Portrait de Jean-Marc Lacabe, invité du podcast 9 Lives Magazine pour parler de la photographie durable

Pour une photographie durable : Le château d’eau avec Jean-Marc Lacabe

Un lieu pionnier né d’une intuition

Jean-Marc Lacabe raconte la naissance presque accidentelle de la galerie du Château d’eau, installée dans un bâtiment du XIXe siècle à Toulouse. C’est le photographe Jean Diozette qui, voyant le lieu inutilisé, a l’idée d’y organiser une exposition de son ami Robert Doisneau. Le succès est immédiat. Jean Diozette démontre alors à la municipalité que les expositions de photographie attirent bien plus de visiteurs que celles de « poupées en porcelaine ». Cette intuition mène à la consécration du lieu à la photographie en janvier 1975, avec une exposition d’Edouard Bouba.

Cette période voit aussi la naissance des célèbres monographies du Château d’eau, de petits livres qui ont permis à toute une génération de découvrir les grands noms de la photographie française et internationale, bien avant l’arrivée de collections comme Photopoche.

Un modèle économique sous tension

Face à l’essor de la photographie et à l’augmentation des coûts, un modèle de gestion original est mis en place : une association est créée pour gérer la billetterie, afin que les recettes financent directement le projet artistique plutôt que d’être absorbées par le budget général de la ville, propriétaire des murs. Ce système a fonctionné pendant des décennies, mais Jean-Marc Lacabe explique comment il s’est fragilisé. Le retrait ancien de l’État et de la Région a laissé la ville de Toulouse comme unique subventionneur. Or, depuis 2015, une baisse drastique des dotations, conjuguée à de nouvelles charges imposées sans compensation, a mis la trésorerie à rude épreuve.

Cette situation a conduit la mairie à envisager une délégation de service public, puis, après un audit financier contesté, à décider de reprendre la galerie en régie directe. L’avenir de l’institution, de son équipe et de ses précieuses collections est désormais en question.

Les références de l’épisode

  • Lieux : Le Château d’eau (Toulouse), le Pont-Neuf (Toulouse).
  • Personnes : Jean Diozette, Robert Doisneau, Edouard Bouba, William Klein, Robert Frank, Jacques Lang.
  • Institutions : Mairie de Toulouse, Orchestre du Capitole de Toulouse, Centre national de la photographie, DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles), Région Occitanie.
  • Événements : Les Rencontres d’Arles.
  • Publications : Les monographies du Château d’eau, la collection Photopoche.

Au fil de l’épisode

  • La création de la galerie du Château d’eau à Toulouse et le rôle fondateur du photographe Jean Diozette.
  • L’inauguration avec une exposition de Robert Doisneau et la démonstration du succès populaire de la photographie.
  • Le lancement officiel en 1975 avec Edouard Bouba et la création des célèbres monographies.
  • Les agrandissements successifs de la galerie dans les années 1980.
  • Le modèle de gestion unique : une association pour gérer la billetterie et financer les actions artistiques.
  • La relation complexe avec la Mairie de Toulouse, propriétaire des murs et principal financeur.
  • Les difficultés financières apparues en 2015 avec la baisse des subventions municipales.
  • Le retrait historique des financements de l’État et de la Région.
  • L’accumulation de charges non compensées qui a progressivement érodé la trésorerie.
  • Le projet de Délégation de Service Public (DSP) envisagé par la mairie en 2017.
  • L’audit financier de 2018 et ses conclusions jugées partiales par la direction.
  • La décision finale de la mairie de reprendre la galerie en gestion directe.
  • Les incertitudes sur l’avenir de l’équipe et des collections (plus de 5 300 photos et 15 000 livres).
  • Les défis du mécénat culturel en région.

FAQ

Qui est Jean-Marc Lacabe ?

Jean-Marc Lacabe est le directeur de la galerie du Château d’eau à Toulouse, un poste qu’il occupe depuis 2001. Dans cet épisode, il témoigne de l’intérieur de l’histoire, du fonctionnement et des défis de cette institution photographique majeure en France, confrontée à d’importantes difficultés financières et à des changements de gouvernance imposés par la municipalité.

Qu’est-ce que la galerie du Château d’eau ?

C’est une galerie entièrement dédiée à la photographie, fondée dans les années 1970 à Toulouse par le photographe Jean Diozette. Installée dans un ancien château d’eau du XIXe siècle, elle est devenue un lieu pionnier et de référence en France, ayant présenté plus de 500 expositions et constitué une collection de plus de 5 300 œuvres et une bibliothèque de 15 000 ouvrages.

Pourquoi le Château d’eau connaît-il des difficultés ?

Les difficultés sont principalement financières. La galerie, historiquement soutenue par la ville de Toulouse, a subi une forte baisse de sa subvention municipale à partir de 2015. Cette situation, aggravée par de nouvelles charges d’exploitation et l’absence d’autres financeurs publics majeurs comme l’État ou la Région, a conduit à une situation critique qui a motivé la mairie à en reprendre la gestion.

Quel est l’avenir de la galerie du Château d’eau ?

Suite à des tensions et un audit financier, la Mairie de Toulouse a décidé de mettre fin au modèle de gestion par une association et de reprendre l’établissement en régie directe. Selon Jean-Marc Lacabe, si des assurances ont été données sur le maintien de l’équipe et de la qualité artistique, l’avenir du projet et de son autonomie reste incertain.


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