Les débuts d’un photographe sur Instagram
Jérémie Masuka raconte son parcours : passionné de photographie depuis environ cinq ans, il est devenu professionnel il y a deux ans et vit pleinement de son activité depuis six mois. Il se souvient de ses débuts sur Instagram, une plateforme qu’il a rejointe vers 2010-2011, bien avant d’y voir un outil professionnel. À l’origine, son compte était personnel, rempli de photos de soirées, sans ambition artistique. Il se remémore une époque où atteindre les 10 000 abonnés semblait réservé à une élite, où les chiffres n’étaient pas abrégés par un « K » et où la plateforme servait avant tout à partager son quotidien.
Progressivement, Instagram est devenu sa vitrine principale, un moyen de montrer son travail, d’échanger avec des créatifs du monde entier et, surtout, de trouver des opportunités professionnelles. « Pour moi ça reste une grande vitrine et un lieu d’échange incroyable », confie-t-il.
Le cap des 10 000 abonnés : mythe et réalité
Le sujet central de l’épisode est le fameux cap des 10 000 abonnés, un objectif perçu comme un fantasme par beaucoup de créateurs débutants. L’animateur, Adré, avoue avoir pensé que ce chiffre débloquerait une carrière. Pour Jérémie Masuka, la réalité est plus nuancée. Atteindre ce seuil est avant tout une étape psychologique, une forme de reconnaissance. « Tu te dis, ouais, à 10K, en fait, j’ai une reconnaissance entre guillemets », explique-t-il. Concrètement, cela change la perception des autres : les gens imaginent qu’il reçoit des centaines de messages par jour, ce qui peut créer une distance. Il constate que beaucoup sont surpris quand il répond à leurs messages privés.
Ce cap lui a ouvert les portes d’un « cercle de micro-influence », se traduisant par plus d’invitations à des événements ou de propositions de partenariats. Cependant, il souligne que le nombre d’abonnés ne reflète pas toujours le talent ou l’engagement, citant l’exemple de photographes très talentueux avec de plus petites audiences mais un fort taux d’interaction.
Une vitrine pour les marques
Jérémie Masuka détaille comment Instagram a été un levier pour collaborer avec des marques prestigieuses comme Puma, Adidas ou Canon. Sa stratégie est proactive : il surveille les nouveaux abonnés et n’hésite pas à envoyer un message privé lorsqu’il repère un profil intéressant, comme celui d’un social media manager. C’est cette démarche qui a souvent initié le contact. Il estime qu’une grande partie de son travail découle de sa présence sur la plateforme. « Énormément de choses que j’ai sont via Insta », affirme-t-il.
Cependant, passer les 10 000 abonnés l’a aussi exposé à des propositions moins qualitatives, où les marques cherchent davantage à exploiter son audience qu’à rémunérer son travail de photographe. Il évoque les nombreuses demandes de partenariats basées sur l’envoi de produits gratuits ou des codes de réduction en échange de publications, une approche qu’il refuse systématiquement.
Vivre avec l’algorithme et les chiffres
La conversation aborde inévitablement la pression des chiffres. Jérémie Masuka avoue avoir été obsédé par les statistiques, au point que la baisse du nombre d’abonnés ou un « flop » sur une publication pouvait l’affecter personnellement. Il décrit ce rapport aux chiffres comme « hyper nocif », tant sur le plan professionnel que pour l’ego. Il a depuis pris de la distance, se concentrant davantage sur le plaisir de créer et de partager. Il observe aussi les évolutions de l’algorithme, notant que ses publications ont une durée de vie plus longue qu’auparavant, même si l’engagement initial est parfois plus faible.
Le duo discute également des fonctionnalités d’Instagram, comme le « swipe up », qu’il juge utile mais qui, selon l’animateur, génère souvent peu de clics. Ils échangent sur les avantages du compte « créateur », notamment le tri des messages privés qui permet de mieux s’organiser.
Quantité, qualité et inspiration
Faut-il poster beaucoup pour réussir ? Pour Jérémie, la réponse a évolué. S’il postait frénétiquement au début pour « occuper l’espace », il privilégie aujourd’hui une approche plus mesurée, avec deux à trois publications par semaine, en se concentrant sur des images dont il est fier. Les stories permettent de maintenir une présence quotidienne sans saturer son feed. Adré, quant à lui, défend l’idée que la quantité amène la qualité, surtout au début : produire beaucoup force à progresser et à trouver son style plus rapidement.
