, Gary Winogrand, Henri Cartier-Bresson, Norman Rockwell, Gérard Gineau, Amori Cornu, David Darrow, Hugues Vassal, Edith Piaf, le shah d’Iran, Brigitte Macron.
- Marques et matériel : Kodak Instamatic, NILTA X-GA, Canon (5D Mark IV, 1DX Mark II), Leica, Sony Alpha S7, iPhone.
- Lieux et régions : la Touraine, le Cher, Lisbonne, l’Ouest américain.
- Publications et institutions : Chasseur d’Image, les Gobelins, la revue Open Eye, le magazine de la Touraine.
- Agences : Hemis, Abacapress, Gamma.
- Œuvres citées : « Tout sur la photo ».
Au fil de l’épisode
- Présentation de Pascal Avenet, photographe en Touraine.
- Sa reconversion professionnelle : de postier à photographe à plein temps en 2011.
- Ses débuts avec un Instamatic Kodak à 11 ans et son premier reflex.
- Comment il a commencé par la photo de concert avant de se lancer dans le mariage.
- Son attachement profond à la Touraine, sa région d’origine où ses racines sont implantées depuis 1600.
- L’importance de la connaissance du terrain dans son travail local.
- Sa philosophie de la diversification, héritée de ses ancêtres viticulteurs.
- Pourquoi il choisit ses missions et refuse les domaines qui ne lui plaisent pas, comme la photo scolaire.
- Le fait d’être photographe en permanence, sans distinction entre vie professionnelle et personnelle.
- L’influence de ses débuts en argentique et sa vision du numérique.
- Sa méthode d’apprentissage : sur le tas, en donnant des cours, puis via des formations (CFA, Gobelins).
- Ses inspirations et références, du livre « Tout sur la photo » au photographe russe Dmitri Yarkov.
- Son choix de matériel : la praticité des zooms sur des boîtiers reflex qu’il connaît par cœur.
- Son utilisation de la lumière, naturelle ou au flash selon les besoins de la commande.
- Son approche du reportage, entre moments saisis sur le vif et portraits dirigés.
- Sa méthode de retouche : un développement des fichiers RAW, sans modification lourde mais avec la possibilité de combiner plusieurs images.
- Sa théorie selon laquelle les goûts se forgent et se fixent autour de 20 ans.
- Son processus créatif : trouver l’image en déclenchant plutôt qu’en la visualisant à l’avance.
- L’anecdote où il a oublié son appareil photo et a dû réaliser un portrait au smartphone.
- Sa définition d’une photo réussie : celle qui est sans défaut, et parfois, celle qui arrive à le faire pleurer.
- L’importance de raconter une histoire pour se démarquer dans la profusion d’images actuelle.
- Comment les contraintes d’une commande peuvent stimuler sa créativité.
- Sa difficulté à sélectionner ses propres images et à faire des choix tranchés.
- Sa vision du service client, basée sur la fiabilité et la réactivité.
- Sa collaboration avec des agences photo pour la diffusion de ses archives.
- La publication de livres photo : une source de notoriété plus que de revenus.
- Son approche actuelle du business : moins de démarchage et plus de projets choisis.
- Le récit d’une expérience difficile lors d’un reportage de mariage.
- Ses recommandations pour de futurs invités du podcast.
- Son actualité : son travail pour le magazine de la Touraine et le tri de ses archives pour l’agence Hemis.
FAQ
Qui est Pascal Avenet ?
Pascal Avenet est un photographe professionnel basé en Touraine. Ancien facteur, il s’est reconverti en 2011 après avoir débuté par la photo de concert et de mariage. C’est un photographe polyvalent, qui réalise aussi bien des reportages pour les entreprises et la presse que des portraits ou des livres de voyage. Il est profondément attaché à sa région, qui constitue une part importante de son travail et de son inspiration.
Comment Pascal Avenet a-t-il appris la photographie ?
Pascal Avenet a appris la photographie en grande partie sur le tas, en commençant par la pratique amateur puis en répondant à ses premières commandes professionnelles. Il explique avoir beaucoup appris en donnant lui-même des cours de photo, ce qui l’a forcé à structurer ses connaissances. Plus tard dans sa carrière, il a complété son expérience par des formations, notamment un BTM photo et un stage à l’école des Gobelins à Paris.
Quelle est la philosophie de travail de Pascal Avenet ?
Sa philosophie repose sur la diversification et le plaisir. Héritier d’une mentalité de vignerons, il multiplie les domaines d’activité (mariage, corporate, presse, édition) pour ne pas dépendre d’un seul secteur. Il ne s’engage que dans des projets qui l’intéressent, affirmant qu’il ne doit pas avoir l’impression d’être au travail. Pour lui, la satisfaction du client, la fiabilité et la réactivité sont aussi cruciales que la qualité des images.
Pourquoi la Touraine est-elle si présente dans son œuvre ?
La Touraine est la région d’origine de Pascal Avenet, où sa famille est ancrée depuis plusieurs siècles. Cette connexion profonde lui offre une connaissance intime du territoire, qu’il met à profit dans ses reportages. Une grande partie de ses commandes provient d’acteurs locaux (collectivités, entreprises). Il est également le photographe attitré du magazine de la Touraine, pour lequel il propose et réalise de nombreux sujets sur la région.
Quel matériel photo Pascal Avenet utilise-t-il ?
Pascal Avenet travaille principalement avec des appareils photo reflex de la marque Canon (5D Mark IV, 1DX Mark II). Il privilégie les objectifs zoom, comme le 24-70 mm et le 70-200 mm, pour leur polyvalence et leur efficacité en reportage. Il apprécie d’avoir un matériel lourd et robuste, qu’il connaît parfaitement, et se sent moins à l’aise avec des appareils plus petits ou des smartphones, même s’il a déjà dû en utiliser un pour se dépanner.

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