Photographier l’invisible dans les Monts d’Arrée
Pour son livre « l’Invisible », publié aux éditions Isabelle Sauvage, Juliette Agnel s’est immergée deux mois en résidence dans les Monts d’Arrée. Elle décrit ce territoire breton comme un « monde entier », particulier et encore très vivant, où la notion d’invisible est une évidence pour ses habitants. Loin de vouloir imposer une vision esthétisante, sa démarche a consisté à se laisser guider par l’émotion et la sensation immédiate. Elle explique que ce qui est fort et ce qui est beau sont pour elle indissociables, et que c’est dans ce choix que s’opère le passage vers la perception des forces invisibles.
Ce projet est aussi né d’une volonté de collaborer avec des personnes qui travaillent sur les énergies des lieux, comme les géobiologues et les sourciers, afin d’explorer une autre lecture du paysage.
Du réel à l’imaginaire
Le travail de Juliette Agnel est une tentative de faire basculer le réel vers un monde « plus improbable, plus imaginaire, ou plus rêvé ». Elle s’inscrit dans la lignée d’artistes comme Jean Rouch ou Werner Herzog, qui mêlent le documentaire et le rêve. Issue d’une formation en ethnologie avant de se tourner vers la photographie, elle a été profondément marquée par ces approches. Pour elle, cette quête de l’invisible n’est pas réservée à quelques initiés ; elle est accessible à tous. Il suffit, selon elle, d’une observation attentive et prolongée, d’une forme de méditation qui permet de rentrer en résonance avec la matière, le temps et le vivant.
« C’est des choses de l’observation, d’une simple observation. Si on commence à se brancher dessus, on peut aussi percevoir des choses de l’ordre de la sensation dans notre corps. »
Les références de l’épisode
- « L’Invisible », ouvrage de Juliette Agnel publié aux éditions Isabelle Sauvage
- « Les portes de glace », série photographique de Juliette Agnel
- « Taharqa et la nuit », série photographique de Juliette Agnel
- « La mémoire des roches », exposition à L’imagerie de Lannion
- Personnes : Pascal Therme, Caspar David Friedrich, Emmanuel Kant, Jean Rouch, Werner Herzog
- Lieux : les Monts d’Arrée (Bretagne), la forêt de Brocéliande, le mont Saint-Michel, le Groenland, le Pays Dogon
- Métiers et concepts : géobiologue, sourcier
Au fil de l’épisode
- Présentation du livre « l’Invisible », né d’une résidence de deux mois dans les Monts d’Arrée.
- La particularité des Monts d’Arrée, un lieu où la notion d’invisible est très présente.
- Le défi de photographier ce qui ne se voit pas, en se fiant à ses sensations.
- L’influence du romantisme allemand et du peintre Caspar David Friedrich.
- L’importance de l’immédiateté de la rencontre avec un lieu pour capter son énergie.
- La collaboration avec un géobiologue pour approfondir sa perception des lieux.
- La différence de lecture entre le livre, qui offre une somme d’images, et l’exposition, qui invite à un voyage au cœur d’un seul tirage.
- L’annonce de son exposition « La mémoire des roches » à L’imagerie de Lannion, regroupant trois de ses séries.
- Retour sur sa série « Les portes de glace », inspirée par la perception d’un seuil entre deux mondes au Groenland.
- Le passage du réel à l’imaginaire comme fil conducteur de son travail.
- Son parcours, de l’ethnologie à la photographie, et l’influence majeure des cinéastes Jean Rouch et Werner Herzog.
- L’idée que le monde de l’invisible est accessible à tous par l’observation et l’attention.
- La photographie comme moyen de rendre sensible à la réalité profonde et vivante de la nature.
FAQ
Qui est Juliette Agnel ?
Juliette Agnel est une photographe française dont le travail explore les frontières entre le visible et l’invisible. Comme elle l’explique dans cet épisode, sa démarche artistique est guidée par la sensation et la perception des énergies des lieux. Ancienne étudiante en ethnologie, elle est l’autrice de l’ouvrage « l’Invisible », consacré aux paysages des Monts d’Arrée, et de plusieurs séries photographiques comme « Les portes de glace ».
Quel est le sujet du livre « l’Invisible » de Juliette Agnel ?
Le livre « l’Invisible » est le résultat d’une résidence de deux mois de Juliette Agnel dans les Monts d’Arrée, en Bretagne. L’ouvrage est une exploration photographique de ce territoire, avec pour ambition de capturer les forces et les énergies qui l’habitent mais qui échappent au regard commun. C’est une tentative de donner une forme visible aux sensations et à la présence impalpable de la nature.
Pourquoi les Monts d’Arrée sont-ils au cœur de ce projet ?
Juliette Agnel a choisi les Monts d’Arrée car c’est un territoire qu’elle perçoit comme un « monde entier », encore très vivant et où la notion d’invisible est une évidence culturelle. Pour elle, ce lieu se prêtait particulièrement à sa quête de photographier les énergies, en collaboration avec un géobiologue local. C’est un paysage qui, selon elle, invite naturellement à une perception plus profonde et sensible.
Comment Juliette Agnel photographie-t-elle l’invisible ?
Sa méthode ne repose pas sur une approche technique ou esthétique préconçue, mais sur l’immédiateté de la rencontre et de la sensation. Elle se laisse guider par ce qui l’émeut et ce qu’elle perçoit comme « fort » et « beau » dans le paysage. C’est un processus intuitif, une forme de méditation par l’observation, où son œil intérieur s’aligne avec l’appareil pour témoigner des forces invisibles présentes dans les formes visibles de la nature.

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