Une création née de l’urgence
Très surprise d’avoir été sélectionnée puis primée au Prix Levallois 2019, Sara Imloul ne s’attendait pas à ce que son travail, qu’elle juge très personnel, soit reconnu pour représenter la jeune photographie contemporaine. Elle explique que sa démarche est inverse de celle de nombreux photographes : elle ne part pas d’un objet ou d’une scène, mais d’une idée, d’une image mentale proche du rêve ou de l’écriture automatique. Elle écrit d’abord, puis dessine ses futures photographies, l’acte de prise de vue n’intervenant qu’en toute fin de processus. Pour ses tirages en noir et blanc, elle réalise elle-même les contacts de ses négatifs 13×18 cm et confie les agrandissements au talentueux tireur Diamantino.
Cette série primée a été réalisée dans un contexte très particulier. « J’ai commencé cette série juste après les attentats de Paris en 2015 », confie-t-elle. Enfermée chez elle par peur de sortir, elle a ressenti une urgence à créer, poussée par une angoisse de mort décuplée. Ce travail est né d’une question fondamentale : « si c’était mes dernières images, qu’est-ce que je ferais en fait ? » Elle a alors conçu cette œuvre comme un grand autoportrait, une trace de ses racines et de ce qui compte pour elle, mais avec une portée universelle.
Les références de l’épisode
- Prix Levallois
- Karina Bikbulatova
- Diamantino (tireur photographe)
- Dash Voss, le château (livre de Sara Imloul)
- Laurent Millet (photographe)
- Garcin (photographe)
- Pascal Therme (critique et journaliste)
Au fil de l’épisode
- La surprise et la joie de Sara Imloul d’être lauréate du Prix Levallois 2019.
- Les détails techniques de son travail : la prise de vue à la chambre 13-18 et le processus de tirage avec le maître-tireur Diamantino.
- Son processus de création unique, qui commence par l’écriture et le dessin avant la photographie.
- Le lien entre sa démarche et l’écriture automatique des surréalistes, puisant dans l’inconscient.
- Le contexte de création de sa série primée : un huis clos créatif après les attentats de 2015 à Paris.
- La série comme un autoportrait universel, une réflexion sur ce qui resterait d’elle et de l’humanité.
- L’angoisse de mort comme moteur d’une urgence créative pour laisser une trace.
- Évocation de son livre précédent, « Dash Voss, le château », publié en 2015.
- La nécessité de l’isolement et de la concentration dans son travail, comparé à d’autres artistes comme Laurent Millet.
- La publication d’un livre comme un nouveau voyage pour l’œuvre.
FAQ
Qui est Sara Imloul ?
Sara Imloul est une photographe française, lauréate du Prix Levallois en 2019. Son travail se distingue par une approche très personnelle et introspective, souvent réalisée en noir et blanc à l’aide d’une chambre photographique grand format. Elle ne cherche pas à capturer le réel mais à matérialiser des images mentales, issues de ses rêves ou de son inconscient, dans une démarche qu’elle compare à l’écriture automatique.
Quel est le processus créatif de Sara Imloul ?
Le processus de Sara Imloul est singulier : l’acte photographique est la dernière étape de sa création. Elle commence par écrire des textes pour faire émerger des idées ou retranscrire des images mentales. Ensuite, elle dessine ces visions pour définir précisément la composition. C’est seulement une fois que l’image est clairement établie dans son esprit qu’elle la réalise à l’aide de sa chambre photographique, créant ainsi très peu d’images.
Dans quel contexte a-t-elle créé la série primée au Prix Levallois ?
Sara Imloul a créé cette série juste après les attentats de Paris en 2015. Profondément marquée par les événements, elle s’est enfermée chez elle, dans son atelier. Ce huis clos a été le théâtre d’une création née de l’urgence et d’une angoisse de mort exacerbée. Elle a conçu ce travail comme un autoportrait universel, se demandant quelles seraient les dernières images qu’elle voudrait laisser comme trace de son passage.
Quelle technique photographique Sara Imloul utilise-t-elle ?
Sara Imloul utilise une chambre photographique de format 13×18 cm. Cette technique ancienne et exigeante lui permet un contrôle précis sur l’image. Pour ses tirages en noir et blanc, elle réalise elle-même les tirages contact. Pour les agrandissements, qui nécessitent un matériel spécifique qu’elle ne possède pas, elle collabore avec le maître-tireur Diamantino, reconnu pour la qualité de son travail sur les noirs.

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