Une profession sous pression
Pierre Ciot, vice-président de la SAIF, dénonce avec force ce qu’il nomme « l’ubérisation de la photographie », incarnée par des plateformes comme Meero. Il décrit un système qui vise le profit immédiat en contournant les droits fondamentaux des créateurs. Selon lui, ces sociétés traitent les photographes comme de simples « presse-boutons », remettant en cause des décennies de lutte pour la reconnaissance du statut d’auteur. Cette pratique s’appuie sur la précarité économique d’un grand nombre de professionnels, contraints d’accepter des missions à des tarifs extrêmement bas, parfois 25 euros de l’heure, pour compléter leurs revenus.
« Ce que nous, on a gagné depuis 30 ou 40 ans, on allait le perdre tout d’un coup parce que cette start-up arrivait et disait, ben voilà, maintenant, on va faire comme ça. »
Un front commun inédit
Face à cette menace, Pierre Ciot se félicite d’avoir été l’un des premiers lanceurs d’alerte, malgré un écho médiatique initialement faible, plus fasciné par les levées de fonds de la « licorne » que par ses pratiques. Il révèle qu’un événement historique est en train de se produire : pour la première fois, toutes les organisations de défense des photographes en France — syndicats, sociétés d’auteurs, associations — ont réussi à s’unir. Un communiqué commun est sur le point d’être publié pour dénoncer le modèle de Meero et exiger l’application de la loi, tant sur le droit d’auteur que sur les droits sociaux.
Cette mobilisation vise à contrer la pression sur les prix qui affecte tout le secteur, y compris l’édition, où les barèmes sont de moins en moins respectés. Il compare les négociations actuelles à des discussions de « marchands de tapis », loin de la juste reconnaissance du travail de création.
Les références de l’épisode
- Meero
- SAIF (Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe)
- Rapport Racine
- Olivier Brillanceau
- CEF
- Magnum (agence photo)
- Tendance Floue (collectif de photographes)
- Myop (agence photo)
Au fil de l’épisode
- La définition de l’« ubérisation de la photographie » et la critique du modèle de Meero.
- La remise en cause du droit d’auteur, les photographes étant réduits à des « presse-boutons ».
- Le rôle de lanceur d’alerte de la SAIF et de Pierre Ciot face à l’engouement médiatique pour la start-up.
- L’union inédite de toutes les organisations de photographes (syndicats, sociétés d’auteurs, associations) contre Meero.
- L’annonce d’un communiqué commun pour exiger le respect du droit d’auteur et des droits sociaux.
- La pression économique qui pousse les photographes à accepter des missions à des tarifs très bas.
- Le paradoxe d’une demande d’images en constante augmentation face à une volonté de gratuité ou de coût minimal.
- L’expérience personnelle de Pierre Ciot face aux demandes d’utilisation gratuite de ses photos.
- La difficulté à faire respecter les barèmes, même dans le secteur de l’édition.
FAQ
Qui est Pierre Ciot ?
Pierre Ciot est le vice-président de la SAIF (Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe), une organisation de gestion collective des droits d’auteur. Dans cet épisode, il intervient en tant que défenseur des droits des photographes auteurs, notamment face aux nouvelles plateformes numériques qui menacent leur statut et leur rémunération. Il se positionne comme un lanceur d’alerte sur les dérives de l’ubérisation de la profession.
Qu’est-ce que l’ubérisation de la photographie selon l’épisode ?
Selon Pierre Ciot, l’ubérisation de la photographie est un modèle économique porté par des start-ups comme Meero. Ce modèle consiste à mettre en relation des clients avec un grand nombre de photographes via une plateforme, en imposant des tarifs très bas et en contournant le droit d’auteur. Les photographes ne sont plus considérés comme des auteurs mais comme de simples exécutants, ou « presse-boutons », privés de leurs droits sur leurs créations.
Pourquoi la plateforme Meero est-elle critiquée ?
Meero est critiquée pour plusieurs raisons. D’abord, pour sa négation du droit d’auteur des photographes qu’elle emploie. Ensuite, pour ses pratiques commerciales jugées très désavantageuses, avec des rémunérations extrêmement faibles qui exploitent la précarité des professionnels. Enfin, elle est accusée de ne pas respecter les droits sociaux des photographes, contribuant à une dégradation générale des conditions de travail dans le secteur.
Comment les photographes se défendent-ils face à cette situation ?
Face à la menace représentée par des plateformes comme Meero, les photographes ont organisé une réponse collective. Pour la première fois, l’ensemble des organisations professionnelles du secteur en France (syndicats de journalistes, sociétés d’auteurs, associations) s’est uni. Elles ont décidé de publier un communiqué commun pour dénoncer ces pratiques et exiger que la loi sur le droit d’auteur et les droits sociaux soit appliquée.

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