Portrait de Simon Baker, directeur de la Maison Européenne de la Photographie

Rencontre avec Simon Baker, directeur de la MEP, à l’heure du coronavirus

Gérer l’urgence

Dès le début de la crise sanitaire et l’annonce du confinement, la priorité de Simon Baker a été de s’occuper de son équipe à la Maison Européenne de la Photographie. Il raconte comment les premiers jours ont été consacrés à s’assurer que chaque membre du personnel était en sécurité, en télétravail ou en arrêt pour s’occuper de sa famille. La direction de la MEP a travaillé en lien étroit avec la Ville de Paris et les affaires culturelles pour prendre les décisions qui s’imposaient, notamment la fermeture du lieu et l’annulation ou le report des événements prévus.

Face à une situation inédite, l’incertitude sur la durée de la fermeture — quinze jours ou deux mois — a obligé l’institution à envisager plusieurs scénarios, en attendant les directives officielles.

L’art au temps du confinement

Plutôt que de se précipiter, la MEP a choisi de laisser passer quelques jours avant de lancer une programmation numérique enrichie, le temps pour chacun de s’organiser. Simon Baker détaille la stratégie mise en place sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram, avec la participation de l’artiste Erwin Wurm, dont l’exposition a été interrompue par la fermeture. L’artiste a ainsi été invité à créer du contenu depuis son atelier, faisant écho à ses propres œuvres sur l’ennui et l’isolement. L’objectif est double : offrir un divertissement culturel au public confiné et préparer la réouverture.

Au-delà de l’impact économique sur le marché de l’art, Simon Baker voit dans cette crise une occasion de réfléchir à de nouvelles habitudes. Il estime que cette période d’isolement pourrait paradoxalement nourrir la créativité des artistes et nous amener à repenser nos modes de travail et de consommation de la culture, avec peut-être moins de déplacements internationaux et une redécouverte de la scène locale. « Peut-être qu’on va trouver les moyens de travailler à la distance, d’avoir l’habitude de le faire. Et après la fin de la crise, peut-être qu’on va garder les habitudes. »

Les références de l’épisode

  • MEP (Maison Européenne de la Photographie)
  • Christophe Gira (adjoint à la culture de la Ville de Paris)
  • Erwin Wurm (artiste dont l’exposition était en cours à la MEP)
  • La Tate (mentionnée « La Tête » dans l’épisode)
  • Art Basel
  • Miami Basel
  • Instagram
  • FaceTime
  • WeChat

Au fil de l’épisode

  • La priorité de la MEP face à la crise : la protection de l’équipe et la mise en place du télétravail.
  • La gestion des annulations d’événements en coordination avec la Ville de Paris.
  • La stratégie de communication numérique pour garder le lien avec le public pendant la fermeture.
  • La collaboration avec l’artiste Erwin Wurm pour créer du contenu exclusif depuis son atelier.
  • Le rôle de l’art et de la culture comme refuge et outil de réflexion en temps de crise.
  • L’impact paradoxal du confinement : un coup dur pour le marché de l’art, mais une potentielle source de créativité pour les artistes.
  • Réflexions personnelles sur l’isolement, le renforcement des liens sociaux à distance et le sens de la communauté.
  • La crise comme un possible accélérateur de changements durables dans les habitudes de travail et de consommation culturelle, avec un impact écologique positif.

FAQ

Qui est Simon Baker ?

Simon Baker est le directeur de la MEP (Maison Européenne de la Photographie) à Paris. Dans cet épisode, il s’exprime sur la manière dont il a piloté l’institution culturelle au tout début de la crise sanitaire du coronavirus, en conciliant la sécurité de son équipe et la continuité du lien avec le public.

Comment la MEP a-t-elle géré le début de la crise du coronavirus ?

Dès l’annonce du confinement, la MEP a priorisé la santé et la sécurité de son personnel, en organisant le télétravail et les arrêts nécessaires. La direction a immédiatement annulé ou reporté les événements programmés et a travaillé en étroite collaboration avec les services culturels de la Ville de Paris pour gérer la fermeture de l’établissement.

Quelle a été la stratégie numérique de la MEP pendant le confinement ?

La MEP a choisi d’augmenter sa présence sur les réseaux sociaux, notamment Instagram. L’institution a collaboré avec des artistes, comme Erwin Wurm dont l’exposition était en cours, pour proposer des contenus originaux et maintenir un lien culturel et pédagogique avec son public, en attendant de pouvoir rouvrir ses portes.

Quel impact la crise sanitaire pourrait-elle avoir sur le monde de l’art selon Simon Baker ?

Selon Simon Baker, si la crise a un impact immédiat et grave sur le marché de l’art, elle pourrait aussi stimuler la créativité des artistes. Il espère que cette période imposée de sobriété dans les déplacements internationaux amènera à repenser nos habitudes et à reconstruire un écosystème de l’art plus local et plus respectueux de l’environnement.


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