Une marche dans l’inconnu
Le 1er mars 2017, le photographe Bertrand Meunier quitte les bureaux du collectif Tendance Floue à Montreuil pour entamer le premier relais du projet Azimut. Il raconte ce départ, un moment mêlant le plaisir de se lancer dans une aventure collective longuement mûrie et une certaine angoisse face à l’inconnu. Soutenu par ses amis, il se lance dans une marche sans but précis, si ce n’est celui de traverser la banlieue sud de Paris. Dès la première journée, marquée par la pluie et une nuit dans un hôtel Ibis, il prend conscience que les mots seront aussi importants que les images pour décrire son expérience et les sentiments qui l’envahissent.
« Je plonge dans l’inconnu. Avec le sentiment et cette réalité d’être soutenu par le groupe, en tous les cas, fierté de partir, fierté d’être remis, le premier, mais ne pas savoir où je vais. »
La poésie des non-lieux
Bertrand Meunier explique sa fascination pour les zones périphériques, ces « non-lieux » fonctionnels conçus pour être traversés rapidement en voiture, mais inadaptés à la marche. C’est dans ces paysages urbains qu’il cherche à construire sa propre partition visuelle. Son inspiration, il la puise dans l’univers du cinéaste Pasolini et de ses films sur la banlieue de Rome dans les années 1960. Il évoque notamment le portrait de Christophe, un jeune homme torse nu rencontré à Massy-Palaiseau, qui lui rappelle un personnage pasolinien. Sa marche de neuf jours s’achève à Fontainebleau, par une rencontre personnelle avec une personne qu’il n’avait pas vue depuis trente ans, avant de passer le relais à son camarade Grégoire Éloi.
Cette expérience fut pour lui un espace de liberté rare, une occasion de se retrouver avec lui-même, sans autre but que celui de marcher, photographier et écrire.
Les références de l’épisode
- Personnes : Pasolini, Christophe, Grégoire Éloi.
- Collectif : Tendance Floue.
- Projet : Azimut.
- Lieux : Montreuil, Vincennes, Massy-Palaiseau, Fontainebleau, Rome, Hostie.
- Œuvres citées : Pétrole, Ragazzi (en référence à Pasolini).
- Marques : Ibis, Ibis Budget.
Au fil de l’épisode
- Le départ du projet Azimut depuis Montreuil, le 1er mars 2017.
- Les sentiments mêlés de liberté et d’inconnu au début de la marche.
- La première journée sous la pluie et la prise de conscience de l’importance de l’écriture.
- Sa fascination pour les zones périphériques et les « non-lieux » de la banlieue sud de Paris.
- L’inspiration de l’univers de Pasolini pour construire sa « petite musique » photographique.
- La rencontre avec Christophe à Massy-Palaiseau et la réalisation de son portrait.
- L’arrivée à Fontainebleau après neuf jours de marche, avec pour but de retrouver une connaissance perdue de vue.
- La fin de son parcours et le passage de relais à son collègue Grégoire Éloi.
FAQ
Qui est Bertrand Meunier ?
Bertrand Meunier est un photographe membre du collectif Tendance Floue. Dans cet épisode, il est le premier participant au projet de marche photographique Azimut, initié par le collectif. Il raconte son parcours de neuf jours à travers la banlieue sud de Paris, une expérience où il a mêlé photographie en noir et blanc, écriture et introspection.
Qu’est-ce que le projet Azimut de Tendance Floue ?
Azimut est un projet photographique commun du collectif Tendance Floue. Il s’agit d’un voyage sous forme de relais où chaque photographe marche pendant plusieurs jours avant de passer le témoin à un collègue. Bertrand Meunier a inauguré ce projet en partant de Montreuil le 1er mars 2017 pour un périple qui s’est achevé à Fontainebleau.
Pourquoi Bertrand Meunier s’intéresse-t-il aux banlieues ?
Le photographe se dit fasciné par les zones périphériques, qu’il qualifie de « non-lieux ». Il cherche à comprendre comment on peut habiter ces territoires souvent fonctionnels et non conçus pour la marche. Son travail vise à traverser ces espaces pour y déceler une poésie et une musique qui lui sont propres, loin des représentations habituelles.
Quelle est l’inspiration de Bertrand Meunier pour cette série ?
Pour sa marche en banlieue, Bertrand Meunier s’est inspiré de l’univers du cinéaste italien Pasolini. Il a cherché à créer un écho avec l’imagerie des banlieues de Rome des années 1960-70, peuplées de « ragazzi ». Cette référence l’a guidé pour composer ses images en noir et blanc et trouver une sensibilité particulière dans les paysages et les portraits réalisés.

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