Scanner, développer, choisir : les premiers pas
Adré ouvre cette session de questions-réponses en abordant un point technique essentiel : le scan des négatifs. Il raconte avoir débuté avec du matériel professionnel très coûteux à l’école Gobelins, comme les scanners Imacon, avant de se tourner vers des solutions plus personnelles. Il recommande pour le 35 mm des scanners dédiés plutôt que des scanners à plat comme les Epson V600 ou V800, qui sont selon lui moins performants pour ce petit format. Il explique que le scan à domicile peut être fastidieux, notamment à cause de la poussière, ce qui l’a poussé à préférer les services d’un laboratoire pour gagner du temps.
Cette approche pragmatique est au cœur de sa vision de l’argentique, une pratique qui l’a d’abord rebuté avant de le séduire par la discipline qu’elle impose.
Une autre façon de voir la photo
Interrogé sur ce que l’argentique apporte à sa démarche, Adré insiste sur la réflexion. Le coût de chaque déclenchement et le nombre limité de vues sur une pellicule (24 ou 36 poses) obligent à penser sa composition et à ne pas « mitrailler ». Cette contrainte devient une force, car elle apprend à évaluer la pertinence d’une image avant même de la prendre, une compétence qui se transfère ensuite au numérique. « Il y a plein de photos que je fais pas », confie-t-il, expliquant que l’argentique l’aide à identifier les clichés qui n’auront pas d’utilité finale. L’absence d’écran pour vérifier le résultat est un autre aspect clé : il faut faire confiance à sa technique et à son œil, ce qui renforce l’intention photographique.
Le plaisir de la découverte, plusieurs jours après la prise de vue, est pour lui un des grands charmes de cette pratique, créant des moments de surprise et de partage uniques.
Le matériel, les coûts et le processus
Adré évoque ensuite le matériel qu’il utilise, tout en restant prudent pour ne pas contribuer à la flambée des prix sur le marché de l’occasion, un phénomène amplifié par les célébrités comme Kendall Jenner ou les youtubeurs. Il cite néanmoins un appareil très répandu et accessible : le Canon AE-1. Pour les débutants, il conseille de se tourner vers des « point and shoot » peu coûteux, trouvables en brocante. Pour maîtriser son budget, il suggère deux pistes : acheter des lots de pellicules périmées ou, pour les plus investis, développer et scanner soi-même ses films. Il détaille son propre flux de travail : achat de pellicules en grande quantité, stockage au frigo, développement en laboratoire, puis retouches légères sur Lightroom pour corriger les variations du scan du labo, sans jamais dénaturer le rendu propre à chaque film.
Il conclut en abordant des questions plus spécifiques, comme la photographie de concert en argentique, une pratique qu’il affectionne particulièrement.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Kendall Jenner, Jimmy Fallon, Franck Ocean, PLK, Pouya, Luni.
- Marques et appareils : Canon (AE-1, A1, AE-1 Programme), Imacon, FlexTite, Epson (V600, V800), Sony.
- Pellicules : Kodak (Portra 400, Gold, Ultramax), Ilford (3200), Lomography (Berlin Kino 400), Trix.
- Lieux et institutions : Gobelins (école), La Machine du Moulin Rouge (salle de concert).
- Laboratoires photo (Paris) : Nation Photo, Négatif Plus, Pyramide Photo.
- Événements et médias : Met Gala, Instagram, Twitter, YouTube, TikTok.
- Logiciels : Adobe Lightroom Classic.
Au fil de l’épisode
- Conseils pour choisir et acheter un scanner de négatifs.
- La différence de qualité entre un scanner dédié 35mm et un scanner à plat.
- Ce que la pratique de l’argentique apporte à sa démarche photographique.
- Comment la contrainte du nombre de poses force à la réflexion.
- Le plaisir de la surprise et de la redécouverte des images.
- Les appareils qu’il utilise, notamment le Canon AE-1.
- L’impact des célébrités et des youtubeurs sur le prix du matériel d’occasion.
- Les spécificités du mode manuel en argentique, avec des ISO fixes liés à la pellicule.
- Astuces pour minimiser les coûts : développement maison et achat de films périmés.
- Pourquoi un scanner de bureau classique ne peut pas numériser un négatif.
- Son processus de travail, de l’achat des pellicules à la publication.
- Sa vision de la retouche en argentique : corriger le scan du labo sans dénaturer le film.
- La différence entre un tirage traditionnel en chambre noire et une impression depuis un scan.
- Quel appareil et quelle pellicule choisir pour débuter sans se ruiner.
- La complexité du développement à domicile, notamment dans le noir complet.
- La dimension « magique » de l’argentique, qui imprime physiquement la lumière.
- Ses pellicules noir et blanc et couleur préférées (Ilford, Portra 400).
- Comment bien exposer sa photo avec les indications du viseur sur un appareil manuel.
- Où acheter ses pellicules à Paris et le coût moyen (achat + développement).
- La possibilité (complexe) de coloriser une photo noir et blanc sur Photoshop.
- Son expérience de la photo de concert en argentique.
FAQ
Pourquoi commencer la photographie argentique ?
Selon Adré, l’argentique est une excellente école pour apprendre à réfléchir avant de déclencher. Le coût et le nombre limité de photos par pellicule incitent à soigner chaque prise de vue. C’est aussi une expérience différente, qui procure la joie de redécouvrir ses images plusieurs jours plus tard, avec un rendu et un grain uniques que le numérique peine à imiter. Cette pratique permet de ralentir et de se concentrer sur l’essentiel de l’acte photographique.
Quel appareil argentique choisir pour débuter ?
Pour un débutant, Adré conseille de ne pas investir de grosses sommes. Il recommande de commencer avec un appareil simple de type « point and shoot », facile à trouver en brocante pour quelques euros. Ces appareils compacts sont automatiques et parfaits pour se familiariser avec la prise de vue sur film. Pour ceux qui souhaitent plus de contrôle, il suggère un reflex fiable et très répandu comme le Canon AE-1, qui reste abordable.
Comment réduire les coûts en photographie argentique ?
Le principal poste de dépense en argentique est l’achat et le développement des pellicules. Pour réduire les coûts, Adré propose deux solutions. La première est d’acheter des lots de pellicules périmées, souvent vendues moins cher dans des groupes en ligne. La seconde, plus engageante, est d’apprendre à développer et à scanner ses films soi-même. Cela demande un investissement initial en matériel et en temps, mais devient très rentable sur le long terme.
Faut-il retoucher ses photos argentiques ?
Adré démystifie la question de la retouche. Il explique que le laboratoire photo applique déjà ses propres réglages lors du scan, ce qui constitue une première interprétation de l’image. Il retouche donc ses photos sur Lightroom, non pas pour altérer le rendu de la pellicule, mais pour ajuster légèrement le contraste ou la colorimétrie du scan fourni par le labo. Pour lui, il s’agit d’une correction technique pour obtenir le résultat qu’il avait en tête, tout en respectant la signature du film utilisé.

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