Portrait du photographe Laurent Ferrière, invité du podcast 9 Lives Magazine

Covid-19 et les photographes : Entretien avec Laurent Ferrière

Un métier en équilibre

Laurent Ferrière se présente comme un photographe de presse pigiste, une activité qui représente 70 % de ses revenus. Installé dans le sud-ouest de la France, il collabore avec l’ensemble de la presse nationale, quotidienne comme mensuelle. Il explique la particularité de son statut : bien que pigiste, il est rémunéré en salaire, que ce soit pour une pige à 70 euros ou à 2000 euros. Ses revenus sont complétés par du travail pour des entreprises (corporate), de la vente de tirages en galerie et de la formation, notamment au sein d’un diplôme universitaire à Carcassonne.

Avant la crise, il estime que les photographes de région « s’en sortent bien ». Les rédactions parisiennes préfèrent faire appel à des photographes locaux, qui connaissent le territoire et ses acteurs, plutôt que d’envoyer quelqu’un depuis la capitale. « On a cette chance de bien connaître nos territoires. Et les médias apprécient. »

La crise, un accélérateur de mutations

La crise sanitaire du Covid-19 a provoqué une « baisse redoutable de commandes », réduisant son activité à seulement 10 %. Si les photographes situés au cœur de la pandémie ont pu continuer à travailler, les régions moins touchées ont vu les commandes s’effondrer. Face à cette situation, Laurent Ferrière raconte la mobilisation des syndicats, comme le SNJ, pour que les pigistes, initialement oubliés des dispositifs d’aide, puissent bénéficier du chômage partiel. Une bataille qui a duré plus d’un mois mais qui a fini par aboutir.

Cette période de confinement est aussi l’occasion de préparer l’avenir. Il passe son temps à indexer ses archives, à échanger avec ses confrères et à réfléchir à de nouveaux sujets. Pour lui, cette crise est « l’occasion jamais » de repenser le modèle économique de la presse en ligne et d’imaginer de nouvelles manières de rémunérer les photographes. Il appelle à « baisser les barrières » entre les différentes chapelles du métier pour travailler ensemble à des solutions d’avenir.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Wilfrid Esteve, Jean-Christophe Millet, Eric Bouvet, Pierre Morel.
  • Médias et agences : La Croix, Vice, Luma, Hans Luca, SipaparSipapres, Les Jours.
  • Organisations : SNJ (Syndicat National des Journalistes), UPP (Union des Photographes Professionnels).
  • Événements : Visa pour l’image.
  • Formation : Diplôme universitaire de photographie documentaire à Carcassonne.

Au fil de l’épisode

  • Présentation de son activité de photographe : 70 % pour la presse, complétée par du corporate, des ventes de tirages et de la formation.
  • La particularité du statut de pigiste, rémunéré en salaire.
  • L’avantage d’être un photographe implanté en région pour les commandes de la presse nationale.
  • L’impact brutal de la crise sanitaire : une activité réduite à 10 % en raison de la chute des commandes.
  • La différence de situation entre les régions au cœur de la pandémie et les autres, moins sollicitées.
  • Le combat des syndicats de journalistes pour obtenir le chômage partiel pour les pigistes.
  • Le constat que les pigistes ont été les grands oubliés des premières aides annoncées par le gouvernement.
  • L’occupation de son temps pendant le confinement : indexation d’archives, préparation de futurs sujets et entraide entre confrères.
  • La réflexion sur la nécessité d’inventer de nouveaux modèles économiques pour la presse en ligne.
  • L’appel à l’unité entre les différentes organisations de photographes pour faire face aux défis du métier.

FAQ

Qui est Laurent Ferrière ?

Laurent Ferrière est un photographe de presse pigiste basé dans le sud-ouest de la France. Son activité principale, qui représente 70 % de ses revenus, consiste à collaborer avec la presse nationale. Il complète ses revenus par du travail pour des entreprises (corporate), la vente de tirages d’art en galerie et des interventions en tant que formateur, notamment dans un diplôme universitaire à Carcassonne.

Quel a été l’impact de la crise du Covid-19 sur les photographes pigistes ?

La crise sanitaire a provoqué une chute drastique des commandes, réduisant l’activité de Laurent Ferrière à environ 10 %. Les sujets non liés au virus ont été mis en pause, affectant particulièrement les photographes dans les régions moins touchées par la pandémie. Beaucoup ont dû se reposer sur leurs archives et faire face à une grande incertitude financière en attendant la reprise.

Quelles aides les photographes pigistes ont-ils obtenues pendant la crise sanitaire ?

Après avoir été initialement oubliés des dispositifs gouvernementaux, les photographes pigistes ont obtenu le droit au chômage partiel. Cette avancée a été le résultat d’une mobilisation de plus d’un mois menée par les syndicats de journalistes, comme le SNJ, qui ont fait pression sur le ministère pour que leur situation soit prise en compte et qu’un décret officiel soit publié.

Comment Laurent Ferrière envisage-t-il l’avenir de la profession ?

Il voit cette période de crise comme une opportunité pour innover et inventer de nouveaux modèles économiques, notamment pour la presse en ligne qui peine à rémunérer correctement les photographes. Il estime qu’il est crucial que les différentes organisations professionnelles (syndicats, associations) dépassent leurs clivages pour travailler ensemble à des solutions pour l’avenir du métier.


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