Une lutte plurielle
Interrogées sur leur rapport à l’intersectionnalité, les membres d’un collectif de photographes expliquent leur démarche. Pour elles, il est impossible d’isoler la question de la visibilité des femmes des autres processus de domination. Le sexisme, le racisme et l’homophobie sont perçus comme des systèmes liés, qu’il faut aborder de manière conjointe. Le collectif se veut ainsi attentif et actif sur ces questions, refusant de se cantonner à une simple défense de genre pour porter une vision plus globale et inclusive.
L’objectif est de promouvoir « la pluralité des regards en photographie » afin que les images produites ressemblent enfin au monde réel. Cette exigence de pluralité implique non seulement la présence des femmes, mais aussi celle de toutes les personnes issues de milieux aujourd’hui sous-représentés. « La société ne s’en sortira pas sans tous ses membres », conclut l’une des intervenantes.
Au fil de l’épisode
- Le positionnement du collectif par rapport à l’intersectionnalité.
- Le constat que les processus d’invisibilisation des femmes rejoignent ceux des autres groupes dominés.
- L’objectif d’une représentation qui reflète la diversité du monde réel.
- Le refus d’être un groupe défendant uniquement une position de genre.
- La conviction que le racisme, le sexisme et l’homophobie sont des luttes liées.
- La défense d’une « pluralité des regards » en photographie contre l’uniformité.
- L’appel à inclure toutes les personnes aujourd’hui non représentées dans le monde de l’image.
FAQ
Qu’est-ce que l’intersectionnalité en photographie selon cet épisode ?
Selon les intervenantes, l’intersectionnalité en photographie consiste à reconnaître que les différentes formes de discrimination, comme le sexisme et le racisme, sont liées. Il ne s’agit pas seulement de promouvoir les femmes photographes, mais de lutter pour une représentation juste de tous les groupes marginalisés. L’enjeu est de briser l’uniformité des regards pour montrer une image du monde qui soit véritablement plurielle et diverse.
Pourquoi le collectif refuse-t-il de se limiter à la question des femmes ?
Le collectif estime que les mécanismes qui rendent les femmes invisibles en photographie sont les mêmes que ceux qui affectent d’autres groupes dominés. Isoler la cause des femmes serait donc contre-productif. Leur démarche vise une transformation plus profonde du milieu, en s’attaquant à toutes les formes d’exclusion pour que la photographie représente enfin la société dans son ensemble, et pas seulement une fraction de celle-ci.
Quel est l’objectif final de cette démarche ?
L’objectif est de parvenir à une représentation visuelle qui soit fidèle à la diversité du monde réel. Il s’agit de sortir d’un modèle où les images sont majoritairement produites par et pour un groupe dominant, décrit comme « un monde blanc d’hommes cinquantenaire ». En défendant la pluralité des regards, le collectif aspire à une photographie plus riche, plus juste et plus complète, incluant toutes les perspectives.
Comment le collectif définit-il son action ?
Le collectif se positionne comme actif sur les questions de représentation au-delà du simple prisme du genre. Sans se définir formellement comme « intersectionnel », il agit en faveur d’une pluralité des regards en photographie. L’enjeu est de lutter contre l’uniformité des points de vue et de donner une place à toutes les personnes aujourd’hui invisibilisées dans le monde de l’image.

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