Portrait d'Alain Arnaudet, à la tête de la Friche la Belle de Mai, pour le podcast 9 Lives Magazine

Alain Arnaudet : La Friche la Belle de Mai à l’heure du coronavirus

Un lieu culturel à l’arrêt

Dès les premières mesures de confinement, Alain Arnaudet a pris la décision de fermer la Friche la Belle de Mai, un lieu habituellement traversé par des centaines de personnes chaque jour. Il explique que le site, qui emploie 500 personnes, a été mis « en veilleuse ». Une veille technique et de sécurité est maintenue pour préserver les bâtiments, mais toute l’activité culturelle est à l’arrêt. Les expositions et les projets prévus ont été pour la plupart annulés, quelques-uns seulement étant reportés.

L’équipe reste cependant mobilisée pour préparer l’avenir, travaillant sur les projets du mois de mai « comme si tout cela allait bien se dérouler », tout en anticipant une sortie de crise progressive où les grands rassemblements ne seraient pas immédiatement autorisés.

L’onde de choc sur les grands rendez-vous

La Friche est un acteur central de la vie culturelle marseillaise, notamment pour deux événements majeurs prévus pour l’été : Manifesta et Africa 2020. Alain Arnaudet confirme que la crise a directement impacté ces projets. Africa 2020, qui devait se tenir en juin, est officiellement reporté au mois de décembre, se déroulant ainsi à cheval sur 2020 et 2021. Il souligne que le calendrier de la pandémie reste le seul maître du jeu et que d’autres évolutions sont possibles.

Cette situation crée un cataclysme économique pour tout le secteur, en particulier pour les artistes et les techniciens du spectacle, qui se retrouvent en grande difficulté. Il insiste sur la nécessité de ne pas les abandonner et de préserver au maximum l’activité.

Une alerte sociale et écologique

Alain Arnaudet rappelle le rôle social majeur de la Friche dans le quartier de la Belle de Mai, considéré comme le plus pauvre de France. Il s’inquiète de l’impact du confinement sur les habitants vivant dans des logements souvent étroits et insalubres, soulignant les profondes inégalités face à la crise. Selon lui, au sortir de cette période, le public aura un besoin vital de culture pour « se nourrir de belles choses » et retrouver du bien-être. Il est donc crucial de maintenir des propositions artistiques accessibles, comme les soirées gratuites organisées chaque été sur le toit-terrasse de la Friche, qui attirent 80 000 personnes.

Enfin, il voit dans cette crise une « alerte » écologique. Le ralentissement forcé de l’activité mondiale a montré que « notre monde respire mieux ». Sans souhaiter que cette situation devienne la norme, il espère qu’elle provoquera une prise de conscience et un mouvement collectif pour repenser nos modes de vie.

Les références de l’épisode

  • La Friche la Belle de Mai
  • Marseille
  • Manifesta, biennale européenne de création contemporaine
  • Africa 2020
  • CREDAC, Centre d’art contemporain d’Ivry-sur-Seine
  • Festival de Marseille
  • Avignon
  • Arles
  • Aix-en-Provence

Au fil de l’épisode

  • La fermeture immédiate de la Friche la Belle de Mai dès les premières annonces de confinement.
  • La mise en sommeil du site, qui emploie 500 personnes, avec une veille technique et de sécurité.
  • L’annulation de la plupart des expositions et projets, et le report de certains.
  • La préparation de la programmation future malgré les incertitudes sur la fin de la crise.
  • Le report confirmé de l’événement Africa 2020 de juin à décembre.
  • L’impact de la pandémie sur le calendrier de la biennale Manifesta.
  • Les conséquences sociales de la crise dans le quartier de la Belle de Mai, le plus pauvre de France.
  • Le cataclysme économique pour les artistes et les techniciens du spectacle.
  • La conviction que le public aura un besoin essentiel de culture après le confinement.
  • L’importance des événements gratuits sur le toit-terrasse de la Friche, qui rassemblent 80 000 personnes l’été.
  • La crise sanitaire vue comme une alerte écologique et une invitation à une prise de conscience collective.

FAQ

Qui est Alain Arnaudet ?

Alain Arnaudet est la personne à la tête de la Friche la Belle de Mai à Marseille depuis 2011. Dans cet épisode, il s’exprime sur la manière dont cette grande fabrique culturelle fait face à la crise du coronavirus. Il y partage sa vision sur l’impact de la pandémie sur le secteur culturel, le rôle social de son institution et les leçons à tirer de cette situation inédite.

Qu’est-ce que la Friche la Belle de Mai ?

La Friche la Belle de Mai est une importante fabrique culturelle située à Marseille. Le lieu abrite des espaces d’exposition, des salles de concerts et de spectacles, un restaurant, une librairie, une crèche et des jardins partagés. C’est un pôle de création majeur mais aussi un espace de vie et de mixité sociale essentiel pour son quartier, qui est le plus pauvre de France. 500 personnes y travaillent quotidiennement.

Quel a été l’impact de la crise du coronavirus sur la Friche ?

La crise a entraîné la fermeture complète du site au public et à la plupart des 500 personnes qui y travaillent. Seule une veille technique et de sécurité a été maintenue. La quasi-totalité des expositions, spectacles et projets ont été annulés ou reportés. L’institution a dû repenser entièrement son calendrier, notamment en décalant des événements majeurs prévus pour l’été.

Quels grands événements culturels à Marseille ont été affectés ?

Alain Arnaudet confirme que deux événements majeurs auxquels la Friche participe ont été directement impactés. La saison Africa 2020, initialement prévue pour juin, a été reportée pour démarrer en décembre. La biennale européenne de création contemporaine, Manifesta, a également été décalée. Le calendrier de ces événements reste suspendu à l’évolution de la situation sanitaire.

Quelle est la vision d’Alain Arnaudet pour la culture après la crise ?

Selon lui, la culture aura un rôle fondamental à jouer après la crise. Il pense que les gens auront besoin de « se nourrir de belles choses » pour se reconstruire. Il insiste sur l’importance de maintenir une offre culturelle accessible, notamment pour les habitants des quartiers populaires. Il considère également que cette crise est une alerte qui doit pousser à une prise de conscience collective, notamment sur les enjeux écologiques.


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