Anaïs Novembre, photographe de mode et de beauté, invitée du podcast Dans l'œil du Photographe

027 – Exprimer sa sensibilité à travers son travail personnel – Anaïs Novembre

Des débuts de modèle à photographe

Anaïs Novembre raconte ses premiers pas dans le monde de la photographie, une trajectoire singulière qui a débuté de l’autre côté de l’objectif. C’est en posant pour des photographes, notamment pour un projet personnel de Jean-François Verganti, qu’elle découvre cet univers. Cette expérience lui a permis de comprendre la dynamique d’un shooting du point de vue du modèle. Encouragée par des photographes bienveillants, elle se lance à son tour, assiste Jean-François Verganti, et finit par partager un studio avec lui. Aujourd’hui, elle se définit comme une photographe spécialisée dans la mode, pour le vêtement, et la beauté, pour les cosmétiques, une distinction qu’elle opère pour clarifier son offre auprès de ses clients.

Elle commence également à explorer la vidéo, y voyant une autre manière de raconter des histoires et une compétence complémentaire à proposer.

La vérité de l’entre-deux

Interrogée sur ce qui la pousse à déclencher, Anaïs Novembre évoque la recherche d’un instant de vérité. En studio, c’est une énergie, une étincelle dans le regard qui dure une fraction de seconde. Mais c’est surtout dans les moments « entre-deux » qu’elle trouve son inspiration. « Parfois entre deux pauses c’est joli parce que la fille est repartie dans ses pensées, dans son monde », explique-t-elle. Ces instants non posés, où une forme de vérité affleure, sont au cœur de sa démarche, que ce soit pour un shooting de mode ou lors d’un voyage personnel. Pour les saisir, elle insiste sur l’importance de regarder au-delà du viseur, d’être à l’affût de ce qui se passe autour, quitte à parfois manquer l’instant parfait.

Ses influences sont variées, allant des univers très marqués de Tim Walker à la brutalité douce de Mapplethorpe, en passant par le travail précurseur de Julia Margaret Cameron. Le cinéma et les contes européens nourrissent également son imaginaire.

Le travail personnel comme signature

Le site d’Anaïs Novembre ne comporte pas de page « À propos ». Pour elle, ce sont ses images qui doivent parler et raconter son histoire. Son travail personnel, qu’il s’agisse de photos de voyage au Sénégal ou de séries plus conceptuelles, est disséminé pour donner des indices sur sa sensibilité. Ces projets, initiés par elle-même, lui permettent d’explorer ses propres idées et de montrer aux clients potentiels une autre facette de son regard. Elle raconte notamment la genèse de deux séries : « Mémoire Flou », une collaboration avec un étudiant en mode où le mouvement et le flou traduisent l’intention du créateur, et « Les Mourantes », une série de fleurs de son jardin sur fond noir, née d’une impulsion pour capturer leur beauté éphémère de manière originale.

Cette volonté de ne pas refaire ce qui a déjà été vu est un moteur, même si elle confie que cela peut parfois être décourageant.

Le métier de photographe aujourd’hui

Anaïs Novembre partage sa vision du métier et de ses réalités économiques. Elle a mis près de dix ans pour pouvoir vivre confortablement de la photographie, un parcours qui l’a menée de la photo sociale en province à la mode à Paris. Elle évoque les difficultés des débuts, notamment les collaborations gratuites mal définies qui peuvent se révéler coûteuses en temps et en énergie. C’est, selon elle, une étape quasi obligatoire liée au manque de légitimité que l’on ressent au départ. Aujourd’hui, elle observe une tendance de l’industrie à privilégier la quantité sur la qualité, avec des demandes pour de grands volumes d’images qui laissent peu de temps pour la création. « J’ai l’impression qu’on habitue notre œil à des choses plus médiocres », regrette-t-elle.

Discrète sur les réseaux sociaux, elle se concentre sur la présentation de son travail plutôt que sur sa vie personnelle, un choix à contre-courant qu’elle assume, même si elle s’interroge sur son impact.

