Portrait du photographe Yoann Rivet, invité du podcast Photo de Paysage et Animalière

Photographier, préparer un voyage en Islande avec Yoann Rivet ! Patie 1 PAP #1

Des Alpes à la photographie

C’est depuis la fenêtre de sa chambre en Haute-Savoie, avec une vue imprenable sur le Jura, que Yoann Rivet a commencé à cultiver son regard. Fasciné par les lumières et les nuages des fins de journée, il passe du dessin à la photographie pour immortaliser ces paysages. La nature devient son sujet de prédilection, une passion qui le conduit à se lancer comme photographe à son compte il y a deux ans. Pour vivre de son art, il a dû se diversifier, explorant la photo de rue, le portrait ou encore l’architecture, mais le paysage reste son « grand amour ».

Grand cinéphile, il avoue que son œil est particulièrement sensible à la photographie dans les films, une source d’inspiration constante pour son propre travail.

L’appel de l’Islande

L’Islande est une évidence pour Yoann Rivet, qui s’y est rendu huit fois entre 2011 et 2017. Son attirance pour le Grand Nord remonte à un voyage en Scandinavie durant son enfance. Plus tard, un reportage sur Arte présentant l’Islande comme un pays à l’autonomie énergétique totale grâce à la géothermie finit de le convaincre. Passionné par les volcans et la mythologie viking, dont les récits ont été préservés sur l’île, il part à l’aventure, certain d’y trouver des paysages uniques.

Sa première impression est un choc : une terre stérile, sans arbres, sous un crépuscule qui semble ne jamais finir. Une atmosphère radicalement différente des forêts scandinaves, qui le marque profondément.

Préparer son voyage photo

Pour un premier voyage en Islande, Yoann Rivet déconseille les extrêmes de l’été et de l’hiver. Il recommande plutôt les mi-saisons, comme début septembre à mi-octobre ou début avril à mi-mai. Ces périodes permettent d’avoir de vraies nuits, et donc une chance d’observer des aurores boréales, tout en bénéficiant de conditions météorologiques plus clémentes. Il insiste sur le climat très changeant de l’île, où la météo peut basculer en quelques minutes. « Si la météo ne te plaît pas, attends cinq minutes », résume un dicton local.

Pour éviter les foules qui envahissent les sites les plus célèbres comme le Landmannalaugar, il conseille d’explorer des régions alternatives tout aussi spectaculaires, comme le massif du Kerlingarfjöll. Pour un séjour plus court, la péninsule de Snaefellsnes, à l’ouest, offre un incroyable condensé des paysages islandais.

Matériel et technique sur le terrain

Côté matériel, Yoann Rivet préconise de couvrir les deux extrêmes : un objectif ultra grand-angle (type 16-24 mm) et un téléobjectif (comme un 70-200 mm ou un 100-400 mm) pour isoler des détails dans les vastes paysages ou réaliser des panoramas. L’accessoire le plus crucial, selon lui, est un trépied très lourd et stable. Le vent peut être si violent qu’il est indispensable de pouvoir lester son trépied, par exemple en y suspendant son sac à dos, pour garantir la netteté des images, notamment en pose longue.

Il est également un fervent défenseur des filtres, qu’il juge essentiels pour maîtriser les forts contrastes entre les sols volcaniques très sombres et les ciels souvent très clairs. L’utilisation de filtres dégradés lui permet de capturer une scène équilibrée dès la prise de vue, une philosophie qu’il préfère aux techniques de fusion d’expositions (HDR) en post-traitement.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : J.R.R. Tolkien, Jules Verne, Alfred Hitchcock, Sylvain de Mon petit réflexe.
  • Lieux : Islande, Haute-Savoie, Saint-Julien-en-Genevoix, Jura, Suisse, Scandinavie, Norvège, Tasmanie, Nouvelle-Zélande, Reykjavik, Landmannalaugar, massif du Kerlingarfjöll, péninsule de Snaefellsnes, Groenland.
  • Œuvres : Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock.
  • Entités : Arte, Tamron.
  • Volcans et glaciers : Eyjafjallajökull, Laki, Snaefellsjökull, Vatnajökull.
  • Faune : renard polaire, macareux moine (puffin), sterne arctique.

