Portrait de Frédérique Founès, invitée du podcast 9 Lives Magazine pour parler de la crise du Covid-19.

Covid-19 et les agences : Rencontre avec Frédérique Founès de Signatures, maison de photographes

Un arrêt brutal

L’impact de la crise sanitaire du Covid-19 a été immédiat et violent pour l’agence Signatures, raconte sa directrice Frédérique Founès. Du jour au lendemain, toutes les commandes et les projets d’exposition se sont annulés. Certaines manifestations importantes, comme une grande exposition de Laurent Monahue pour Clarins sur le toit de la Grande Arche de la Défense, ont heureusement pu être décalées. Mais pour les commandes d’entreprises, l’arrêt a été total, leurs besoins en communication étant complètement bouleversés et les conditions de sécurité impossibles à garantir.

Cette interruption s’est traduite par une chute drastique du chiffre d’affaires : Frédérique Founès l’estime à environ 60 % de perte pour le mois de mars, et jusqu’à 70 à 80 % pour avril et mai. Si la trésorerie a pu tenir au début, elle anticipe que les conséquences financières se feront durement sentir durant l’été et l’automne suivants.

S’adapter pour survivre

Face à la crise, l’agence a dû s’adapter en se recentrant sur son activité de presse, le seul secteur encore réactif. Les photographes de l’agence ont continué à produire des images sur le coronavirus, que Signatures s’est attachée à diffuser. Frédérique Founès distingue trois types de réactions chez les photographes : certains, sidérés, ont cessé de créer ; d’autres ont produit des journaux de leur confinement ; d’autres enfin sont sortis documenter la rue et les actions de solidarité. Le mot d’ordre était que chacun conserve sa propre écriture, ce qui a donné lieu à une production riche et pertinente.

La reprise s’annonce lente et frileuse. Si des contacts reprennent, les projets concrets sont souvent décalés à la rentrée de septembre ou octobre, voire à 2021 pour un retour à la normale. Selon elle, cette crise va surtout accélérer la transition numérique, avec un développement des créations conçues pour être diffusées en ligne.

Repenser le soutien au secteur

Frédérique Founès évoque les aides gouvernementales, qu’elle juge compliquées et peu adaptées aux réalités du terrain. Son agence n’a pas pu bénéficier de l’aide de 1500 euros et a dû se tourner vers un prêt garanti par l’État pour payer ses charges fixes. Elle souligne aussi que les aides aux photographes étaient mal conçues, car basées sur des revenus mensuels alors que leur chiffre d’affaires est par nature très irrégulier.

En tant que présidente du CLAP, elle estime que l’avenir ne réside pas dans l’assistanat, mais dans une réflexion de fond sur la valorisation de la production photographique. Plutôt que des quotas, elle plaide pour une « solidarité nationale » initiée par l’État, qui inciterait les institutions et la presse à porter un regard plus bienveillant sur les photographes qui produisent en France. L’enjeu est de rééquilibrer un système où ils sont souvent « moins vus, moins montrés, payés différemment » que leurs confrères étrangers.

Les références de l’épisode

  • Signatures, maison de photographes
  • Clarins
  • Grande Arche de la Défense
  • Laurent Monahue
  • Michel Semignaco
  • CLAP (organisation professionnelle)

Au fil de l’épisode

  • L’impact immédiat de la crise sanitaire sur l’agence Signatures : annulations et reports.
  • L’exemple de l’exposition de Laurent Monahue pour Clarins à la Grande Arche.
  • Les trois types de réactions des photographes face au confinement.
  • La réorientation stratégique de l’agence vers la diffusion d’images pour la presse.
  • L’estimation de la perte de chiffre d’affaires, jusqu’à 80 % en avril et mai 2020.
  • Le recours au prêt garanti par l’État pour préserver la trésorerie de l’entreprise.
  • Les difficultés rencontrées par les agences et les photographes pour bénéficier des aides d’urgence.
  • Les perspectives d’une reprise d’activité lente, envisagée pour la rentrée de septembre ou 2021.
  • L’accélération de la transition numérique comme conséquence de la crise.
  • Sa réflexion en tant que présidente du CLAP sur l’avenir du secteur photographique.
  • Le plaidoyer pour une meilleure valorisation de la production photographique française.
  • La nécessité de rééquilibrer la visibilité et la rémunération des photographes travaillant en France.

FAQ

Qui est Frédérique Founès ?

Frédérique Founès est la directrice de Signatures, maison de photographes. Dans cet épisode, elle analyse l’impact de la crise du Covid-19 sur son agence et plus largement sur le secteur de la photographie en France. Elle s’exprime également en tant que présidente du CLAP, une organisation professionnelle du secteur, pour réfléchir aux solutions d’avenir.

Quel a été l’impact du Covid-19 sur l’agence Signatures ?

L’impact a été immédiat et sévère. L’agence a fait face à des annulations en série de commandes et au report de projets d’expositions. Frédérique Founès estime la perte de chiffre d’affaires à 60 % en mars 2020, et jusqu’à 80 % en avril et mai. Cette situation a contraint l’agence à se réorienter temporairement vers la diffusion d’images pour la presse.

Comment les photographes ont-ils vécu le confinement ?

Selon Frédérique Founès, les réactions ont été variées. Certains photographes ont été sidérés par la situation et ont cessé de produire. D’autres ont profité de cette période pour travailler sur leur propre confinement à domicile, créant de véritables journaux intimes. Enfin, une troisième catégorie a continué à sortir pour documenter la vie dans les rues et les opérations de solidarité.

Quelles solutions l’agence a-t-elle envisagées pour faire face à la crise ?

Pour surmonter les graves difficultés de trésorerie attendues, l’agence Signatures a décidé de solliciter un prêt garanti par l’État. Sur le plan de l’activité, elle s’est recentrée sur la diffusion d’images pour la presse, qui était alors le seul secteur demandeur de contenus visuels liés à la crise sanitaire produite par les photographes de l’agence.

Quelle est la vision de Frédérique Founès pour l’avenir de la photographie ?

Elle estime que la crise va accélérer la transition du secteur vers le numérique. Au-delà des aides financières ponctuelles, elle plaide pour un soutien plus structurel, qui passerait par une meilleure valorisation de la production photographique réalisée en France. Elle appelle à une forme de « solidarité nationale » pour donner plus de visibilité et de légitimité à ces photographes.


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