Un mentorat pour corriger les inégalités
À l’origine de ce programme, un constat issu de l’Observatoire de la Mixité : alors qu’elles sont plus nombreuses dans les écoles, les femmes photographes sont moins visibles que leurs homologues masculins à mi-parcours. Pour répondre à cette disparité, l’association Les Filles de la Photo a initié le premier mentorat qui leur est dédié. Véronique Prugnaud, marraine du programme, explique que l’objectif est de les accompagner dans leur parcours de reconnaissance, en les aidant à surmonter les freins liés à l’audace ou à la difficulté de solliciter le bon réseau. L’association met à leur service la force de ses 180 membres, expertes de tout l’écosystème de la photographie.
« On s’est posé la question : pour quelle raison, en gros, il y a plus de femmes photographes dans les écoles et à mi-parcours on en voit moins publié, on en voit moins exposé, moins collectionné ? »
Accompagner cinq lauréates pendant dix mois
Le programme est structuré autour d’un appel à projet, qui se clôture le 19 juillet. Cinq lauréates seront sélectionnées en septembre pour être accompagnées pendant dix mois. Chacune sera suivie par un binôme de marraines aux profils complémentaires, l’une plus orientée vers le marché de l’art, l’autre vers le commercial. Ouvert à toutes les photographes basées en France, quel que soit leur âge, le mentorat vise à répondre à des questions précises sur un projet en cours (financement, éditing) ou sur une stratégie de carrière plus globale. Des rencontres mensuelles, possibles à distance, rythmeront l’accompagnement, qui se terminera par une restitution publique à Arles.
« On se pose toujours des questions à 40 ans, 45 ans, 50 ans, et à un moment donné, dans tous les métiers, on peut être amené à se dire : “tiens, là ça bloque, je ne sais pas très bien quoi faire”. »
Une prise de conscience éditoriale
Pour Véronique Prugnaud, son implication dans Les Filles de la Photo a été une révélation. Elle raconte comment sa participation à l’Observatoire de la Mixité a changé son regard de directrice éditoriale chez The Eyes. Elle porte désormais une attention systématique à la parité dans ses publications, ses livres et les événements qu’elle organise, comme les Artist Talks à Paris Photo. Elle reconnaît que l’inclusivité demande un effort conscient, car il est souvent plus facile de faire appel à des hommes. Cet engagement s’étend au-delà de la question des femmes, comme en témoigne le prochain numéro de la revue, préparé avec l’artiste Smith, qui portera sur le genre et la transidentité.
« D’un seul coup j’ai un regard qui a totalement changé sur la présence des femmes photographes dans nos publications, dans nos livres, dans nos projets. »
Les références de l’épisode
- L’association Les Filles de la Photo
- L’Observatoire de la Mixité
- La revue The Eyes
- Paris Photo
- La MEP (Maison Européenne de la Photographie)
- Les Rencontres d’Arles
- Vincent Martilassi
- Smith (artiste)
- Nadege Piton
- Émilie Allard (éditrice)
- « Les corps incorruptibles »
Au fil de l’épisode
- Présentation du premier mentorat pour femmes photographes par l’association Les Filles de la Photo.
- Le constat de l’Observatoire de la Mixité : les disparités de carrière entre hommes et femmes.
- L’objectif : accompagner les photographes et briser le plafond de verre à mi-parcours.
- La force du réseau des Filles de la Photo, qui regroupe 180 expertes de l’écosystème.
- Les modalités de l’appel à projet, ouvert jusqu’au 19 juillet.
- Le processus de sélection : 5 lauréates choisies par 10 marraines.
- L’organisation du mentorat : un binôme de marraines pour chaque lauréate pendant 10 mois.
- La flexibilité du programme, qui s’adapte aux photographes basées en province grâce aux outils à distance.
- L’organisation d’un point à mi-parcours pour réunir toutes les participantes.
- La restitution des projets prévue lors des Rencontres d’Arles.
- La prise de conscience de Véronique Prugnaud sur la place des femmes dans le monde de la photo.
- Son engagement pour plus d’inclusivité dans les projets éditoriaux de la revue The Eyes.
- Le travail sur le prochain numéro de The Eyes, consacré à la question du genre et de la transidentité.
- La responsabilité des acteurs du secteur (éditeurs, directeurs de festivals) pour faire évoluer les choses.
FAQ
Qui est Véronique Prugnaud ?
Véronique Prugnaud est la directrice éditoriale et du développement de la revue The Eyes. Elle est également l’une des dix marraines du premier programme de mentorat pour les femmes photographes, une initiative de l’association Les Filles de la Photo. Dans cet épisode, elle explique son engagement pour une meilleure représentation des femmes dans le monde de la photographie, un sujet qui a changé son regard sur son propre travail éditorial.
Qu’est-ce que le mentorat des Filles de la Photo ?
C’est le premier programme de mentorat dédié aux femmes photographes en France, lancé par l’association Les Filles de la Photo. Sur une durée de dix mois, cinq lauréates sont accompagnées par un binôme de marraines expertes de l’écosystème de la photo. L’objectif est de les aider à développer un projet, à surmonter des blocages de carrière et à gagner en visibilité, en s’appuyant sur un réseau professionnel solide.
Pourquoi ce programme de mentorat a-t-il été créé ?
Le programme a été créé suite aux conclusions de l’Observatoire de la Mixité, qui a mis en évidence une forte disparité entre les hommes et les femmes photographes. Alors que les femmes sont majoritaires dans les écoles de photographie, elles sont moins exposées, publiées et collectionnées au cours de leur carrière. Le mentorat vise à corriger ce déséquilibre en offrant un accompagnement ciblé pour les aider à franchir les obstacles.
Comment fonctionne l’accompagnement des lauréates ?
Chaque lauréate est suivie par un binôme de marraines, l’une ayant un profil orienté marché de l’art et l’autre un profil plus commercial. Elles se rencontrent une fois par mois pendant dix mois pour travailler sur un projet en cours ou sur une stratégie de carrière. Le programme, qui peut se faire à distance, inclut également la mise en relation avec d’autres professionnels du secteur et se conclura par une restitution à Arles.

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