Portrait du photographe Louis Brunet, invité du podcast Dans l'œil du Photographe

028 – Trouver son second souffle photographique – Louis Brunet

Du mariage au corporate, un virage assumé

Photographe de mariage reconnu, Louis Brunet explique avoir volontairement limité cette activité à une dizaine de prestations par an. Ce choix stratégique lui a permis de se consacrer davantage à la photographie d’entreprise, un domaine qu’il juge plus rentable et moins routinier. Il raconte son passage du statut d’auto-entrepreneur à celui de société, une décision motivée par le besoin de dépasser un plafond de chiffre d’affaires qui bridait psychologiquement son développement. Ce changement, bien que fiscalement plus lourd, lui a offert une nouvelle liberté et des projets plus stimulants.

Cette transition s’accompagne d’une réflexion sur sa pratique, qu’il qualifie de « photodocumentarisme » plutôt que de photojournalisme. Il assume de choisir ses sujets et d’orienter la narration pour raconter une histoire avec un point de vue affirmé, loin de la neutralité de l’actualité brute.

Une créativité sans compromis

Pour nourrir son inspiration, Louis Brunet se fie à de grands noms comme Sebastião Salgado, mais surtout à un flux Instagram très sélectif, suivant moins d’une centaine de comptes qui le font « rêver ». Cette exigence se retrouve dans sa pratique : perfectionniste, il n’hésite pas à prendre plusieurs minutes et des dizaines de clichés pour obtenir la composition parfaite, comme pour cette photo d’un marié et sa grand-mère qui a nécessité 66 déclenchements. Il se décrit comme un photographe aux aguets, utilisant ses cinq sens, et notamment l’ouïe, pour anticiper les moments décisifs.

Convaincu que les souvenirs doivent vivre en dehors des disques durs, il a rendu l’album photo obligatoire dans toutes ses formules mariage depuis 2019. Une démarche qu’il applique aussi à son travail corporate, où il refuse de s’ennuyer. Il évoque une photo marquante lors d’un événement d’entreprise, pour laquelle il a pris la liberté de créer une ambiance lumineuse complexe, illustrant sa philosophie : obtenir carte blanche de ses clients pour livrer des images qui sortent de l’ordinaire.

La quête du second souffle

Malgré une carrière bien remplie, Louis Brunet traverse une phase de questionnement. Il confie ressentir une perte de vitesse, une sorte de mur créatif qui l’empêche de passer au niveau supérieur. Cette recherche d’un « second souffle » l’amène à s’interroger sur l’équilibre entre les projets alimentaires et sa passion pour le documentaire, qui reste son but ultime. Il évoque même l’idée de redevenir photographe amateur pour retrouver une liberté totale, avant de la balayer : il aime trop son métier pour y renoncer.

Cette remise en question est nourrie par les moments clés de son parcours. Le pire ? Un mariage où l’ennui général était palpable. Le meilleur ? Une critique frontale et sans concession d’une photographe qu’il admire en 2014. « J’ai pris une claque de grand malade », raconte-t-il, mais ce retour brutal a été le point de départ d’une profonde évolution de son travail. Pour lui, c’est la preuve qu’il faut savoir se mettre en danger pour progresser.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : Sebastião Salgado, Stephen McCurry, Henri Cartier-Bresson, Thomas Muselet, Steve Jobs.
  • Organisations et événements : Foundation Workshop, GIGN.
  • Film : « Blood Diamond ».
  • Lieux : Portugal, Haïti, Hong Kong, Nantes, La Baule.
  • Réseaux sociaux et outils : Instagram, Facebook, LinkedIn, Lightroom, Photoshop.

Au fil de l’épisode

  • L’elevator pitch de Louis Brunet : permettre aux entreprises de gagner plus d’argent avec le pouvoir de l’image.
  • Son équilibre entre la photographie de mariage (limitée à 10 par an) et la photographie corporate.
  • Pourquoi il a quitté le statut d’auto-entrepreneur pour créer sa société.
  • Sa préférence pour le terme « photodocumentarisme » plutôt que photojournalisme.
  • Ses inspirations : les grands maîtres comme Salgado et un fil Instagram très sélectif.
  • Son obsession pour la composition et l’histoire de la photo parfaite qui a nécessité 66 déclenchements.
  • L’importance d’utiliser ses cinq sens, y compris l’ouïe, pour capter l’instant.
  • Pourquoi il a rendu l’album photo obligatoire dans ses formules mariage.
  • L’importance du texte pour contextualiser ses projets documentaires et éviter les contresens.
  • Sa ligne directrice : « montrer des initiatives positives dans un monde complexe ».
  • L’histoire derrière une photo créative en événement d’entreprise qui a marqué l’animateur.
  • Sa méthode pour obtenir « carte blanche » de ses clients dès le premier rendez-vous.
  • Sa période de doute et sa recherche d’un second souffle professionnel.
  • La photo dont il est le plus fier : un vautour fauve, fruit d’une opportunité saisie.
  • Sa stratégie business avec deux sites distincts : l’un pour les mariages à l’international, l’autre pour le corporate local.
  • Sa communication directe pour convaincre les entreprises d’investir dans des photos de qualité.
  • Le pire moment de sa carrière : un mariage où tout le monde s’ennuyait.
  • Le meilleur moment de sa carrière : une critique très dure mais fondatrice reçue en 2014.
  • Sa recommandation pour un futur invité : Thomas Muselet, photographe pour le GIGN.

FAQ

Qui est Louis Brunet ?

Louis Brunet est un photographe professionnel spécialisé dans le mariage et le reportage d’entreprise. Ancien ingénieur, il s’est reconverti à la photographie et a développé une approche qu’il qualifie de « photodocumentarisme ». Il est reconnu pour son exigence, son style narratif et sa capacité à naviguer entre des projets pour particuliers à l’international et des missions pour des entreprises locales, principalement dans la région de Nantes.

Pourquoi Louis Brunet limite-t-il son nombre de mariages ?

Il a choisi de limiter son activité à une dizaine de mariages par an pour deux raisons principales. D’une part, cela lui permet de se consacrer à la photographie d’entreprise, qu’il trouve plus rentable et variée. D’autre part, cette sélectivité lui garantit de ne travailler que sur des projets qui le passionnent vraiment, évitant ainsi la routine et l’épuisement créatif, pour offrir le meilleur à ses clients.

Quelle est sa philosophie en photographie documentaire ?

Louis Brunet préfère le terme « photodocumentarisme » à celui de photojournalisme, car il assume un point de vue subjectif. Sa démarche consiste à raconter des histoires en choisissant un angle précis. Sa ligne directrice est de « montrer des initiatives positives dans un monde complexe ». Il accompagne souvent ses images de textes pour guider l’interprétation du public et s’assurer que son message est bien compris, comme pour son projet sur une mine en Afrique.

Quelle est l’importance de l’impression pour Louis Brunet ?

Pour Louis Brunet, une photographie qui reste sur un disque dur n’a pas de sens. Il a constaté que ses clients qui possédaient un album regardaient leurs photos de mariage beaucoup plus fréquemment. Convaincu que les souvenirs doivent être tangibles et accessibles, il a décidé en 2019 de rendre l’album photo obligatoire dans toutes ses offres de mariage, s’assurant ainsi que son travail perdure et soit réellement apprécié.


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