Derrière l’image
Yoann Rivet raconte les histoires qui se cachent derrière trois de ses photographies islandaises préférées. Il commence par un cliché de la célèbre falaise de Vestrahorn, où l’arrivée inattendue de chevaux islandais a transformé la scène. Selon lui, ce fut un alignement parfait des éléments, un moment de pure chance qui a donné naissance à l’une de ses images les plus vendues et publiées, notamment dans un livre de Guru Shot. Il évoque ensuite la capture d’une lumière fugace et magique sur un petit village du nord de l’île, un instant qui n’a duré que cinq minutes vers 23h30. Enfin, il partage l’anecdote d’une photo des cascades de Hraunfossar, prise depuis un point de vue exceptionnel au milieu de la rivière, aujourd’hui totalement interdit d’accès suite à des accidents.
« C’est limite si les chevaux m’ont regardé en disant : “Regarde, on a respecté la règle des tiers, c’est nickel”. Enfin, c’était vraiment le moment parfait. »
L’Islande face au tourisme
Fort de ses nombreux voyages depuis 2011, Yoann Rivet dresse un constat sur l’évolution de l’Islande. Il explique que l’explosion du tourisme de masse, particulièrement depuis 2015, a eu des conséquences directes sur le paysage et l’accès à la nature. De nombreux sites ont été dégradés ou fermés au public pour des raisons de sécurité et de préservation, notamment à cause de comportements irrespectueux. Il souligne que des écosystèmes fragiles, comme les champs de mousse qui mettent un siècle à se former, ont été abîmés par des visiteurs imprudents.
Cette popularité a aussi provoqué une inflation galopante. Pour se relever de la crise de 2008, le pays a misé sur le tourisme, entraînant une flambée des prix. Manger au restaurant ou se loger à Reykjavik est devenu aussi cher qu’à New York, et le contact avec les Islandais a pu, par endroits, se tendre face à l’afflux constant de visiteurs.
Sortir des sentiers battus
Malgré la surfréquentation des lieux iconiques, le photographe assure qu’il est toujours possible de réaliser des images uniques en Islande. Sa première astuce est de déjouer les foules en visitant les sites très populaires à des heures improbables. Il raconte avoir photographié une célèbre cascade à 2h30 du matin en plein été, ne croisant que deux autres photographes. Le soleil de minuit offre des opportunités uniques pour travailler dans le calme avec des lumières exceptionnelles.
Mais son conseil principal est de ne pas se contenter de cocher les cases des lieux vus sur Instagram. Pour lui, la véritable expérience photographique islandaise se trouve en explorant les pistes secondaires, en s’arrêtant au hasard d’une lumière ou d’un paysage inattendu. « Il y a toujours un secret planqué à droite à gauche partout en Islande », affirme-t-il, invitant à la lenteur et à la curiosité.
Conseils pratiques pour l’aventure
Yoann Rivet partage plusieurs conseils concrets pour les photographes. Pour la chasse aux aurores boréales, il recommande le site de prévisions météorologiques vedur.is, tout en rappelant que la chance reste le facteur clé. Le vrai défi, selon lui, est de trouver un premier plan intéressant pour composer son image. Il livre également une astuce technique pour la mise au point nocturne : utiliser un petit bout de scotch pour bloquer la bague de l’objectif sur l’infini une fois le réglage effectué.
Concernant le budget, il suggère de louer des utilitaires aménagés pour dormir et cuisiner, ou, pour les longs séjours, d’envisager la traversée en ferry avec son propre véhicule. Enfin, il met en garde contre les voyages photo organisés qui imposent un rythme trop rapide, empêchant de s’imprégner des lieux et d’attendre la bonne lumière.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Julien Parrot, Sylvain Lepoutre.
- Lieux : Islande, Vestrahorn, Hraunfossar (nommées « Honfossar » dans l’épisode), Reykjavik, massif du Kerlingarfjöll (nommé « Carling Garfiol »).
- Organisations et marques : OTAN, Guru Shot, Tamron, Pentax, Nikon, Tokina.
- Site web : vedur.is.
- Œuvres citées : Game of Thrones, Star Wars.
Au fil de l’épisode
- L’anecdote de la photo de la falaise de Vestrahorn avec les chevaux islandais.
- Les particularités des chevaux d’Islande, élevés en semi-liberté.
- La publication de sa photo dans un livre édité par le site Guru Shot.
- La recherche d’un angle original pour photographier un lieu très connu.
- L’histoire d’une photo prise dans un village du nord à 23h30, sous une lumière exceptionnelle de 5 minutes.
- La longue durée du crépuscule en été en Islande, qui peut s’étaler sur plusieurs heures.
- Le récit de la photo des cascades de Hraunfossar, depuis un point de vue au milieu de la rivière aujourd’hui inaccessible.
- L’impact du tourisme de masse sur les paysages et l’accès aux sites naturels depuis 2015.
- La fermeture de certains lieux suite à des accidents ou à une surfréquentation.
- La fragilité de l’écosystème, notamment les champs de mousse qui mettent un siècle à pousser.
- Les conséquences économiques du boom touristique : inflation et coût de la vie exorbitant.
- L’évolution du rapport des Islandais aux touristes.
- La rudesse du climat et de la géologie qui façonne le caractère de l’île et de ses habitants.
- Comment continuer à faire des photos uniques en évitant les foules et les horaires de pointe.
- L’astuce de visiter les lieux célèbres au milieu de la nuit en été.
- L’importance de l’exploration des routes secondaires pour découvrir des trésors cachés.
- Les avantages et inconvénients des voyages photo organisés.
- Les restrictions sur l’usage des drones dans les zones touristiques.
- Conseils pour la photographie d’aurores boréales : prévisions, composition et technique.
- L’astuce du ruban adhésif pour sécuriser la mise au point sur l’infini.
- Comment réduire les coûts d’un voyage en Islande : ferry, location de van, cuisine.
- La particularité de la gastronomie islandaise, entre malbouffe et traditions vikings.
- Le projet de Yoann Rivet de créer ses propres voyages photo en Islande, axés sur la découverte et l’histoire.
FAQ
Qui est Yoann Rivet ?
Yoann Rivet est un photographe de paysage passionné par l’Islande. Il a effectué de nombreux voyages sur l’île, ce qui lui a permis de développer une connaissance approfondie de ses paysages et de ses lumières. Dans cet épisode, il partage son expérience, ses anecdotes de terrain et ses conseils pratiques pour les photographes souhaitant découvrir le pays. Il a notamment vu ses photos publiées, par exemple dans un livre de la communauté Guru Shot.
Quels sont les principaux défis pour photographier en Islande ?
Selon Yoann Rivet, les défis sont multiples. La météo est très changeante, ce qui demande de la patience. Le tourisme de masse a rendu les sites les plus célèbres surpeuplés, obligeant à trouver des créneaux horaires décalés, comme au milieu de la nuit en été. De plus, de nombreux lieux sont devenus inaccessibles pour des raisons de sécurité. Enfin, le coût de la vie très élevé est un défi logistique et budgétaire important.
Comment faire des photos originales en Islande aujourd’hui ?
Pour se démarquer, Yoann Rivet conseille de sortir des sentiers battus. Plutôt que de se concentrer sur les lieux les plus photographiés, il recommande d’explorer les pistes secondaires et de prendre le temps de s’arrêter dans des endroits moins connus. Il suggère aussi de visiter les sites populaires à des heures où il n’y a personne, par exemple à 2h30 du matin en été. L’objectif est de ne pas chercher à reproduire des images vues, mais de trouver sa propre vision.
Quels conseils Yoann Rivet donne-t-il pour photographier les aurores boréales ?
Il insiste sur l’importance de la chance et de la préparation. Il recommande de consulter le site spécialisé vedur.is pour les prévisions. Le plus grand défi est de composer une image intéressante qui ne se limite pas au ciel ; il faut trouver un premier plan fort, comme une rivière ou des montagnes. Techniquement, il conseille des poses pas trop longues pour figer le mouvement des aurores et l’astuce d’utiliser un bout de scotch pour bloquer la mise au point sur l’infini.
Comment voyager en Islande avec un budget limité ?
Yoann Rivet suggère plusieurs pistes. Pour les séjours de plus de deux semaines, prendre un ferry depuis Rotterdam avec son propre véhicule peut être plus rentable que de louer un 4×4 sur place. Pour des séjours plus courts, la location de vans aménagés permet d’économiser sur le logement. Il conseille d’éviter les restaurants, très chers, et de cuisiner soi-même en achetant sa nourriture dans les supermarchés.

Laisser un commentaire