Portrait de Philippe Guionie, invité du podcast 9 Lives Magazine pour parler de la Résidence 1+2

Covid-19 et Photographie : Rencontre avec Philippe Guionie « La Résidence 1+2 repensée »

Une résidence à l’épreuve du confinement

Philippe Guionie, directeur de la Résidence 1+2 à Toulouse, raconte comment la cinquième édition du programme a été frappée de plein fouet par le confinement de mars 2020. Les artistes invités — le photographe de renom Emmerich Luisset et les jeunes talents Colline Jourdan et Lucia Pellufo, accompagnés de la vidéaste Pauline Brouli — venaient à peine d’arriver. Plutôt que d’annuler, la décision a été prise collectivement de poursuivre l’aventure en mode confiné. Il explique le défi que cela représentait, une résidence étant avant tout fondée sur la relation humaine et le travail de terrain. La situation a été d’emblée compliquée par le fait qu’Emmerich Luisset, bloqué à Paris, a contracté le Covid-19, l’empêchant de rejoindre physiquement le groupe.

« La facilité aurait été d’annuler et de reporter », confie-t-il, mais l’équipe a choisi de « garder le cap » et de s’adapter pour sauver cette édition.

Créer malgré tout

Confinés ensemble dans un lieu à la campagne, les artistes ont dû repenser leurs projets, initialement axés sur l’écologie politique et l’anthropocène. Les interactions avec la communauté scientifique, qui sont la spécificité de la Résidence 1+2, se sont poursuivies à distance. Philippe Guionie décrit cette période comme « l’impossible résidence », où son rôle s’est mué en celui d’un accompagnateur à distance, témoin de dynamiques inédites comme la correspondance « Chronique d’un huis clos » publiée sur les réseaux sociaux. Il insiste sur la solidarité de la structure, qui a maintenu tous ses engagements financiers pour ne pas infliger une « double peine » aux photographes déjà fragilisés par la crise.

Pour lui, cette épreuve a obligé chacun à « aller plus à l’essentiel » et a renforcé sa conviction que la photographie, en dialogue avec la science, a un rôle crucial à jouer pour éclairer les enjeux contemporains.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Emmerich Luisset, Colline Jourdan, Lucia Pellufo, Pauline Brouli, Hida Jacobs, Maxime Matisse, Myriam Karim, Catherine Jandel.
  • Institutions : Résidence 1+2, École Louis Lumière, CNRS Occitanie Ouest, Clinique Pasteur, IRIT (Institut de Recherche en Informatique de Toulouse), Muséum de Toulouse.
  • Lieux : Toulouse, Région Occitanie.
  • Projet : « Chronique d’un huis clos ».
  • Concepts : Anthropocène, écologie politique.

Au fil de l’épisode

  • La décision de maintenir la 5e édition de la Résidence 1+2 malgré le confinement.
  • Présentation du trio d’artistes 2020 : Emmerich Luisset, Colline Jourdan et Lucia Pellufo.
  • Les difficultés initiales : Emmerich Luisset bloqué à Paris et atteint par le Covid-19.
  • Le choix de confiner les artistes ensemble à la campagne, près de Toulouse.
  • La réinvention des projets autour de l’écologie politique et de l’anthropocène.
  • Maintenir le lien à distance entre les photographes et la communauté scientifique.
  • La prolongation de la résidence en juin pour permettre un travail sur le terrain.
  • Le rôle de directeur à distance : accompagner et observer « l’impossible résidence ».
  • « Chronique d’un huis clos » : une correspondance publique née de la vie en confinement.
  • La solidarité financière : maintenir les rémunérations pour éviter la « double peine » aux artistes.
  • L’impact de la crise sur les autres programmes de la résidence, comme les « résidences factory ».
  • Le report de projets avec les artistes Hida Jacobs, Maxime Matisse et Myriam Karim.
  • L’importance du conventionnement avec les collectivités pour la survie de la structure.
  • La conviction que le dialogue entre photographie et science est plus pertinent que jamais.
  • Réflexion sur l’avenir : la crise comme une alerte pour changer nos manières de concevoir et montrer l’art.
  • L’espoir que les politiques culturelles soutiendront davantage les artistes auteurs à l’avenir.

FAQ

Qui est Philippe Guionie ?

Philippe Guionie est le directeur de la Résidence 1+2 à Toulouse, un programme artistique qui associe la photographie et les sciences. Dans cet épisode, il explique comment il a dû adapter la cinquième édition de la résidence face à la crise du Covid-19 et au confinement. Il partage sa vision d’un art en prise avec les enjeux contemporains et sa conviction du rôle essentiel des photographes pour éclairer notre société.

Qu’est-ce que la Résidence 1+2 ?

La Résidence 1+2 est un programme annuel se déroulant à Toulouse qui invite un trio d’artistes — un photographe de renom et deux jeunes talents — à créer pendant deux mois. Sa spécificité est de faire dialoguer la photographie avec les sciences, toutes disciplines confondues. Les artistes collaborent avec des chercheurs, notamment du CNRS, sur des thématiques comme l’écologie politique ou l’anthropocène, pour produire un corpus d’œuvres original.

Comment la Résidence 1+2 a-t-elle été adaptée pendant le confinement ?

Face au confinement de 2020, la résidence a été maintenue mais entièrement repensée. Les artistes ont été confinés ensemble à la campagne et ont poursuivi leurs échanges avec les scientifiques à distance. Les projets ont été réadaptés, et une phase de travail sur le terrain a été reportée en juin. La structure a assuré un soutien financier continu aux artistes pour leur permettre de traverser cette période difficile et de poursuivre leur travail créatif.

Pourquoi le lien entre photographie et science est-il important dans ce projet ?

Pour Philippe Guionie, associer photographie et science permet d’être au plus près des grandes réflexions sociétales sur l’environnement, le climat ou le médical. Il est convaincu que les photographes peuvent apporter une contribution essentielle à la compréhension des enjeux contemporains. La crise sanitaire a, selon lui, renforcé la pertinence de ce dialogue, montrant que les sciences et les arts sont nécessaires pour apporter des réponses aux défis actuels.


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