Les références de l’épisode

  • Jean-François Verganti, photographe
  • Tim Walker, photographe
  • Julia Margaret Cameron, photographe
  • Robert Mapplethorpe, photographe
  • Olivier Laban-Mattei, photographe
  • Daichi, étudiant en mode
  • Andy Julia, photographe et musicien
  • Série « Mémoire Flou »
  • Série « Les Mourantes »
  • Paris
  • Sénégal
  • Instagram
  • Facebook

Au fil de l’épisode

  • Comment Anaïs Novembre a rencontré le photographe Jean-François Verganti en posant pour lui.
  • Le passage du statut de modèle à celui d’assistante, puis de collaboratrice partageant le même studio.
  • Son « elevator pitch » : photographe de mode et de beauté.
  • La distinction qu’elle opère entre la mode (vêtement) et la beauté (cosmétique).
  • Ses débuts dans la vidéo comme nouvelle forme de narration.
  • Ses influences photographiques : Tim Walker, Julia Margaret Cameron, Mapplethorpe.
  • L’importance du cinéma et des contes européens dans son inspiration.
  • Ce qui la pousse à déclencher : la recherche de l’authenticité dans les moments « entre-deux ».
  • L’importance de regarder autour de soi, hors du viseur.
  • Son parcours de la photo sociale en province à son rêve de faire de la mode à Paris.
  • La remise en question comme moteur de progression.
  • Son approche de l’éclairage, plus esthétique et intuitive que purement technique.
  • Comment son travail personnel (voyages, concerts) sert à exprimer sa sensibilité.
  • L’absence volontaire de page « À propos » sur son site, laissant les images parler.
  • Le rôle des shootings personnels pour développer sa créativité et attirer des clients.
  • La genèse de sa série « Mémoire Flou », en collaboration avec un créateur de mode.
  • L’histoire de la série « Les Mourantes », une improvisation dans son jardin.
  • Le défi de créer sans répéter ce qui a déjà été fait.
  • Son ambition : faire plein d’images plutôt qu’une seule qui resterait dans l’histoire.
  • Sa source de revenus principale : les commandes en mode et beauté.
  • Sa communication discrète sur les réseaux sociaux, centrée sur son travail.
  • L’histoire de sa photo de profil, un portrait glamour réalisé par Jean-François Verganti.
  • Ce que son expérience de modèle lui a appris pour diriger les siens.
  • La tendance actuelle du marché à privilégier la quantité d’images sur la qualité.
  • Le pire moment de sa carrière : les collaborations gratuites mal cadrées au début.
  • Le meilleur moment : la naïveté et l’énergie créative de ses tout débuts.
  • La personne qu’elle recommande pour un prochain épisode : le photographe Andy Julia.

FAQ

Qui est Anaïs Novembre ?

Anaïs Novembre est une photographe professionnelle installée à Paris, spécialisée dans la mode et la beauté. Après avoir débuté comme modèle, elle est passée derrière l’objectif et a développé un style personnel marqué. Son travail se caractérise par une recherche d’authenticité et une grande sensibilité, qu’elle exprime aussi bien dans ses commandes que dans ses projets personnels variés, allant du portrait au paysage.

Quelles sont les influences d’Anaïs Novembre ?

Anaïs Novembre cite plusieurs photographes comme influences majeures, dont Tim Walker pour ses ambiances, Julia Margaret Cameron pour son approche artistique pionnière, et Robert Mapplethorpe pour le mélange de brutalité et de douceur. Au-delà de la photographie, elle puise son inspiration dans des domaines variés comme le cinéma, la littérature, et plus particulièrement les contes et légendes d’Europe.

Pourquoi Anaïs Novembre photographie-t-elle les « entre-deux » ?

Elle affectionne les moments « entre-deux » car ils représentent pour elle une forme de vérité et d’authenticité. Ce sont ces instants où le modèle n’est plus en train de poser, où il se laisse aller à ses pensées ou se reconnecte à lui-même. En capturant ces moments fugaces, elle cherche à révéler une facette plus naturelle et moins superficielle de ses sujets, loin des poses convenues.

Comment Anaïs Novembre a-t-elle commencé la photographie de mode ?

Alors qu’elle vivait en province, Anaïs Novembre a d’abord pratiqué la photographie sociale (mariages, portraits de famille) tout en rêvant de s’installer à Paris. Son objectif était de faire de la mode pour collaborer avec des créateurs et d’autres artistes. Elle a donc utilisé ses premières expériences pour s’installer et gagner en légitimité, avant de pouvoir se consacrer pleinement à la photographie de mode et de beauté une fois à Paris.

Quelle est la vision d’Anaïs Novembre sur son travail personnel ?

Pour Anaïs Novembre, le travail personnel est essentiel pour exprimer sa sensibilité, ce qu’elle ne peut pas toujours faire dans le cadre de commandes clients. Ses séries personnelles, comme ses photos de voyage ou ses natures mortes, agissent comme une signature et une carte de visite. Elles permettent aux clients potentiels de comprendre son regard unique et de s’approprier son univers pour leurs propres projets.


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