Portrait d'Olivier Spillebout, directeur de la Maison de la Photographie de Lille

Pour une photographie durable : La Maison de la Photographie avec Olivier Spillebout

Vingt-deux ans au service de l’image

Olivier Spillebout dirige la Maison de la Photographie de Lille depuis ses débuts, il y a 22 ans. Le projet a vu le jour en 1997 dans une friche industrielle totalement abandonnée, comme en témoignent encore les photos dans le hall d’entrée. À l’origine, il ne s’agissait que d’un petit collectif réuni autour d’une liste de discussion sur Internet, à l’aube du numérique. Le véritable tournant a été la création du Festival Transphotographique en 2001, qui a servi de « vaisseau amiral » à l’association et lui a donné une nouvelle envergure. C’est à partir de là que la décision a été prise d’occuper le lieu de manière permanente, en créant un espace d’exposition qui s’est agrandi au fil des ans, étage par étage, pour devenir un véritable pôle dédié à la photographie.

L’ambition a toujours été la même : servir la photographie, aider les photographes et leur proposer des espaces d’exposition « dignes des musées » pour présenter leur travail au public.

La culture face aux querelles politiques

Malgré son ancrage et son histoire, la Maison de la Photographie traverse aujourd’hui une phase « plus que critique ». Olivier Spillebout explique que la structure, comme beaucoup d’autres en France, est victime de l’instabilité du financement public. Il raconte avoir vu passer de nombreux élus, maires, présidents de région et ministres de la Culture, et dénonce des décisions politiques qui ont conduit à la perte de subventions vitales, notamment les subventions de fonctionnement. Selon lui, le problème n’est pas un manque d’argent public, mais une mauvaise répartition. « Il y a de l’argent, […] personnellement, moi, je trouve qu’il est mal utilisé. Ce n’est pas équitable », affirme-t-il, pointant des structures aux fonds illimités tandis que d’autres sont menacées de fermeture.

Dans un contexte post-gilets jaunes où les citoyens réclament plus de transparence et d’équité, il appelle à penser une « culture durable » et une « photographie durable ». Il s’interroge sur le paradoxe d’une société qui pourrait laisser disparaître des outils culturels essentiels, créés sur le long terme et ancrés dans les territoires.

Les références de l’épisode

  • Maison de la Photographie de Lille
  • Festival Transphotographique
  • Réseau Diagonal
  • Mathieu Poitrin
  • Jacques Lang
  • Lille
  • Toulouse
  • Arles
  • Quartier de Griffeuil (Arles)

Au fil de l’épisode

  • Les 22 ans d’histoire de la Maison de la Photographie de Lille.
  • La transformation d’une friche industrielle abandonnée en un lieu culturel reconnu.
  • Les débuts du projet en 1997, autour d’une liste de discussion sur Internet.
  • Le lancement du Festival Transphotographique en 2001, moteur du développement de l’association.
  • La mission de la Maison Photo : offrir des espaces d’exposition de qualité pour servir les photographes.
  • Les difficultés communes à de nombreuses institutions culturelles en France, comme à Toulouse ou Arles.
  • Le paradoxe de disposer d’outils culturels formidables mais politiquement délaissés.
  • L’impact des changements politiques sur la pérennité des financements publics.
  • Le constat d’une répartition inéquitable de l’argent de la culture.
  • La situation critique de la Maison Photo suite à la perte de ses subventions de fonctionnement.
  • Le débat sur les modèles économiques et la recherche de solutions innovantes pour les jeunes structures.
  • L’appel à une « photographie durable » dans un contexte de demande citoyenne pour plus d’équité.
  • L’effondrement du marché de la presse et ses conséquences sur l’écosystème de la photographie.
  • La fin de « l’état providence » culturel de l’époque de Jacques Lang.
  • L’importance des actions culturelles menées dans les quartiers, comme à Griffeuil à Arles, et la difficulté à les financer.

FAQ

Qui est Olivier Spillebout ?

Olivier Spillebout est le directeur de la Maison de la Photographie à Lille. Il pilote ce projet depuis sa création il y a 22 ans. Dans cet épisode, il partage l’histoire de cette institution, de sa naissance dans une friche en 1997 à son statut de lieu d’exposition majeur. Il expose également les défis financiers et politiques auxquels sa structure, et d’autres lieux culturels similaires, sont aujourd’hui confrontés en France.

Qu’est-ce que la Maison de la Photographie de Lille ?

La Maison de la Photographie de Lille est une institution culturelle dédiée à l’image, fondée il y a 22 ans. Née d’un petit collectif à l’ère des débuts d’Internet, elle a pris son essor avec le lancement du Festival Transphotographique en 2001. Installée dans une ancienne friche industrielle, elle est devenue un espace d’exposition permanent qui offre aux photographes des conditions de monstration de qualité professionnelle.

Pourquoi les institutions photographiques sont-elles en difficulté ?

Selon Olivier Spillebout, ces institutions sont en difficulté principalement à cause de l’instabilité et de la répartition inéquitable des financements publics. Elles dépendent de décisions politiques qui peuvent entraîner la suppression brutale de subventions de fonctionnement essentielles. Il souligne que l’argent public pour la culture existe, mais qu’il n’est pas toujours alloué de manière juste, laissant des structures établies et reconnues au bord de la fermeture.

Qu’est-ce que la « photographie durable » ?

Le concept de « photographie durable » évoqué dans l’épisode désigne la nécessité de construire un modèle économique et politique plus juste et résilient pour le secteur. Cela implique d’assurer des financements stables pour les lieux de culture, de garantir la transparence dans l’usage de l’argent public et de reconnaître la valeur sociale de la photographie. C’est un appel à sortir d’un système précaire pour bâtir un avenir pérenne pour la création et sa diffusion.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *