Portrait de Stéphane Corréard, invité du podcast 9 Lives Magazine pour parler de la foire d'art Galeristes.

La Foire Galeristes est maintenu ! Rencontre avec Stéphane Corréard

Un salon à contre-courant

Face à un calendrier bouleversé par la crise sanitaire, avec le report d’Art Paris et l’incertitude autour de la FIAC, Stéphane Corréard a fait le choix de maintenir la foire Galeristes. Pour son créateur, renoncer aurait été un paradoxe, tant l’événement incarne depuis ses débuts des valeurs de proximité et de soutien à l’écosystème artistique français, des notions rendues encore plus essentielles par la pandémie. Porté par la conviction que le public des passionnés répondrait présent, il a décidé de lancer un signal fort au marché de l’art. « En octobre, ne cherchez pas, nous serons là », affirmait alors leur slogan.

Cette décision s’est appuyée sur la fidélité d’un noyau dur d’exposants, convaincus de la nécessité de porter cette voix singulière dans le paysage des foires d’art.

Une sélection resserrée et diverse

Fidèle à son format, Galeristes accueille un nombre volontairement limité de 40 galeries pour favoriser les échanges et les rencontres. Cette édition se distingue par l’arrivée de douze nouveaux exposants, un renouvellement significatif qui témoigne de l’attrait du modèle. Stéphane Corréard se réjouit que ces nouveaux venus ne soient pas le fruit d’un repli sur la scène locale, mais au contraire, qu’ils apportent une ouverture sur des scènes étrangères. Il cite notamment la galerie Pierre-Yves Caer spécialisée dans l’art japonais, Red Zone et son focus sur les artistes chinois, ou encore Project 31 qui met en avant les scènes africaines.

La sélection met également en lumière des galeries de spécialistes, comme celle de Michel Didier autour du livre d’artiste ou Chibam, dédiée aux artistes femmes, enrichissant ainsi la diversité des médiums et des esthétiques présentées.

L’anthologie de la scène française

Pour la deuxième année consécutive, la foire propose une section dédiée à l’histoire de l’art récente, intitulée « Anthologie de l’art français ». À travers quinze solo shows, elle met en avant des artistes historiques de la scène française, parfois injustement oubliés. L’objectif est de proposer une relecture de cette histoire en mêlant des figures représentatives de grands mouvements et des personnalités plus singulières. Cette année, les visiteurs pourront redécouvrir des œuvres de Raymoins, membre des Nouveaux Réalistes, ou de Jean-Pierre Pincemin, l’un des fondateurs de Support Surface.

Stéphane Corréard évoque également la présence d’artistes aux parcours uniques comme Robert Malaval, avec une toile monumentale rarement montrée, Marian, peintre de l’École de Paris au parcours tragique, ou encore Stan W. Heiter, graveur américain qui a marqué des générations d’artistes depuis son Atelier 17 à Paris.

Repenser le modèle des foires

La crise a, selon Stéphane Corréard, accéléré une prise de conscience collective sur les excès du marché de l’art, notamment la prolifération des foires internationales. Il observe un consensus émergent chez les professionnels pour un retour à un modèle plus raisonné : quelques très grandes foires mondiales pour les galeries d’envergure internationale, et des foires locales fortes pour animer les écosystèmes de proximité. C’est le créneau que Galeristes occupe depuis sa création, en partant du constat que les galeries à taille humaine réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires avec un cercle restreint de collectionneurs locaux.

Le salon vise précisément à aider ces galeries à élargir ce « premier cercle » en créant des liens humains forts. Le nom même de l’événement, « Galeristes », est un hommage à ces personnalités engagées qui, pour créer du lien avec leur public, doivent avant tout être présentes et accessibles.

