De la Pologne à Paris, l’éveil d’un regard

Joanna Lemanska, alias Misscoolpics sur Instagram, raconte son arrivée en France. Née en Pologne, elle vient à Paris dans le cadre du programme d’échange universitaire Erasmus. C’est à la demande de ses amis restés au pays, curieux de découvrir sa nouvelle vie, qu’elle commence à prendre des photos. Au départ, il s’agit de clichés sans prétention, du street art ou de jolies scènes parisiennes, partagées sur un album Facebook dédié. L’étincelle se produit réellement lorsqu’elle se met à explorer la ville avec son petit ami de l’époque, lui-même actif sur Instagram. Elle prend alors goût à la découverte photographique de Paris, partageant d’abord ses images sur la plateforme 500px avant de créer son propre compte Instagram, une fois son premier iPhone en poche.

Son style a beaucoup évolué : d’abord attirée par l’architecture et les lignes abstraites de quartiers comme La Défense, elle s’est progressivement tournée vers l’humain et les scènes de la vie urbaine, qui sont aujourd’hui au cœur de son travail.

Le phénomène Instagram

Joanna Lemanska a connu une croissance très rapide sur Instagram, une ascension qu’elle explique simplement. À l’époque, la plateforme proposait une « liste d’utilisateurs suggérés » aux nouveaux inscrits. Son compte y a figuré à trois reprises, pour des périodes de plusieurs mois, lui apportant un afflux massif et continu d’abonnés. « Il n’y a aucun doute », affirme-t-elle, c’est ce qui a tout déclenché. Aujourd’hui, elle se montre plus réservée sur les chances de connaître un tel succès. Selon elle, « c’est tout simplement trop tard ». Elle conseille aux nouveaux photographes de se concentrer sur la recherche de leur propre style et de leur langage visuel plutôt que de courir après les abonnés. L’épisode aborde aussi la question complexe des droits d’auteur sur la plateforme, citant le cas d’une photographe américaine qui a perdu un procès après qu’une entreprise a réutilisé une de ses photos partagée sur Instagram.

Pour sa part, Joanna n’a jamais refusé qu’une marque ou un hôtel repartage ses photos en la créditant, considérant que la faible résolution des images sur Instagram les rend de toute façon inexploitables pour un usage commercial de qualité, notamment en impression.

La fabrique des souvenirs

Parmi ses souvenirs les plus marquants, Joanna Lemanska raconte une rencontre improbable dans les jardins du château de Versailles. Alors qu’elle prenait une photo, un touriste japonais l’aborde, intrigué par son cliché. La conversation s’engage et cet homme, fabricant d’éventails, lui propose d’organiser une exposition de ses photos à Kyoto. Malgré le scepticisme de ses amis parisiens, elle accepte. Six mois plus tard, son exposition était sur pied au Japon, entièrement organisée par son contact. « Ça ne va pas se répéter une deuxième fois dans ta vie », lui avaient conseillé ses parents. Elle ne regrette rien. La photo dont elle est la plus fière capture un instant de grâce sur le pont de Bir-Hakeim : un homme souriant ferme son parapluie sous un arc-en-ciel, avec la tour Eiffel en arrière-plan, juste après une averse.

Pour saisir ces moments, elle ne demande jamais l’autorisation aux personnes qu’elle photographie. « Si tu demandes à la personne, […] tu perds la spontanéité », explique cette photographe qui se décrit comme assez timide, mais qui cherche avant tout à capturer le naturel des scènes de rue.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Vivian Maier, Henri Cartier-Bresson, Pablo Rochat, Mathieu Venot, Walter Rothwell, Gogo Jungle, Barack Obama, Beyoncé.
  • Plateformes et entreprises : Instagram, Facebook, 500px, National Geographic, Getty Images, Fujifilm, Netflix, Amazon Prime.
  • Lieux : Paris, Pologne, La Défense, quartier Massena, Jardin de Versailles, Kyoto (Japon), Pont de Bir-Hakeim, Place de la République, Musée du Louvre, Rosny-sous-Bois.
  • Événements et programmes : Erasmus, rassemblement « Je suis Charlie ».
  • Matériel et logiciels : iPhone 4S, boîtier Fujifilm XE2, Lightroom, Photoshop.

