Démonter les mythes
Le collectif LaPartDesFemmes s’est donné pour mission de lutter contre les mécanismes qui restreignent la photographie à un cercle fermé, la privant des regards des femmes et d’autres groupes sous-représentés. Ses membres dénoncent un entre-soi puissant, visible dans la composition des jurys de concours, des comités d’acquisition ou dans la programmation des festivals. Cette situation conduit à une invisibilisation systémique des femmes photographes, qui peinent à exister professionnellement, beaucoup disparaissant des radars après 40 ans. Le collectif s’attache à déconstruire les mythes fondateurs de la photographie, souvent centrés sur des figures héroïques masculines.
Cette démarche de déconstruction est perçue comme une libération, non seulement pour les femmes, mais aussi pour de nombreux hommes photographes qui se sentent eux-mêmes prisonniers de ces modèles imposés.
Compter pour que les femmes comptent
Pour agir concrètement, le collectif a développé plusieurs axes d’intervention. L’un des plus importants est la production de chiffres : « on compte pour que les femmes comptent ». Cette comptabilité permet d’objectiver les disparités et de produire un état des lieux factuel. Le collectif mène également un important travail de réflexion et de pédagogie à travers des textes publiés sur son blog, une veille active sur les réseaux sociaux, des conférences et des collaborations avec des chercheuses comme la sociologue Irène Jonas. Un manifeste, lu à Paris Photo en 2018, a eu un retentissement international et a marqué les esprits.
Ces efforts ont porté leurs fruits, avec une victoire notable aux Rencontres d’Arles en 2019, où la programmation a atteint une quasi-parité, prouvant qu’il était possible d’allier qualité, succès public et juste représentation.
Les références de l’épisode
- Le collectif LaPartDesFemmes
- Le blog Mediapart
- Paris Photo
- Irène Jonas, sociologue
- France Culture
- Steiner, philosophe
- Marie Buscato, sociologue
- Les Rencontres d’Arles
- Sam Sturze
- Mohamed Bourouissa, photographe
- Le Ministère de la Culture
- Le film « Portrait de la jeune fille en feu »
- Les Césars
- Virginie Despentes, autrice
Au fil de l’épisode
- L’objectif du collectif : desserrer l’étau qui enferme la photographie et élargir les représentations.
- La dénonciation de l’entre-soi dans les festivals, les jurys et les concours.
- Démonter les mythes de la photographie pour libérer les femmes et les hommes des rôles assignés.
- L’analogie avec le conte « Les Habits neufs de l’empereur » pour décrire l’aveuglement collectif face aux inégalités.
- Les différents modes d’action : la comptabilité, la production de textes, la veille sur les réseaux sociaux et les conférences.
- La lecture d’un manifeste à Paris Photo en 2018, qui a eu un écho international.
- La collaboration avec le monde de la recherche, notamment avec la sociologue Irène Jonas.
- La critique des discours justifiant la faible présence des femmes dans l’histoire de l’art.
- Le rôle du compte Instagram du collectif pour diffuser le travail des femmes photographes.
- La clarification de leur mission : une action militante et de réflexion, et non un service de coaching.
- La grande victoire des Rencontres d’Arles en 2019, qui ont atteint la quasi-parité dans les expositions individuelles.
- Le record de fréquentation à Arles cette année-là, preuve que la parité n’affecte pas la qualité ni l’intérêt du public.
- La nécessité de rester vigilant pour que ces progrès ne soient pas éphémères.
- La prise de conscience générale et le changement de rapport de force, soutenus par des mouvements similaires dans d’autres secteurs comme le cinéma.
FAQ
Qu’est-ce que le collectif LaPartDesFemmes ?
LaPartDesFemmes est un collectif qui milite pour une meilleure visibilité et une juste représentation des femmes dans le milieu de la photographie. Son objectif est de lutter contre les mécanismes d’exclusion et de promouvoir une plus grande diversité de regards. Il mène des actions de sensibilisation, de comptage et de réflexion pour faire évoluer les mentalités et les pratiques au sein des institutions culturelles, des festivals et des médias.
Pourquoi les femmes photographes sont-elles moins visibles ?
Selon le collectif, leur invisibilité est le résultat d’un problème structurel et systémique. Elle est due à un entre-soi très présent dans le milieu de la photographie, où les postes de décision, les jurys de prix ou les comités de programmation sont majoritairement masculins. Cela conduit à des choix qui reproduisent des schémas existants et mettent de côté le travail des femmes, qui finissent souvent par disparaître de la scène professionnelle après un certain âge.
Quelles sont les actions concrètes de ce collectif ?
Le collectif agit sur plusieurs fronts. Il pratique la « comptabilité » pour mesurer et objectiver la place des femmes dans les programmations. Il produit des textes de réflexion et d’analyse, initialement sur un blog Mediapart puis sur leur propre site. Ses membres interviennent sur les réseaux sociaux et dans des conférences. Elles ont également rédigé un manifeste lu à Paris Photo en 2018 et collaborent avec des chercheuses pour étayer leur argumentation.
Le collectif a-t-il obtenu des résultats concrets ?
Oui, le collectif considère l’édition 2019 des Rencontres d’Arles comme une victoire majeure. Cette année-là, sous la direction de Sam Sturze, le festival a présenté une programmation atteignant la quasi-égalité entre hommes et femmes dans les expositions individuelles, passant de moins de 20 % les années précédentes à près de 50 %. Cet événement a prouvé qu’il était possible d’atteindre la parité sans sacrifier la qualité artistique ni l’intérêt du public, qui a d’ailleurs battu des records de fréquentation.

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