Reforester pour survivre
La photojournaliste Axelle de Russé a réalisé un reportage au Togo sur un programme de reforestation par l’agroforesterie. Elle explique que cette technique repose sur des « arbres fertilitaires », qui enrichissent le sol de leur humus et permettent à d’autres plantes de se développer à leur ombre. Ce projet, initié par l’ONG APAF et soutenu par la Fondation Yves Rocher, est une réponse à la déforestation et permet de faire vivre des milliers de producteurs. Son travail s’est concentré sur la région rurale de Kpalimé, où elle a passé plus de trois semaines pour partager le quotidien des habitants.
Sur place, elle a découvert le rôle prépondérant des femmes, qui assurent la plus grande partie du travail dans les champs. C’est à leur contact qu’elle a pu comprendre les enjeux et les pratiques de l’agroforesterie, une méthode qu’elle qualifie de « très préservatrice pour la planète ».
Au cœur des forêts sacrées
Le reportage d’Axelle de Russé explore également la relation spirituelle que les Togolais entretiennent avec leurs forêts, marquée par la tradition vaudou. Elle raconte son expérience pour accéder à la forêt sacrée de Bè, près de Lomé, une démarche qui a nécessité une audience et l’accord du chef coutumier local. Dans ces lieux, les arbres sont au centre des cultes : des tissus accrochés à leurs branches signalent leur caractère sacré et ils deviennent l’objet d’incantations menées par des prêtres ou prêtresses vaudou. « L’arbre vraiment est l’objet principal de tous les cultes vaudous dans cette forêt-là », souligne-t-elle.
Photographier ces arbres s’est avéré complexe, tant leur respect est ancré dans la culture. L’artiste relate plusieurs anecdotes où elle a dû négocier pour prendre une photo à distance ou a été vivement priée de quitter les abords d’un arbre sacré. Cette importance est telle qu’une route a même été déviée pour préserver l’un d’eux. Au-delà du mysticisme, elle a été marquée par la poésie de ce rapport à la nature, notamment chez les enfants qui plantent et s’approprient leur propre forêt à l’école.
Les références de l’épisode
- Personnes : Axelle de Russé
- Lieux : Togo, Kpalimé, Lomé, Forêt sacrée de Bè
- Organisations : APAF (Association pour la promotion des arbres fertilitaires, de l’agroforesterie et la foresterie), Fondation Yves Rocher
- Événements : Festival La Gacilly 2019
- Concepts : Agroforesterie, Vaudou
Au fil de l’épisode
- Le projet de reportage au Togo sur la reforestation grâce aux arbres fertilitaires.
- L’importance des forêts dans la culture togolaise et la tradition des forêts sacrées liées au vaudou.
- Les démarches pour obtenir l’autorisation d’entrer dans la forêt sacrée de Bè, près de Lomé.
- L’immersion de plus de trois semaines dans la région rurale de Kpalimé.
- Le rôle central des femmes dans le travail des champs et la pratique de l’agroforesterie.
- Les rituels vaudou observés, parfois violents, et le culte rendu aux arbres sacrés.
- Les difficultés et les interdits liés à la photographie des arbres sacrés pour une personne étrangère au village.
- L’anecdote de la route déviée pour ne pas abattre un arbre sacré.
- La relation poétique et quotidienne à la nature, notamment chez les enfants qui plantent leur propre forêt à l’école.
FAQ
Qui est Axelle de Russé ?
Axelle de Russé est une photojournaliste reconnue pour son travail sur les grands maux de nos sociétés. Dans cet épisode, elle présente son reportage réalisé au Togo sur un programme d’agroforesterie et sur la relation spirituelle des communautés locales à leurs forêts, notamment les forêts sacrées liées à la tradition vaudou.
Qu’est-ce que l’agroforesterie au Togo ?
Il s’agit d’un programme de reforestation qui consiste à planter des arbres dits « fertilitaires ». Ces arbres enrichissent le sol avec leur humus et protègent les autres cultures grâce à leur ombrage. Le projet, initié par l’ONG APAF et soutenu par la Fondation Yves Rocher, vise à régénérer les terres et à faire vivre 25 000 producteurs au Togo.
Pourquoi certaines forêts sont-elles sacrées au Togo ?
Ces forêts sont au cœur de la tradition vaudou. Elles abritent des arbres considérés comme sacrés, qui sont l’objet de cultes et de rituels menés par des prêtres et prêtresses. Ces arbres sont protégés par des interdits stricts et jouent un rôle fondamental dans l’imaginaire collectif et la vie spirituelle des communautés locales.
Quel est le rôle des femmes dans le projet documenté par Axelle de Russé ?
Dans la région rurale de Kpalimé, les femmes sont les principales actrices du travail agricole. Ce sont elles qui s’occupent en grande partie des champs et qui mettent en pratique les techniques d’agroforesterie au quotidien. Axelle de Russé a passé beaucoup de temps à leurs côtés pour comprendre leur réalité et leur travail.

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