Visuel de l'association Femmes PHOTOgraphes, au cœur de l'épisode du podcast 9 Lives Magazine

2 – Femmes PHOTOgraphes : Invisibilité des Femmes photographes

Un constat et un combat

Partant de leurs expériences personnelles, les fondatrices de l’association Femmes PHOTOgraphes expliquent comment elles ont pris conscience de l’invisibilité systémique des femmes dans leur milieu. L’une d’elles raconte son passage aux beaux-arts dans les années 80 et 90 : alors que les filles étaient majoritaires dans sa promotion, presque toutes ont abandonné une carrière d’artiste. Celles qui ont le mieux réussi sont devenues professeures d’arts plastiques. Elle-même n’a pu continuer qu’en acceptant une grande précarité, faute de modèles accessibles en dehors des cercles familiaux ou sociaux déjà privilégiés.

Cette prise de conscience, partagée entre amies et consœurs, a révélé que le problème n’était pas individuel mais bien structurel et généralisé.

Repenser la représentation

Le combat de l’association dépasse la simple question de la parité. Il s’agit d’une réflexion plus large sur les mécanismes de domination et d’invisibilisation qui touchent différentes parties de la population, que ce soit sur des critères de genre, de classe ou d’origine, comme le souligne la problématique spécifique des femmes photographes racisées. La photographie devient alors un outil pour analyser et questionner ces rapports de force, en explorant des thèmes comme l’altérité, le territoire ou la résistance.

À travers leur revue, notamment un double numéro consacré à la question « comment se rendre visible », elles interrogent l’éthique de la représentation, le rapport à l’image dans notre société et le rôle de l’éducation pour déconstruire les stéréotypes.

Les références de l’épisode

  • Association Femmes PHOTOgraphes
  • Kim Lan Nguyên Thi
  • Isabelle Gressier
  • Maud Veith
  • La revue de l’association Femmes PHOTOgraphes

Au fil de l’épisode

  • La prise de conscience de l’invisibilité des femmes photographes.
  • L’expérience des beaux-arts dans les années 80-90 : plus de filles en formation, mais peu d’artistes professionnelles.
  • Le poids de la précarité et l’absence de modèles féminins hors des cercles privilégiés.
  • Un problème qui dépasse la photographie pour devenir un enjeu de société.
  • L’intersectionnalité et la situation des femmes photographes racisées.
  • L’association comme outil pour explorer les rapports de domination.
  • La revue comme moyen d’action et de réflexion sur la représentation et la visibilité.

FAQ

Qui sont les invitées de cet épisode ?

Les invitées sont Kim Lan Nguyên Thi, Isabelle Gressier et Maud Veith. Elles sont les co-fondatrices de l’association Femmes PHOTOgraphes. Dans cet épisode, elles analysent les raisons de la sous-représentation des femmes dans le monde de la photographie et présentent leur démarche collective pour lutter contre cette invisibilité à travers leurs projets éditoriaux et artistiques.

Qu’est-ce que l’association Femmes PHOTOgraphes ?

C’est un collectif créé par des femmes photographes pour lutter contre leur invisibilité dans le milieu artistique. L’association utilise la photographie et une revue comme supports de réflexion pour aborder des problématiques sociétales plus larges, telles que les rapports de domination, l’altérité ou la résistance. Leur but est de questionner et de transformer la manière dont les minorités sont représentées.

Pourquoi les femmes photographes sont-elles moins visibles ?

Selon les invitées, cette invisibilité est due à plusieurs facteurs structurels. Elles citent notamment le manque de modèles féminins diversifiés, les barrières sociales et de classe qui favorisent la cooptation au sein de réseaux établis, ainsi que la précarité économique qui touche plus durement les femmes artistes ne venant pas de milieux favorisés.

Quel exemple illustre la disparition des femmes artistes après leurs études ?

Une des fondatrices de l’association raconte son expérience aux beaux-arts dans les années 1980. Bien que les étudiantes y fussent majoritaires, la plupart de ses camarades féminines n’ont pas poursuivi de carrière artistique. Beaucoup sont devenues professeures d’arts plastiques, délaissant leur pratique personnelle en raison des attentes sociales et de l’instabilité économique du métier d’artiste.


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