Une décennie syrienne
L’invité de cet épisode est le photographe Payram, qui présente un travail réalisé en Syrie sur une période de dix ans. Le projet s’articule autour de trois grands sujets, liés à la transformation de la matière par des artisans : le bazar de métal à Damas, les savonneries d’Alep et les tailleurs de pierre de Latakia. Il explique avoir travaillé avec une grande rigueur formelle, utilisant une chambre photographique 4×5 inches pour réaliser ses clichés en noir et blanc. L’exposition présente une grande quantité d’images, sous forme de petits tirages alignés en mosaïque.
Payram souligne qu’il est lui-même un artisan, puisqu’il réalise tous ses tirages. « Je suis tireur », précise-t-il, établissant un parallèle entre son propre travail manuel et celui des ouvriers qu’il a photographiés.
L’hommage au travail manuel
Au-delà de la documentation, ce projet est un véritable hommage à l’implication de l’homme dans la transformation de la matière. Payram raconte son intérêt pour le travail manuel, qu’il a trouvé en Syrie sous une forme « extrêmement juste, adorable ». Il évoque la magie du bazar de métal, où de simples plaques de tôle deviennent des objets du quotidien, comme des fours à pizza. Cette œuvre témoigne d’une époque qui disparaît, un processus accéléré par la guerre et la destruction d’une partie d’Alep.
L’un des aspects les plus poignants de cette disparition est la rupture de la transmission. Payram se souvient avoir photographié les façades du bazar, remarquant une boutique fermée. Un ami syrien lui avait alors expliqué : « c’est parce que le fils n’a pas voulu prendre le relève de père ». Une anecdote qui illustre la fin d’un monde où le savoir-faire se passait de génération en génération.
Les références de l’épisode
- Personnes : Bachelard
- Lieux : Syrie, Damas, Alep, Latakia
- Événements : Promenades Photographiques de Vendôme
Au fil de l’épisode
- Présentation du projet photographique mené par Payram en Syrie pendant dix ans.
- Les trois grands thèmes explorés : le métal à Damas, le savon à Alep et la pierre à Latakia.
- Le choix d’une photographie en noir et blanc, réalisée à la chambre 4×5 inches.
- La scénographie de l’exposition, qui donne l’impression de rentrer dans une échoppe.
- Le parallèle entre le photographe-tireur et l’artisan qui transforme la matière.
- La fascination pour le travail manuel et l’implication de l’homme.
- L’évocation d’un monde en voie de disparition, notamment à cause de la guerre.
- L’anecdote de la boutique fermée, symbole de la rupture dans la transmission des savoir-faire.
FAQ
Qui est Payram ?
Payram est un photographe d’origine iranienne. D’après les informations de l’épisode, il a été contraint de quitter son pays en 1983. Il est l’auteur d’un important travail photographique consacré à la Syrie, mené sur une dizaine d’années, où il documente le monde de l’artisanat et du travail manuel. Il se définit également comme un photographe-tireur, réalisant lui-même toutes ses épreuves.
Quel est le sujet de son exposition sur la Syrie ?
Son exposition porte sur un travail de dix ans consacré aux artisans syriens, avant la guerre. Elle s’organise autour de trois thématiques et lieux distincts : le travail du métal dans le bazar de Damas, la fabrication du savon dans les savonneries d’Alep, et la taille de la pierre par les artisans de Latakia. Le fil conducteur est la transformation de la matière par la main de l’homme.
Quelle technique photographique Payram utilise-t-il ?
Payram travaille en noir et blanc avec une grande rigueur formelle. Pour ce projet en Syrie, il a utilisé une chambre photographique grand format de type 4×5 inches. Il souligne également l’aspect artisanal de sa pratique en précisant qu’il développe et tire lui-même toutes ses photographies, qu’il s’agisse de petits, moyens ou grands formats.
Pourquoi son travail est-il un hommage à l’artisanat ?
Son travail est un hommage à l’artisanat car il cherche à valoriser l’implication de l’homme dans la transformation de la matière. Il exprime son admiration pour le geste des ouvriers et des artisans syriens. En documentant ces savoir-faire, il témoigne d’une époque qui disparaît, menacée à la fois par la modernité, qui remplace le geste par l’usine, et par la guerre qui a détruit des lieux emblématiques comme Alep.

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