Se réunir pour exister
Les co-fondatrices de l’association Femmes PHOTOgraphes partagent leur ambition première : lutter contre l’invisibilisation et gagner en légitimité. Elles racontent comment la simple décision de se regrouper a créé un point d’ancrage, attirant l’attention sur leur travail et leur parole. Ce collectif est né d’un besoin de soutien mutuel pour ne plus se sentir isolées face aux difficultés du métier. L’un de leurs projets phares est une revue dont elles prévoient de publier 18 numéros, un objectif à long terme qui symbolise leur démarche. Pour elles, le collectif est un aimant, une force qui permet de se sentir plus fortes dans la prise de parole et la revendication.
« Le fait de se réunir rend une manière de faire légitime aussi. […] On se sent beaucoup moins illégitime aussi. On se sent plus forte, tout simplement. »
Une sororité sans frontières
La sororité est une valeur centrale et revendiquée par le collectif. Elle ne se limite pas au soutien entre les membres, mais s’étend à une échelle mondiale. Les invitées expliquent le plaisir et la richesse qu’elles trouvent à échanger avec d’autres collectifs de femmes photographes, que ce soit au Chili ou en Géorgie. Ces connexions permettent de constater que les problématiques rencontrées sont universelles et de sortir du « cocon parisien ». Cette démarche est aussi une source de plaisir et d’émulation, qu’elles célèbrent par des moments festifs, car la pulsion de vie est essentielle pour traiter de sujets parfois graves.
Pour elles, cet engagement artistique est indissociable d’un engagement politique et personnel, qui questionne la place des femmes dans la société et le rapport à l’argent, quitte à faire des choix de vie radicaux pour préserver leur liberté de création.
Les références de l’épisode
- L’association Femmes PHOTOgraphes
- Noémie, membre du collectif
- Le collectif la NINAS (Chili)
Au fil de l’épisode
- L’ambition de publier les 18 numéros de leur revue pour que la tranche des livres épelle « femme photographe ».
- La force du collectif pour gagner en visibilité et en légitimité dans le monde de la photo.
- Le sentiment de ne plus être seule face aux difficultés et aux échecs professionnels.
- La sororité comme une valeur assumée, revendiquée et source de force.
- La découverte et les échanges avec des collectifs similaires à l’étranger, comme au Chili ou en Géorgie.
- L’importance de sortir du « cocon parisien » pour aborder des thématiques mondiales.
- Le plaisir et l’énergie puisés dans le travail en commun et les moments festifs.
- Le lien entre l’engagement artistique, les questions féministes et les choix de vie personnels.
- La réflexion sur le statut économique des artistes et la liberté de création.
FAQ
Qui sont les invitées de cet épisode ?
Les invitées sont Kim Lan Nguyên Thi, Isabelle Gressier et Maud Veith. Elles sont les co-fondatrices de l’association Femmes PHOTOgraphes, un collectif créé pour promouvoir le travail des femmes photographes et lutter contre les inégalités dans le milieu de la photographie.
Qu’est-ce que l’association Femmes PHOTOgraphes ?
Femmes PHOTOgraphes est un collectif de photographes qui se sont réunies pour accroître leur visibilité et affirmer leur légitimité. L’association mène plusieurs projets, dont la publication d’une revue thématique. Leur démarche vise à créer un espace de soutien, d’échange et de revendication pour les femmes dans le monde de l’image.
Pourquoi ont-elles créé un collectif ?
Elles ont créé ce collectif pour rompre avec l’isolement et l’invisibilité qu’elles ressentaient en tant qu’artistes individuelles. Selon elles, le fait de se regrouper crée un point d’intérêt, attire l’attention et confère une légitimité à leur travail. Le groupe leur apporte un soutien mutuel essentiel pour se sentir plus fortes et oser prendre la parole.
Quelle est l’ambition de leur revue ?
L’ambition du collectif est de publier 18 numéros de sa revue. Ce projet à long terme est aussi symbolique : une fois tous les numéros réunis, les textes inscrits sur la tranche formeront les mots « femme photographe ». C’est une manière de marquer durablement leur présence et leur engagement.

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