Une photographe en confinement
Au début de l’échange, Sandra-Bérénice Michel raconte son expérience du confinement à la montagne. Si elle reconnaît la chance de vivre à la campagne, elle partage aussi la frustration de ne pas pouvoir explorer la nature environnante, surtout au printemps, une saison riche pour la faune. Consciente de son statut de professionnelle qui lui permettrait de sortir, elle explique avoir volontairement limité ses déplacements pour rester solidaire. « J’avais envie de me sentir quand même proche des gens en me disant bah non, enfin quelque part tu dois toi aussi t’infliger ce confinement comme les autres. »
Cette période est aussi l’occasion d’évoquer sa philosophie photographique, qui rejoint les tendances comme le #SafariJardin : privilégier la faune locale, celle qui se trouve près de chez soi, plutôt que de parcourir des milliers de kilomètres. Une approche qu’elle applique depuis toujours dans son travail.
Sur la piste du loup
Le cœur de l’épisode est consacré à sa passion pour le loup, un animal qu’elle piste depuis quatre ans dans son massif alpin. Elle décrit une quête exigeante, faite de patience et d’observation, pour suivre les traces de loups souvent juste de passage. Ce suivi lui a permis d’obtenir des images précieuses, mais son objectif va au-delà de la photographie. Elle espère, par son travail, contribuer à une meilleure compréhension de l’animal et à apaiser les tensions liées à sa présence, notamment avec le monde pastoral. « Je me suis dit peut-être que tu peux jouer un rôle là-dedans parce que je sais que c’est difficile la cohabitation avec le loup en milieu pastoral. »
La discussion s’élargit aux aspects politiques et sociétaux du retour du loup, un sujet où l’irrationnel prend souvent le pas sur les faits scientifiques. Face à ce constat, elle reste convaincue de l’importance de l’éducation et de la sensibilisation, notamment auprès des enfants, pour recréer un lien d’empathie avec le monde sauvage.
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram de Sandra-Bérénice Michel
- La newsletter du blog Auxois Nature de Régis Moscardini
Les références de l’épisode
- Baptiste Morisot, spécialiste du suivi des loups
- Corentin Esmieux, photographe auteur d’un livre sur le loup
- Jean-Michel Bertrand, réalisateur
- Pierre Rigaud, naturaliste
- Le Vercors
- L’ONF (Office National des Forêts)
- Les hashtags #SafariJardin et #WhitePhotoAtom
Au fil de l’épisode
- Le vécu du confinement pour une photographe de nature à la montagne.
- La frustration de ne pas pouvoir profiter du printemps et de la renaissance de la faune.
- Sa manière de gérer le flux d’informations anxiogènes liées à la crise sanitaire.
- La tendance de la photographie de proximité (#SafariJardin) et sa philosophie de valoriser la faune locale.
- Présentation de son métier : photographe, accompagnatrice de stages et réalisatrice de reportages sur le patrimoine naturel.
- Le début de sa quête du loup, il y a quatre ans, et ses motivations.
- Les difficultés du pistage et ses réflexions sur l’absence d’installation d’une meute sur son territoire.
- La complexité de la cohabitation avec le pastoralisme et le rôle de la sensibilisation.
- L’aspect politique du dossier du loup et le poids des lobbies face aux arguments scientifiques.
- L’importance fondamentale de l’éducation des enfants pour renouer avec le vivant.
FAQ
Qui est Sandra-Bérénice Michel ?
Sandra-Bérénice Michel est une photographe animalière professionnelle depuis 2016. Installée dans les Alpes, elle se consacre à la valorisation de la faune et de la nature locales. En plus de son travail photographique, elle accompagne des groupes lors de stages et de cours sur le terrain et réalise des reportages, notamment en vidéo, pour mettre en valeur le patrimoine naturel français.
Pourquoi Sandra-Bérénice Michel photographie-t-elle le loup ?
Sa démarche autour du loup a commencé il y a environ quatre ans, lorsqu’elle a appris que l’animal était de passage sur son territoire. Au-delà du défi photographique, elle voit dans ce suivi une mission de sensibilisation. Elle souhaite mieux comprendre l’animal et ses habitudes pour aider à une meilleure cohabitation avec les activités humaines, notamment pastorales, et faire accepter son retour.
Quelle est sa philosophie en photographie animalière ?
Sandra-Bérénice Michel défend une approche de la photographie centrée sur la faune locale. Elle cherche à mettre en valeur la nature et les animaux qui se trouvent près de chez elle, en France. Elle s’inscrit dans une démarche qui privilégie la redécouverte de notre environnement proche plutôt que les voyages lointains, une philosophie qu’elle applique depuis ses débuts.
Comment aborde-t-elle la question de la cohabitation avec la faune sauvage ?
Consciente des tensions, notamment autour du loup, elle estime que la cohabitation est un enjeu majeur. Elle pense que son travail de photographe peut jouer un rôle en transmettant des connaissances et en favorisant une meilleure compréhension des espèces. Elle est convaincue que la sensibilisation, en particulier auprès des plus jeunes, est essentielle pour restaurer un lien d’empathie et de respect envers le monde animal.

Laisser un commentaire