Un arrêt brutal et généralisé
Pauline Sain, directrice de Magnum Photos à Paris, dresse un constat sans appel de l’impact de la crise sanitaire du Covid-19. Dès les premières semaines, l’agence a subi un coup d’arrêt sur la quasi-totalité de ses activités. Le secteur culturel a été le premier touché avec la fermeture des musées, entraînant le report ou l’annulation de nombreux projets d’expositions. L’activité commerciale et corporate, reposant sur des shootings et des déplacements internationaux, s’est également effondrée. La galerie parisienne a dû fermer ses portes à la veille d’un vernissage, et le pôle éducation, mené en partenariat avec l’école SPEOS, a été fortement perturbé par le départ des étudiants étrangers.
Financièrement, les conséquences sont directes et sévères : une baisse de facturation de 50 % le premier mois, suivie d’une chute de 75 % le mois suivant.
Réinventer l’avenir dans la crise
Face à cette situation inédite, Magnum Photos a dû prendre des mesures drastiques, notamment le recours au chômage partiel pour ses équipes dès le deuxième mois de confinement. L’agence a toutefois cherché à maintenir certains projets de fond, comme l’immense chantier de numérisation de ses archives analogiques, soutenu par le ministère de la Culture. Selon Pauline Sain, cette crise agit comme un puissant accélérateur de la transformation digitale de l’agence. La nécessité a poussé à développer des contenus éducatifs en ligne et à réfléchir à une professionnalisation des formats virtuels, comme les visites d’exposition ou les captations vidéo.
« On aimerait bien d’ici la fin 2020 sur internet développer une solution de click and buy. » Cette ambition de lancer une véritable galerie en ligne illustre la volonté de Magnum de repenser ses modèles. Les premiers signaux de reprise, bien que timides, viennent du marché chinois, où les contacts reprennent avec les institutions et les entreprises.
Les références de l’épisode
- Magnum Photos
- SPEOS (école de photographie)
- Paolo Pellegrin
- Rencontres de la photographie d’Arles
- Exposition « Open for Business »
- Marc Power
- Deutsche Börse Foundation
- Fohm (musée)
- Ministère de la Culture
Au fil de l’épisode
- L’impact immédiat de la crise sur les activités culturelles de Magnum : expositions reportées ou annulées.
- L’arrêt quasi total des commandes corporate et commerciales, basées sur les shootings.
- La fermeture de la galerie parisienne à la veille d’un vernissage sur le thème de la montagne.
- Les difficultés du pôle éducation, avec le départ des étudiants étrangers du programme en partenariat avec SPEOS.
- La poursuite de l’activité éditoriale : les photographes de l’agence ont continué à documenter le confinement.
- La chute drastique du chiffre d’affaires : -50% le premier mois, -75% le second.
- Les mesures prises pour faire face : chômage partiel et maintien des projets de fond comme la numérisation des archives.
- Les premiers signes de reprise de l’activité observés sur le marché chinois.
- La crise comme accélérateur de la transformation digitale : développement de l’éducation en ligne et projet de galerie « click and buy ».
- Le cas de l’exposition « Open for Business », prévue pour les Rencontres d’Arles et annulée, qui explorait le travail de commande dans l’histoire de Magnum.
FAQ
Qui est Pauline Sain ?
Pauline Sain est la directrice du bureau de Paris de la prestigieuse agence de photographes Magnum Photos. Dans cet épisode, elle témoigne de la manière dont l’agence a traversé la crise sanitaire du Covid-19, en détaillant les impacts sur les différentes activités et les stratégies mises en place pour y faire face.
Quel a été l’impact de la crise du Covid-19 sur Magnum Photos ?
La crise a provoqué un arrêt brutal de la plupart des activités de l’agence. Le secteur culturel (expositions), commercial (commandes d’entreprises) et la galerie ont été stoppés net. L’activité éditoriale a continué, mais avec des revenus moindres. L’impact financier a été très lourd, avec une chute de la facturation allant jusqu’à 75% durant le confinement.
Comment l’agence Magnum Photos a-t-elle réagi à la crise ?
Pour surmonter la crise, l’agence a eu recours au chômage partiel pour ses salariés. En parallèle, elle a maintenu des projets de long terme, comme la numérisation de ses archives. Surtout, la situation a accéléré sa transition digitale, avec le développement de formations en ligne et le projet de créer une véritable galerie de vente en ligne.
Qu’est-ce que l’exposition « Open for Business » ?
« Open for Business » est une grande exposition sur laquelle Magnum Photos travaillait depuis deux ans pour les Rencontres d’Arles. Elle visait à explorer et revaloriser le travail de commande dans l’histoire de l’agence, en montrant comment ces projets ont pu nourrir la pratique personnelle des photographes. L’exposition a été annulée à Arles en raison de la crise sanitaire.
La crise sanitaire a-t-elle accéléré la transformation digitale de Magnum ?
Oui, très clairement. Pauline Sain explique que la crise a agi comme un « accélérateur ». Face à l’impossibilité de maintenir des activités physiques, l’agence a dû développer rapidement des solutions en ligne pour l’éducation et réfléchir à des formats plus qualitatifs pour la diffusion digitale, comme les visites virtuelles ou une future plateforme de vente en ligne.

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