Au fil de l’épisode

  • Présentation de l’invitée, Joanna Lemanska, alias Misscoolpics.
  • Ses origines polonaises et son parcours jusqu’à la nationalité française.
  • L’évolution de son style, de la photo d’architecture à la photo de rue.
  • Ses débuts en photographie à Paris, poussée par ses amis lors de son échange Erasmus.
  • De Facebook à la plateforme 500px, ses premiers espaces de partage.
  • Comment elle a rejoint Instagram, d’abord via le téléphone de son copain.
  • La question des droits d’auteur sur Instagram et l’anecdote d’un procès aux États-Unis.
  • Sa position personnelle sur le repartage de ses photos par des tiers sur les réseaux sociaux.
  • L’histoire de son ascension sur Instagram grâce à la liste des utilisateurs suggérés.
  • Son avis sur la difficulté de percer sur Instagram aujourd’hui.
  • L’importance de développer son propre langage visuel avant de chercher la notoriété.
  • Son souvenir photographique le plus positif : une rencontre avec un touriste japonais à Versailles.
  • Comment cette rencontre a débouché sur une exposition de ses photos à Kyoto.
  • La difficulté de nommer une « galère mémorable » dans son parcours.
  • La photo dont elle est la plus fière, prise sur le pont de Bir-Hakeim.
  • Sa méthode pour photographier les gens dans la rue : ne jamais demander la permission pour garder la spontanéité.
  • L’histoire d’un couple qui s’est reconnu sur une de ses photos prises lors du rassemblement « Je suis Charlie ».
  • Sa frustration de photographe pendant le confinement dans un Paris vidé de ses habitants.
  • Le type de photos qui a le plus de succès sur son compte : les reflets dans les flaques d’eau.
  • L’anecdote de la création de flaques artificielles au Louvre avec une bouteille d’eau.
  • Ses sources d’inspiration : les expositions photo plus qu’Instagram.
  • Les photographes et créateurs qu’elle apprécie : Vivian Maier, Henri Cartier-Bresson, Pablo Rochat, Mathieu Venot, Walter Rothwell.
  • Son matériel photo : un boîtier hybride Fujifilm XE2 et quatre objectifs.
  • Son rapport aux sorties photo : un équilibre entre les balades en solo et celles avec quelques amis.
  • Son processus de retouche : des ajustements simples sur Lightroom Classic.
  • Sa fréquence de publication sur Instagram, qui a diminué avec le temps.
  • Analyse de la baisse d’engagement généralisée sur la plateforme.
  • Ses objectifs pour 2020 : se concentrer sur des projets photo indépendants des réseaux sociaux.
  • Sa vie pendant le confinement : ménage, Netflix et lecture.
  • Ses projets pour l’après-confinement : retourner photographier la vie dans les rues de Paris et retrouver ses amis en terrasse.
  • Où retrouver son travail en ligne.

FAQ

Qui est Joanna Lemanska (@Misscoolpics) ?

Joanna Lemanska, connue sur Instagram sous le pseudonyme @Misscoolpics, est une photographe d’origine polonaise installée à Paris. Elle s’est spécialisée dans la photographie de rue et la capture d’instants de vie parisiens. Arrivée en France pour ses études, elle a développé sa passion pour la photo jusqu’à en faire son activité, rassemblant une communauté de près de 300 000 abonnés sur les réseaux sociaux.

Comment Joanna Lemanska a-t-elle commencé la photographie ?

Elle a commencé la photographie de manière informelle à son arrivée à Paris, dans le cadre d’un échange Erasmus. Ses amis en Pologne lui demandaient des photos de sa nouvelle vie, qu’elle partageait sur Facebook. Sa pratique est devenue plus sérieuse et passionnée lorsqu’elle a commencé à explorer la ville avec son appareil, découvrant le plaisir de capturer l’architecture puis les scènes de rue.

Comment a-t-elle obtenu autant d’abonnés sur Instagram ?

Joanna Lemanska explique sa croissance rapide par un mécanisme des débuts d’Instagram : la « liste des utilisateurs suggérés ». Son compte a été sélectionné et proposé aux nouveaux inscrits à trois reprises, pour des périodes de plusieurs mois. Ce coup de pouce de l’algorithme lui a permis de gagner très rapidement en visibilité et d’atteindre une large audience, bien avant que la plateforme ne devienne aussi saturée qu’aujourd’hui.

Quel matériel photo Joanna Lemanska utilise-t-elle ?

Elle utilise un appareil photo hybride, le Fujifilm XE2, un boîtier qu’elle qualifie d’« assez vieux » mais auquel elle reste fidèle. Elle possède quatre objectifs de la même marque. Elle souligne que ce matériel au format APS-C, qui n’est pas un plein format, a toujours été suffisant pour l’ensemble de ses projets, y compris pour ses clients professionnels, et ne l’a jamais limitée.

Quelle est l’anecdote la plus marquante de sa carrière de photographe ?

L’histoire la plus incroyable de sa carrière est sa rencontre avec un touriste japonais dans les jardins de Versailles. Après avoir discuté de ses photos, cet homme, fabricant d’éventails, lui a proposé de lui organiser une exposition au Japon. Six mois plus tard, grâce à ses contacts dans des galeries à Kyoto, l’exposition avait lieu, une expérience inattendue qui a marqué son parcours.


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