
Jean-Benoît Roubinet, photographe installé dans l'Hérault, a découvert la photo par hasard, le jour où son patron d'agence l'a envoyé dans un domaine viticole avec un appareil réglé en automatique. Dans ce podcast de Jingoo, il raconte sa mise à son compte, sa manière de « photographier vrai » en créant d'abord un lien avec les gens, et la photographie scolaire qu'il méprisait avant d'en faire le socle de son activité. Il explique aussi pourquoi il refuse l'intelligence artificielle sur les portraits d'enfants.
Du graphisme à la photographie, par un hasard de bureau
Jean-Benoît Roubinet, photographe installé dans l’Hérault, raconte dans ce podcast de Jingoo comment il est passé de graphiste en agence de communication à photographe indépendant, et comment la photographie scolaire a stabilisé son activité jusqu’à 54 600 euros de chiffre d’affaires en 2025. Tout commence le jour où le photographe de l’agence tombe malade : son patron l’envoie faire des images dans un domaine du Minervois avec un Canon D60, réglé sur le mode automatique, « le carré vert ». Il revient « la boule au ventre », mais les images plaisent. Il apprend ensuite la technique sur les forums photo, où l’on se faisait « démonter », et même grâce à la notice de son premier boîtier, qui proposait un exercice de profondeur de champ (la zone de netteté de l’image) avec un échiquier. Licencié économique en 2012, il se met à son compte au moment où le statut d’auto-entrepreneur simplifie les démarches.
Il découvre vite qu’« une photo, tu ne la vends pas comme un croissant » et qu’il faut trouver des marchés qui reviennent chaque année.
Photographier vrai : écouter avec les yeux
Mariages, portraits, éleveurs, entreprises, sport, écoles : le fil rouge de son travail est le temps d’échange avant la prise de vue. Il plaisante, observe, cherche à comprendre les « vraies expressions » de chacun pour savoir si la personne ressemblera à ce qu’elle est. Il dit écouter « par les yeux ». À propos du portrait d’une bergère qui a beaucoup circulé, il explique que la pose ne sert que de support : la bonne image arrive juste avant ou juste après. En photo scolaire, il dispose d’environ 40 secondes pour obtenir le vrai sourire d’un enfant.
Il situe en 2013 le moment où il a compris que sa photographie ne pouvait plus se passer d’humains.
La photo scolaire, du préjugé à la base économique
Il l’avoue sans détour : il pensait que la photo scolaire était réservée aux « photographes ratés ». Des amis qui en faisaient depuis des années l’ont relancé pendant plusieurs saisons, jusqu’à ce qu’il accepte d’être leur opérateur pour une seule saison. Dix ans plus tard, il suit environ 25 établissements. Il estime que passer par le statut d’opérateur est indispensable : on y apprend à se présenter à une directrice d’école, à gérer une classe, le stress et le temps, et à connaître la charte qui encadre la photographie en milieu scolaire. Face au dirigeant de Jingoo, il explique pourquoi il travaille avec la plateforme Ma classe photo, son refus des fonds générés par intelligence artificielle (données biométriques des enfants, RGPD, souvenir de scolarité qui doit rester une vraie photo d’école) et son panier moyen d’environ 25 euros, qu’il compte augmenter en proposant plus d’une photo par élève.
« Il y a eu un avant et un après photo scolaire », résume-t-il : c’est à partir de là qu’il a pu dire « je suis photographe » et refuser des clients.
Les références de l’épisode
- Jingoo : plateforme de galeries en ligne qu’il utilise depuis 2013 environ.
- Ma classe photo : plateforme de photographie scolaire de Jingoo.
- Canon D60 : le boîtier de ses premières photos.
- Lightroom et Photoshop : ses logiciels de travail.
- Backblaze : service de sauvegarde en ligne qu’il utilise en plus de disques durs externes.
- Philippe Plisson : photographe cité pour avoir perdu ses archives dans un incendie.
- Commission scolaire de la fédération professionnelle des photographes, dont il est membre et qui prépare un site dédié à la photo scolaire.
Au fil de l’épisode
- Le premier reportage dans un domaine du Minervois, réglé en mode automatique
- Apprendre sur les forums photo et dans la notice d’un Canon
- Photographier vrai : le temps d’échange avant la prise de vue
- Opérateur en photo scolaire : ce que cette période lui a appris
- Le stockage des images : disques externes et sauvegarde en ligne
- La mise à son compte en 2012 après un licenciement économique
- Le réseau hérité de ses années de graphiste
- 25 écoles et 54 600 euros de chiffre d’affaires en 2025
- Ma classe photo, la réglementation et le refus de l’intelligence artificielle
- Panier moyen : les pistes pour l’augmenter
- Vie de famille, escalade, pêche, trail et projets d’expositions
FAQ
Qui est Jean-Benoît Roubinet ?
Jean-Benoît Roubinet est un photographe installé dans l’Hérault, ancien graphiste en agence de communication. À son compte depuis 2012, il photographie des mariages, des portraits, des éleveurs, des entreprises, du sport et des écoles. Il défend une approche qu’il appelle « photographier vrai », fondée sur l’émotion naturelle et l’instantané plutôt que sur des images retouchées ou générées.
Comment a-t-il débuté dans la photographie scolaire ?
Il a commencé comme opérateur pour un couple d’amis photographes scolaires, qui l’ont sollicité pendant plusieurs années avant qu’il accepte de faire une saison avec eux. Il pensait alors arrêter après cette saison. Dix ans plus tard, il suit seul environ 25 établissements et conseille à tout débutant de passer d’abord par ce statut d’opérateur.
Pourquoi refuse-t-il l’intelligence artificielle en photo scolaire ?
Selon lui, envoyer des visages d’enfants dans des outils d’intelligence artificielle pose une question de réglementation (RGPD, données biométriques) et d’éthique. Il veut aussi garder la main sur ses fonds et ses couleurs, et rappelle que la photo de classe est le souvenir de la scolarité d’un enfant : elle doit montrer un élève dans son école.
Combien gagne-t-il avec la photo scolaire ?
Le podcast indique qu’il a réalisé 54 600 euros de chiffre d’affaires en 2025 avec Ma classe photo. Son panier moyen se situe autour de 25 euros. Pour le faire monter, il envisage de proposer plusieurs photos par élève, par exemple un noir et blanc ou un cadrage horizontal, plutôt qu’une seule image.
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