Portrait de Stéphane Lagoutte, photographe et directeur de l'agence MYOP, invité du podcast 9 Lives Magazine

Covid-19 et les agences : Rencontre avec Stéphane Lagoutte, Directeur de l’agence MYOP

Un secteur à l’arrêt

Stéphane Lagoutte décrit l’impact de la crise sanitaire comme un « arrêt brusque » de toute l’activité de l’agence MYOP. Du jour au lendemain, toutes les négociations en cours avec les fondations, les ONG ou les institutions ont été gelées, et les commandes de la presse ont fortement chuté. Face à l’ampleur des pertes, les aides gouvernementales se sont révélées très insuffisantes, mettant en péril la structure. Selon lui, une véritable reprise n’est pas attendue avant septembre, au plus tôt, l’été étant traditionnellement une période plus calme.

Cette crise a également entraîné l’annulation du grand événement que l’agence organise chaque année à Arles, un coup dur pour les photographes et pour le milieu. Ce projet, qui comprenait une vingtaine d’expositions, était un moment de rencontre et de visibilité essentiel.

Réinventer le témoignage

Face à cette situation, les photographes de l’agence ont très vite décidé de réagir collectivement. Dès le début du confinement, ils ont lancé un projet commun pour documenter cette période inédite. Intitulé « CineBier », ce travail a pris la forme d’une publication quotidienne sur Instagram, réunissant les regards des différents membres du collectif. Stéphane Lagoutte explique que ce projet a permis de créer une vision d’ensemble du confinement, en agrégeant les expériences individuelles. Ce fut aussi un moyen de maintenir une dynamique créative et de réfléchir à de nouvelles formes narratives.

Au-delà de l’urgence, il estime que cette crise oblige à repenser l’avenir. Si le travail de terrain reste la matière première du photographe, les modes de diffusion doivent évoluer. Il évoque la possibilité « d’augmenter » les expositions physiques avec des approches numériques, et la nécessité de se tourner vers de nouveaux sujets de fond, comme l’écologie, un axe de réflexion déjà présent au sein de l’agence.

Les références de l’épisode

  • Agence MYOP
  • Le Monde
  • Libération
  • L’Obs
  • Pierre-Ibre
  • Jean Larive
  • Instagram

Au fil de l’épisode

  • L’impact de la crise sanitaire : un arrêt brutal des négociations et des contrats pour l’agence MYOP.
  • La forte baisse des commandes issues de la presse.
  • L’insuffisance des aides gouvernementales face à l’ampleur des pertes.
  • La perspective d’une reprise d’activité pas avant septembre.
  • L’annulation du grand événement annuel de l’agence à Arles, qui devait présenter 20 expositions.
  • L’impact sur les photographes individuels, avec l’annulation de trois à cinq expositions personnelles.
  • La mobilisation des photographes de MYOP dès le début du confinement pour documenter la situation.
  • Le lancement du projet « CineBier », une publication quotidienne sur Instagram des photos de la veille.
  • L’objectif du projet : réunir les visions individuelles pour créer un témoignage collectif.
  • Le rôle de la presse (Le Monde, Libération, L’Obs) qui a maintenu quelques commandes.
  • La précarité structurelle du milieu de la photographie, aggravée par la crise.
  • La nécessité pour les agences de se renouveler constamment pour trouver des partenaires et des terrains d’action.
  • La réflexion sur l’avenir de la diffusion de l’information photographique.
  • L’idée que le numérique peut « augmenter » l’expérience d’une exposition physique sans la remplacer.
  • L’importance de développer de nouveaux axes de travail, notamment sur des sujets comme l’écologie.

FAQ

Qui est Stéphane Lagoutte ?

Stéphane Lagoutte est un photographe et le directeur de l’agence MYOP. Dans cet épisode, il témoigne de l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 sur le secteur de la photographie, en partageant son expérience à la tête d’un collectif de photographes confronté à un arrêt brutal de son activité.

Quel a été l’impact de la crise du Covid-19 sur l’agence MYOP ?

La crise a provoqué un arrêt immédiat de toutes les négociations et commandes en cours pour l’agence, que ce soit avec la presse, les ONG ou les institutions. Cette situation a entraîné une forte baisse de revenus, que les aides gouvernementales n’ont que partiellement compensée. L’agence a également dû annuler son grand événement annuel à Arles, un projet majeur impliquant une vingtaine d’expositions.

Comment les photographes de MYOP ont-ils documenté le confinement ?

Dès le début du confinement, les photographes de l’agence ont lancé un projet éditorial commun. Ils ont créé une publication quotidienne sur Instagram, rassemblant les photographies prises la veille par les différents membres. L’objectif était de témoigner de cette période en croisant les regards et les écritures photographiques pour offrir une vision collective et nuancée de l’expérience du confinement.

Qu’est-ce que l’agence MYOP ?

D’après les informations de l’épisode, MYOP est une agence de photographes qui travaille dans des domaines variés comme la presse, avec des clients institutionnels, des fondations ou des ONG. La structure fonctionne comme un collectif où les photographes collaborent sur des projets communs et organisent également des événements culturels majeurs, comme des expositions à Arles.

Quelles sont les perspectives d’avenir pour le photojournalisme selon Stéphane Lagoutte ?

Pour Stéphane Lagoutte, le travail de terrain restera toujours au cœur du métier de photographe. Cependant, il pense que la crise accélère la nécessité de repenser la diffusion des images. Il suggère que le numérique ne doit pas remplacer le physique mais plutôt l’augmenter, pour enrichir l’expérience du public. Il souligne aussi l’importance de continuer à explorer des sujets de fond, comme l’écologie.


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