Au fil de l’épisode

  • Présentation de Yoann Rivet, son parcours de photographe en Haute-Savoie.
  • Ses débuts en photographie, inspirés par les paysages du Jura.
  • Sa diversification professionnelle pour vivre de sa passion.
  • Son histoire d’amour avec l’Islande, où il s’est rendu huit fois.
  • Les origines de sa fascination pour le Grand Nord et la mythologie viking.
  • Le choc de son premier contact avec les paysages lunaires et sans arbres de l’île.
  • Quelle est la meilleure saison pour un premier voyage photo en Islande ?
  • Les avantages des mi-saisons pour voir des aurores boréales et éviter la foule.
  • La météo islandaise : un climat imprévisible et physiquement éprouvant.
  • Pourquoi un ciel nuageux est souvent un atout pour le photographe de paysage.
  • Conseils pour explorer l’île et l’importance d’un véhicule 4×4.
  • Le lagon glaciaire de Jökulsárlón et le glacier Vatnajökull.
  • Astuce pour des photos uniques : une sortie en Zodiac au milieu des icebergs.
  • Comment éviter la sur-fréquentation de certains sites comme le Landmannalaugar.
  • Découverte d’une alternative moins connue : le massif du Kerlingarfjöll.
  • La floraison spectaculaire des lupins au mois de juin.
  • La faune en Islande : le renard polaire, seul mammifère endémique.
  • L’Islande, un paradis pour les photographes d’oiseaux (macareux, sternes).
  • La péninsule de Snaefellsnes, un condensé de l’Islande pour un voyage court.
  • Le matériel photo essentiel à emporter : grand-angle et téléobjectif.
  • L’importance capitale d’un trépied lourd et stable pour lutter contre le vent.
  • L’utilité des filtres (gradués, polarisant) pour gérer les forts contrastes.
  • La philosophie de la prise de vue avec des filtres pour un résultat naturel.

FAQ

Qui est Yoann Rivet ?

Yoann Rivet est un photographe professionnel originaire de Haute-Savoie, spécialisé dans la photographie de paysage. Passionné par la nature depuis son plus jeune âge, il a développé un attachement particulier pour l’Islande, une île qu’il a explorée à huit reprises. Dans cet épisode, il partage son expérience de terrain pour aider les autres photographes à préparer leur propre voyage.

Quand partir en Islande pour la photographie ?

Yoann Rivet conseille d’éviter le pic de la saison estivale et le cœur de l’hiver. Il recommande les mi-saisons, soit de début septembre à mi-octobre, soit d’avril à mi-mai. Ces périodes offrent un excellent compromis : des journées assez longues, la possibilité de voir des aurores boréales grâce à de vraies nuits, et une météo souvent plus intéressante et moins extrême.

Quel matériel photo emporter en Islande ?

Pour Yoann Rivet, l’essentiel comprend un objectif grand-angle pour les paysages et un téléobjectif pour isoler des détails ou photographier la faune. L’accessoire le plus important est un trépied très robuste et lourd, capable de résister au vent puissant et fréquent. Il recommande aussi fortement l’usage de filtres, notamment dégradés, pour bien gérer les forts contrastes lumineux sur place.

Quels lieux photographier pour éviter la foule en Islande ?

Si la côte sud est un classique, de nombreux sites sont victimes de leur succès. Pour une expérience plus authentique, Yoann Rivet suggère d’explorer des zones moins connues. Il recommande par exemple le massif du Kerlingarfjöll comme une alternative spectaculaire et bien plus sauvage au très fréquenté Landmannalaugar. La péninsule de Snaefellsnes est aussi une excellente option pour un voyage plus court.


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