Pour conclure, Jérémie Masuka voit Instagram comme un « outil magnifique » et un « vivier de créateurs incroyable » s’il est utilisé sainement. Il encourage à s’en servir pour s’inspirer, notamment via la fonction « enregistrer », et à ne jamais perdre de vue le plaisir. « Il faut faire les choses parce qu’on kiffe et c’est tout. La vie, elle est trop courte pour faire des choses par intérêt. »
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Nino, Flora, Julien RCB Tonnes, David de la place, Jay-Z, Will Smith, Vald, Nabila.
- Marques et organisations : Instagram, Twitter, Puma, Adidas, Canon, PSG (Paris Saint-Germain), FIFA, Facebook, LinkedIn, Roland-Garros, Uber, Fortnite.
- Médias et entreprises : Petit Délire TV, Booscaper.
- Produits : caméra Insta360 One X.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Jérémie Masuka, photographe professionnel depuis deux ans.
- Ses débuts sur Instagram, à une époque où la plateforme était purement personnelle.
- Le passage à un usage professionnel pour partager son travail et trouver des contacts.
- Le « fantasme » des 10 000 abonnés : qu’est-ce que ça représente pour un créateur ?
- Comment il a initié des collaborations avec Puma, Adidas et Canon grâce à une démarche proactive sur Instagram.
- L’importance de contacter directement les professionnels qui s’abonnent à son compte.
- Ce qui change réellement après 10k : plus de propositions de partenariats en échange de produits.
- Le statut hybride de photographe et de micro-influenceur.
- L’anecdote d’une proposition de partenariat « arnaque » pour des impressions photo.
- La pression des chiffres (abonnés, likes) et son impact psychologique.
- L’évolution de l’algorithme d’Instagram et la durée de vie des publications.
- Le débat sur l’utilité réelle de la fonction « swipe up » dans les stories.
- La diminution paradoxale du nombre de DM après avoir atteint les 10k abonnés.
- L’anecdote de l’animateur sur le sentiment de solitude le jour où il a atteint les 10 000 abonnés.
- La nouvelle course à la certification Instagram : un vrai avantage ?
- La différence entre les publications professionnelles et personnelles sur son compte.
- Le dilemme de la fréquence de publication : faut-il privilégier la quantité ou la qualité ?
- L’importance des stories pour maintenir une présence active sans surcharger son feed.
- Comment utiliser la fonction « enregistrer » d’Instagram comme un outil d’inspiration.
- L’anecdote de l’achat et de la casse rapide d’une caméra 360.
- Une parenthèse sur les aspects administratifs du métier de photographe (notes de frais, facturation).
- Conclusion : Instagram est un outil puissant, à condition de l’utiliser pour le plaisir de créer et de partager.
FAQ
Qui est Jérémie Masuka ?
Jérémie Masuka est un photographe passionné par l’image depuis environ cinq ans. D’après ses dires dans l’épisode, il exerce cette activité à titre professionnel depuis deux ans et en vit exclusivement depuis six mois au moment de l’enregistrement. Il utilise activement les réseaux sociaux, notamment Instagram, comme une vitrine pour son travail et un outil pour développer son réseau professionnel.
Qu’est-ce qui change vraiment après 10 000 abonnés sur Instagram ?
Selon Jérémie Masuka, atteindre 10 000 abonnés est avant tout une étape psychologique qui apporte un sentiment de reconnaissance. Concrètement, cela se traduit par une visibilité accrue, des invitations à des événements et davantage de propositions de partenariats, souvent sous forme de produits offerts. Cependant, cela ne garantit pas plus de contrats rémunérés et peut même créer une certaine distance avec sa communauté, qui hésite davantage à interagir.
Comment Jérémie Masuka utilise-t-il Instagram pour trouver des clients ?
Sa méthode est proactive. Il ne se contente pas d’attendre que les opportunités viennent à lui. Il explique qu’il regarde régulièrement qui s’abonne à son compte. S’il remarque un profil pertinent, comme un social media manager ou un responsable de marque, il prend l’initiative d’envoyer un message privé pour engager la conversation. C’est ainsi qu’il a noué des contacts avec des entreprises comme Puma ou Adidas.
Pourquoi la quantité de publications est-elle importante au début ?
L’animateur et son invité s’accordent sur le fait que poster fréquemment au début de sa carrière est bénéfique. Publier en grande quantité force à créer constamment, à expérimenter et donc à progresser techniquement et artistiquement plus vite. C’est un moyen efficace de se challenger, de trouver son style et de construire une première communauté, même si toutes les publications ne sont pas parfaites.

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