Les références de l’épisode

  • Événements : Galeristes, Art Paris, FIAC, Documenta de Cassel
  • Lieux : Carreau du Temple (Paris), Belleville (Paris), Miami, Hong Kong
  • Galeries : Sémios, Ansarabia, Hervé Lovenbruck, Michel Didier, Pierre-Yves Caer, Red Zone, Project 31, galerie de Charles Wesley Hordé, Chibam, L’étoile scellée
  • Artistes : Raymoins, Jean-Pierre Pincemin, Robert Malaval, Marian, Stan W. Heiter, Judith Heigel, André Breton, Marinette Cueco
  • Mouvements et institutions : Nouveaux Réalistes, Support Surface, École de Paris, surréalisme, Atelier 17, Musée d’art et de l’histoire du judaïsme, Comité des galeries d’art

Au fil de l’épisode

  • La décision de maintenir la foire Galeristes comme un acte de résistance et de cohérence avec ses valeurs.
  • Le paradoxe d’annuler un salon qui promeut la proximité au moment où cette notion devient centrale.
  • Le positionnement de Galeristes face aux géants comme la FIAC et Art Paris.
  • Le slogan de l’édition : « En octobre, ne cherchez pas, nous serons là ».
  • La fidélité des exposants et du public des « passionnés ».
  • Le format de 40 galeries, un choix délibéré pour favoriser les rencontres.
  • L’arrivée de 12 nouveaux exposants, dont des galeries tournées vers les scènes internationales (Japon, Chine, Afrique).
  • La mise en avant de galeries spécialisées, comme celles dédiées au livre d’artiste ou aux artistes femmes.
  • La deuxième édition de l’« Anthologie de l’art français », une section de 15 solo shows historiques.
  • Les artistes présentés dans l’anthologie, entre figures de grands mouvements (Nouveaux Réalistes, Support Surface) et parcours singuliers.
  • L’exposition d’une œuvre monumentale de Robert Malaval, montrée pour la troisième fois seulement.
  • La redécouverte de personnalités comme Marian ou le graveur Stan W. Heiter.
  • La place des artistes femmes dans la sélection, avec Judith Heigel et Marinette Cueco.
  • La réflexion sur l’avenir des foires d’art après la crise sanitaire.
  • La critique du modèle des méga-foires internationales et de ses excès.
  • Le plaidoyer pour un retour à des foires locales, renforçant le tissu de proximité.
  • L’importance pour les galeries de développer leur clientèle locale, leur « premier cercle ».
  • L’hommage à la figure du galeriste, personnalité engagée au cœur du projet.

FAQ

Qui est Stéphane Corréard ?

Stéphane Corréard est le créateur et directeur de la foire d’art contemporain Galeristes. Présenté comme un observateur engagé du milieu de l’art, il a fondé ce salon il y a quatre ans avec la volonté de proposer un modèle alternatif aux grandes foires internationales. Il défend une vision du marché de l’art centrée sur la proximité, le soutien à l’écosystème local et la mise en valeur du rôle des galeristes.

Qu’est-ce que la foire Galeristes ?

Galeristes est une foire d’art contemporain qui se tient à Paris, au Carreau du Temple. Elle se distingue par son format volontairement intimiste, limité à 40 galeries, pour favoriser les échanges directs entre les artistes, les galeristes, les collectionneurs et le public. Sa philosophie repose sur la mise en avant de la scène française et la création de relations durables au sein de l’écosystème artistique local.

Pourquoi la foire Galeristes a-t-elle été maintenue pendant la pandémie ?

La décision de maintenir la foire a été prise car ses valeurs fondamentales — la proximité, le soutien à la scène locale, le renforcement des liens humains — semblaient plus pertinentes que jamais dans le contexte de la crise. Pour son fondateur, Stéphane Corréard, annuler aurait été un contre-sens. L’événement se voulait un signal fort et rassurant pour l’écosystème de l’art, montrant que les passionnés et les professionnels restaient mobilisés.

Qu’est-ce que l’Anthologie de l’art français ?

L’Anthologie de l’art français est une section spécifique de la foire Galeristes, composée de quinze expositions personnelles (solo shows) consacrées à des artistes historiques de la scène française des 50 à 60 dernières années. L’objectif est de faire redécouvrir des figures majeures ou des personnalités singulières, parfois oubliées, en présentant des œuvres importantes de leur carrière, comme celles de Jean-Pierre Pincemin ou Robert Malaval.

Quelle est la vision de Stéphane Corréard sur l’avenir des foires d’art ?

Stéphane Corréard estime que la crise a mis en lumière les limites du modèle des grandes foires internationales. Il plaide pour un système plus équilibré, avec d’un côté quelques événements mondiaux pour les galeries multinationales, et de l’autre, un réseau solide de foires locales. Ces dernières auraient pour mission de renforcer le tissu artistique de proximité et de permettre aux galeries à taille humaine de développer leur clientèle locale, ce qui constitue l’essentiel de leur activité.


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