Un collectif sous cloche
Thierry Ardouin dresse un constat sans appel de l’impact de la crise sanitaire sur le collectif Tendance Floue. Dès les premiers mois, l’activité a été frappée de plein fouet, avec une baisse de chiffre d’affaires de 50 % puis 75 %. Cette situation a contraint le collectif à mettre son unique salariée en chômage partiel et à faire face à une aggravation des retards de paiement, un problème récurrent dans la profession. Selon lui, les aides gouvernementales comme le fonds de solidarité, bien que nécessaires, se sont avérées insuffisantes et mal adaptées aux spécificités du statut d’auteur, nécessitant l’intervention des syndicats pour faire valoir les droits des photographes.
« Les mois qui viennent vont sans aucun doute être extrêmement difficiles », confie-t-il, soulignant l’incertitude qui pèse sur l’ensemble de la chaîne économique.
La force du collectif face à l’incertitude
La crise est venue aggraver une précarité déjà bien installée, comme l’avait souligné le rapport Racine quelques mois plus tôt. Pour Tendance Floue, les conséquences sont concrètes : une exposition majeure prévue aux Rencontres d’Arles, marquant leur grand retour dans le programme officiel, a été annulée, et la sortie d’un livre aux éditions Vuitton reportée. D’autres projets, comme l’exposition Azimuth, ont été décalés. Malgré ce contexte difficile, les photographes du collectif ont continué à produire des images, documentant cette période inédite, fidèles à leur ADN.
Face à l’avenir, Thierry Ardouin exprime son inquiétude mais réaffirme sa confiance dans le modèle du collectif, créé en 1991. « On pensait qu’on était plus forts [ensemble]. On l’a prouvé. […] On croit dans ce qu’on fait et dans ce qu’on produit et ça, ça va continuer à nous porter, je pense. »
Les références de l’épisode
- Le collectif Tendance Floue
- Le rapport Racine sur les artistes-auteurs
- Les Rencontres d’Arles
- Le projet collectif Azimuth
- Le musée Nicéphore-Niépce (Chalon-sur-Saône)
- Les Photonales de Beauvais
- Les éditions Vuitton
- Les éditions Textuel
- Prestalis
- L’AGESSA et l’URSSAF
Au fil de l’épisode
- L’impact économique immédiat de la crise sanitaire sur Tendance Floue : une chute de 50 à 75 % du chiffre d’affaires.
- Le recours au chômage partiel pour l’unique salariée et l’aggravation des retards de paiement.
- Les aides gouvernementales : un fonds de solidarité jugé insuffisant et inadapté au statut d’auteur.
- La complexité administrative pour faire reconnaître les spécificités du métier de photographe.
- La précarité structurelle de la profession, déjà soulignée par le rapport Racine avant la crise.
- L’effondrement de la presse écrite, un secteur en difficulté depuis des années, avec l’exemple de Prestalis.
- L’annulation d’une exposition majeure aux Rencontres d’Arles et le report d’une sortie de livre.
- Le projet collectif « Azimuth » : une exposition reportée à Chalon-sur-Saône, une autre maintenue à Beauvais.
- La manière dont les photographes du collectif ont continué à documenter le monde malgré le confinement.
- L’inquiétude pour l’avenir, mais la confiance renouvelée dans la force du collectif, fondé en 1991.
FAQ
Qui est Thierry Ardouin ?
Thierry Ardouin est un photographe et le gestionnaire du collectif Tendance Floue, qu’il a co-fondé en 1991. Dans cet épisode, il témoigne de l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 sur son collectif et plus largement sur la profession de photographe-auteur. Il y aborde les difficultés économiques, les aides de l’État et les perspectives d’avenir pour le secteur.
Qu’est-ce que le collectif Tendance Floue ?
Tendance Floue est un collectif de photographes créé en 1991. Comme l’explique Thierry Ardouin, sa force réside dans la mutualisation et le soutien entre ses membres pour traverser les crises. Le collectif mène des projets communs, comme « Azimuth », et individuels, mais a été fortement impacté par la crise du Covid-19, avec une baisse de chiffre d’affaires allant jusqu’à 75 %.
Quel a été l’impact du Covid-19 sur les photographes selon Thierry Ardouin ?
La crise a eu un impact économique dévastateur, avec une chute des revenus et l’annulation de nombreux projets culturels comme des expositions aux Rencontres d’Arles. Elle a aggravé une précarité déjà existante, mise en lumière par le rapport Racine. Thierry Ardouin souligne aussi que les aides gouvernementales n’étaient pas adaptées aux spécificités du statut d’auteur photographe.
Qu’est-ce que le rapport Racine ?
Mentionné par Thierry Ardouin, le rapport Racine est un document publié en janvier, juste avant la crise sanitaire, qui dresse un état des lieux « hallucinant et extrêmement inquiétant » de la situation des artistes-auteurs en France. Selon lui, peu de propositions de ce rapport ont été prises en compte par le ministère de la Culture, laissant la profession particulièrement démunie face à la crise.

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