Un conte cruel en trois actes
Invitée au festival des Promenades Photographiques de Vendôme, Sarah Moon présente son œuvre « La sirène d’Auderville », un projet qui se déploie sur trois supports : un livre, une exposition photographique et un film. Tourné à Cherbourg vers 2006-2007, le film est au cœur de cette relecture d’un conte qu’elle a toujours trouvé émouvant. Elle y met en scène une héroïne qui échange sa voix contre des jambes, se sacrifiant pour un homme qui ne l’aime pas. « C’est un peu plus violent probablement parce qu’il n’y a pas de prince », explique-t-elle.
Le tournage, réalisé en dix jours avec une équipe très réduite, a bénéficié d’une lumière naturelle exceptionnelle qui sculpte les ombres et confère aux images une puissance dramatique, presque écrasante.
La fabrique de l’image
Sarah Moon révèle un processus de création total, où la photographie et le cinéma sont indissociables. Elle raconte comment elle profite de chaque instant pour réaliser ses clichés : « Quand ils déjeunent, je photographie, avant qu’on commence, pendant qu’on règle des choses, je photographie, mais je fais les deux. » Cette méthode lui permet de combler les manques d’un tournage court, en recyclant des images, en extrayant des photogrammes du film ou en intégrant des photos prises à d’autres moments, créant ainsi un univers plastique cohérent et organique.
Ce travail, qu’elle qualifie elle-même de « home movie », est le fruit d’une fabrication artisanale et d’une collaboration de longue date avec des proches, comme sa monteuse Julie Martinovitch. Une approche qui donne naissance à une œuvre intime et poétique, où le temps devient une matière vivante.
Les références de l’épisode
- Œuvres : « La sirène d’Auderville » (exposition, film et livre de Sarah Moon), « Goto, l’île d’amour » (film de Walerian Borowczyk).
- Personnes : Sarah Moon, Pascal Therme, Julie Martinovitch, Marguerite Duras, Walerian Borowczyk.
- Lieux : Vendôme, Cherbourg, Moulin de la Fontaine, Zone I.
- Événements : Festival des Promenades Photographiques de Vendôme.
Au fil de l’épisode
- Présentation de l’œuvre « La sirène d’Auderville » et de ses trois supports : livre, exposition et film.
- Le tournage du film à Cherbourg vers 2006 ou 2007, dans des conditions « sauvages » et avec une petite équipe.
- La réinterprétation du conte : une version plus violente et moderne, sans prince ni fée.
- L’importance de la lumière naturelle et des contrastes puissants dans son travail.
- Les inspirations et comparaisons cinématographiques, de Walerian Borowczyk à Marguerite Duras.
- Son processus créatif : photographier et filmer en parallèle, un travail artisanal qualifié de « home movie ».
- La fabrication des images, entre photos prises sur le vif, clichés « recyclés » et photogrammes extraits du film.
- Sa collaboration avec sa monteuse, Julie Martinovitch.
FAQ
Qui est Sarah Moon ?
Sarah Moon est une photographe et réalisatrice française reconnue pour son univers onirique et poétique. Dans cet épisode, elle évoque son travail à travers son projet « La sirène d’Auderville », une œuvre qui mêle photographie, cinéma et livre. Elle y partage sa vision d’un processus créatif artisanal et instinctif, où elle travaille avec une équipe très réduite et en lumière naturelle.
Qu’est-ce que « La sirène d’Auderville » ?
« La sirène d’Auderville » est un projet artistique de Sarah Moon qui se décline en exposition photographique, en livre et en un film d’une trentaine de minutes. Il s’agit d’une réinterprétation personnelle et cruelle du conte de la petite sirène, où l’héroïne se sacrifie pour un homme qui ne l’aime pas, dans une version sans prince ni magie bienveillante.
Où et quand le film de Sarah Moon a-t-il été tourné ?
Le film a été tourné à Cherbourg sur une période de dix jours, aux alentours de 2006 ou 2007. Sarah Moon précise qu’il s’agissait d’un tournage « sauvage » avec une équipe très restreinte, entièrement dépendant de la lumière du jour. Les lieux, décrits comme sauvages et très beaux, ont joué un rôle essentiel dans l’atmosphère de l’œuvre.
Comment Sarah Moon combine-t-elle la photographie et le cinéma ?
Sarah Moon explique qu’elle ne sépare pas les deux pratiques lors de ses projets. Elle photographie constamment pendant les tournages : avant que les scènes ne commencent, pendant les pauses ou les réglages. Elle intègre également des photos prises à d’autres moments ou extrait des images directement de son film pour compléter sa série photographique, créant un dialogue permanent entre l’image fixe et l’image en mouvement.

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