Portrait du photographe Jean-Louis Courtinat pour le podcast 9 Lives Magazine

Covid-19 et les photographes : Entretien avec Jean-Louis Courtinat

Un quotidien à l’arrêt

Photographe indépendant depuis son départ de l’agence RAFO après vingt-cinq ans de service, Jean-Louis Courtinat se consacre à la photographie dite « sociale ». Il collabore étroitement et depuis des années avec de grandes associations comme les petits frères des pauvres, Emmaüs ou la fondation Abbé Pierre. Mais avec la crise sanitaire du Covid-19, son activité s’est brutalement interrompue. Commandes et stages de photographie, notamment avec la ville de Paris, ont été reportés sine die.

Du jour au lendemain, tout s’est annulé. Pour lui comme pour beaucoup d’autres, les conséquences financières sont directes : « ça fait carrément pour les six prochains mois aucune rentrée d’argent ».

Une aide d’urgence en demi-teinte

Face à cette situation, Jean-Louis Courtinat a fait une demande pour bénéficier du fonds national de solidarité mis en place par le gouvernement, une aide pouvant aller jusqu’à 1 500 euros. La démarche, effectuée auprès des services des impôts, se base sur une comparaison du chiffre d’affaires entre mars 2019 et mars 2020. Pour le photographe, la perte est totale. Il critique cependant ce critère, qui ne tient pas compte de la forte saisonnalité et de l’irrégularité des revenus dans sa profession.

Il regrette que le calcul ne se base pas sur une moyenne annuelle, plus représentative de la réalité d’un métier aux revenus fluctuants. À cette incertitude s’ajoute celle des délais de paiement de l’aide, qui, s’ils sont trop longs, perdraient tout leur intérêt pour des trésoreries à sec.

Les références de l’épisode

  • Agence RAFO
  • Les petits frères des pauvres
  • Emmaüs
  • Fondation Abbé Pierre
  • Ville de Paris
  • Fonds national de solidarité
  • La GSA

Au fil de l’épisode

  • Présentation de son parcours de photographe indépendant spécialisé dans le social.
  • L’impact immédiat de la crise sanitaire : l’arrêt total des commandes et des stages.
  • Les conséquences financières directes, avec une projection de six mois sans aucun revenu.
  • Sa démarche pour obtenir l’aide du fonds national de solidarité, plafonnée à 1500 euros.
  • La critique des critères d’attribution, inadaptés aux revenus irréguliers des photographes auteurs.
  • L’inquiétude concernant les délais de versement de cette aide d’urgence.
  • Comment il occupe son temps pendant le confinement : travail sur une maquette de livre et relecture de ses archives.
  • Son souhait d’une meilleure reconnaissance et d’un soutien plus adapté pour les photographes.

FAQ

Qui est Jean-Louis Courtinat ?

Jean-Louis Courtinat est un photographe indépendant français spécialisé dans la photographie sociale. Après avoir travaillé pendant 25 ans pour l’agence RAFO, il collabore aujourd’hui principalement avec des fondations et des associations comme les petits frères des pauvres, Emmaüs ou la fondation Abbé Pierre, pour documenter les réalités sociales.

Comment la crise du Covid-19 a-t-elle impacté son activité ?

La crise sanitaire a provoqué un arrêt total et immédiat de son activité. Toutes ses commandes avec des associations ainsi que les stages de photographie qu’il anime, notamment avec la ville de Paris, ont été reportés sans nouvelle date. Il s’est ainsi retrouvé sans aucune perspective de rentrée d’argent pour les six mois suivants.

Quelle aide de l’État a-t-il demandée ?

Il a fait une demande pour bénéficier du fonds national de solidarité, une aide d’urgence mise en place par le gouvernement pour les petites entreprises et les indépendants. Après avoir rempli un dossier auprès des impôts, il espère recevoir la somme de 1 500 euros pour compenser sa perte totale de revenus au mois de mars 2020.

Pourquoi les critères de cette aide sont-ils critiqués ?

Jean-Louis Courtinat estime que les critères sont inadaptés au métier de photographe. L’aide est calculée sur la perte de revenus d’un seul mois (mars 2020 comparé à mars 2019), ce qui ne reflète pas la réalité des auteurs dont les rentrées d’argent sont très irrégulières sur l’année. Une moyenne annuelle aurait été plus juste.


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