Un féminisme assumé face aux préjugés

Interrogées sur leur rapport au féminisme, Kim Lan Nguyên Thi, Isabelle Gressier et Maud Veith l’assument pleinement. Pour elles, il s’agit simplement de défendre l’égalité des droits et le droit à la visibilité pour les femmes. Elles s’étonnent que des injustices systémiques, comme l’inégalité salariale qui perdure depuis des décennies, ne provoquent pas une révolte plus large. Les fondatrices de l’association Femmes PHOTOgraphes dénoncent la perception parfois négative du terme, comme si revendiquer ses droits était mal vu. Elles illustrent ce phénomène par une anecdote : en ouvrant un compte en banque pour l’association, un employé a ironisé sur leur nom, suggérant qu’il aurait été mieux accepté si l’association s’était appelée « Femmes Battues ».

Cette expérience révèle une difficulté plus profonde : la résistance des structures en place. Selon elles, leur démarche a souvent été accueillie avec mépris par « ceux qui ont le pouvoir », que ce soit au sein de festivals ou même du ministère de la Culture.

De l’intérêt de façade à la lutte de fond

Si l’association a suscité un intérêt certain à ses débuts, avec des rencontres et quelques articles dans la presse, celui-ci ne s’est jamais concrétisé par des aides financières. Les invitées analysent le « buzz » autour des femmes photographes vers 2015 comme un effet de mode qui commence à retomber, ce qu’elles voient comme une opportunité de revenir à des discussions plus sérieuses et de prouver que leur combat est une réalité de fond. L’un des défis de l’association est de sélectionner ses membres, en distinguant les démarches artistiques construites et investies des pratiques plus amateurs, dans un monde où tout le monde produit des images.

Leur engagement puise à des sources variées : héritage familial militant, expérience personnelle dans des milieux très masculins comme la marine, et admiration pour des figures inspirantes. Elles citent la photographe Claudia Andouja, qui a consacré sa vie à documenter et défendre le peuple Yanomami, comme un modèle de l’alliance entre l’image et la lutte.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Catherine Deneuve, Marion Islène, Diane Arbus, bell hooks (citée comme « Mel Hooks »), Monique Wittig (citée comme « Bonnie Wittig »), Claudia Andouja.
  • Organisations et institutions : Association Femmes PHOTOgraphes, Ministère de la Culture.
  • Événements et prix : Les femmes s’exposent, Prix Virginia.
  • Peuples : Les Yanomamis.
  • Médias : Le Monde.

Au fil de l’épisode

  • La définition du féminisme selon les invitées : une lutte pour l’égalité des droits et la visibilité.
  • L’incompréhension face à la persistance d’inégalités flagrantes, comme l’écart salarial.
  • La perception négative du mot « féministe » et les réactions hostiles qu’il peut susciter.
  • L’anecdote de l’ouverture du compte en banque pour l’association « Femmes PHOTOgraphes ».
  • Le mépris ressenti de la part des institutions du monde de la photo et de la culture.
  • Le constat d’un intérêt médiatique initial pour l’association qui ne s’est pas traduit en soutien financier.
  • L’analyse de « l’effet de mode » des femmes photographes autour de 2015 et le besoin de construire sur le long terme.
  • La difficulté de sélectionner les membres de l’association en évaluant le sérieux des démarches artistiques.
  • La réflexion sur la pratique photographique à l’ère des smartphones et de la course à la reconnaissance.
  • Les inspirations personnelles des invitées : héritage militant, parcours dans des milieux masculins.
  • Les figures de référence citées, comme les écrivaines bell hooks et Monique Wittig.
  • L’exemple de la photographe et militante Claudia Andouja et son travail d’une vie auprès des Yanomamis.

FAQ

Qui sont les invitées de cet épisode ?

Les invitées sont Kim Lan Nguyên Thi, Isabelle Gressier et Maud Veith. Elles sont les co-fondatrices de l’association Femmes PHOTOgraphes, qui œuvre pour la promotion et la visibilité des femmes dans le monde de la photographie. Dans cet entretien, elles partagent leur expérience et leur vision de leur engagement féministe.

Qu’est-ce que l’association Femmes PHOTOgraphes ?

C’est une association créée pour soutenir et rendre visibles les femmes photographes en France. Elle a notamment lancé une revue pour diffuser leurs travaux. D’après ses fondatrices, l’initiative a rencontré un intérêt médiatique à ses débuts, mais peine à obtenir des soutiens financiers concrets de la part des institutions culturelles et des festivals.

Pourquoi se définissent-elles comme féministes ?

Elles assument totalement le terme, le définissant comme la lutte pour l’égalité des droits entre tous les individus, et en particulier pour la visibilité des femmes. Elles s’insurgent contre des injustices persistantes comme les écarts de salaires et ne comprennent pas que la moitié de l’humanité puisse être opprimée sans une révolte de l’autre moitié.

Quelles difficultés l’association a-t-elle rencontrées ?

L’association a fait face à un décalage entre l’intérêt de principe et le soutien réel. Ses fondatrices rapportent avoir été confrontées au mépris de la part de représentants d’institutions, de festivals et du ministère de la Culture. Elles évoquent également les préjugés liés à leur nom, qui suscite parfois des réactions hostiles ou moqueuses.

Quelles sont leurs inspirations ?

Leurs inspirations sont à la fois personnelles et artistiques. L’une d’elles évoque son héritage familial, avec des parents très militants. Une autre puise dans son expérience de femme dans des milieux très masculins. Elles citent également des figures comme la photographe Diane Arbus ou l’activiste Claudia Andouja, admirée pour son engagement d’une vie auprès du peuple Yanomami.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *