
Mika Pollet est photographe autodidacte à Anse, dans le Beaujolais, où il tient un studio face à la mairie. Ancien gérant de vidéoclub et pompier volontaire pendant 18 ans, il vit aujourd'hui uniquement de la photographie. Dans ce podcast de Jingoo, il raconte les détours de son parcours, son choix de répondre à toutes les demandes plutôt que de se spécialiser, de la photo d'identité aux conscrits, et le long chemin pour sortir du syndrome de l'imposteur.
Du vidéoclub au studio d’Anse
Mika Pollet, photographe autodidacte installé à Anse, dans le Beaujolais près de Lyon, raconte à l’animateur des podcasts Jingoo comment il est devenu photographe à plein temps sans passer par une école. Premier appareil vers 9 ou 10 ans, puis une alternance en électrotechnique faute de pouvoir suivre une formation de caméraman ou de photographe. Un grave accident de la route, dont il dit avoir été désincarcéré par les pompiers après plus de deux heures, l’oblige à réapprendre à marcher et le pousse à s’engager comme pompier volontaire, pendant 18 ans. En 2007, il reprend un vidéoclub qu’il oriente vers l’audiovisuel. La photo arrive par la photo de classe de son fils, qu’il juge ratée : il propose à la directrice de l’école de s’en charger l’année suivante, en 2013, et aménage son premier studio dans le magasin. Il apprend seul, sur le terrain, avec un manuel de photographie argentique comme livre de chevet. En 2017, il cède le vidéoclub et s’installe face à la mairie d’Anse.
Un parcours fait de détours, que Mika Pollet résume par un besoin constant d’action.
Ne pas mettre ses œufs dans le même panier
Mika Pollet a fait le choix de ne pas se spécialiser : photo d’identité, mariage, portrait, photo scolaire, corporate, conscrits, location de photobooth, élections de Miss régionales. Selon lui, cette diversité entretient la créativité et protège en cas de crise d’un secteur. Sa position face à la mairie lui apporte environ 1 000 photos d’identité par an, sur quelque 3 500 dossiers de la commune, et parfois des clients pour d’autres prestations. Il explique la tradition des conscrits du Beaujolais, qu’il photographie dans les villages, et la photographie d’iris, une pratique de macro qu’il a travaillée à partir de 2019. Il propose aussi des initiations aux débutants et décrit ce que la plateforme Jingoo, qu’il utilise depuis 2014, a changé pour la vente en ligne des photos de conscrits, avec un record de 8 000 euros de ventes en ligne cette année. Il dit sortir peu à peu du syndrome de l’imposteur.
« On arrive à créer de belles choses avec des belles personnes », dit-il en conclusion.
Les références de l’épisode
- Jingoo : plateforme française de galeries en ligne et de tirages, utilisée par Mika Pollet depuis 2014
- Les conscrits du Beaujolais : tradition festive par classe d’âge, fêtée tous les dix ans
- Miss France : Mika Pollet photographie les élections régionales, sans être photographe officiel
Au fil de l’épisode
- 00:00:34 : présentation de Mika Pollet et de son studio d’Anse
- 00:01:27 : un premier appareil photo à 9 ou 10 ans
- 00:02:21 : le choix de l’alternance en électrotechnique
- 00:03:18 : l’accident de la route, un tournant
- 00:05:22 : 18 ans de pompier volontaire
- 00:06:25 : le camion, la moto et la nature pour se ressourcer
- 00:07:25 : l’ouverture du vidéoclub en 2007
- 00:09:17 : la photo de classe ratée qui déclenche tout
- 00:10:34 : apprendre seul, sur le terrain
- 00:12:40 : 2017, la photo à plein temps
- 00:14:21 : un studio face à la mairie et les photos d’identité
- 00:16:58 : pourquoi ne pas se spécialiser
- 00:18:49 : la tradition des conscrits
- 00:21:16 : les élections de Miss
- 00:23:42 : la photographie d’iris
- 00:26:29 : les initiations pour débutants et le syndrome de l’imposteur
- 00:29:03 : le choix de Jingoo
- 00:31:41 : des panneaux dans la rue à la vente en ligne
- 00:34:34 : travailler avec une entreprise française
- 00:36:24 : vivre de sa passion et la reconnaissance des pairs
- 00:38:53 : le souvenir d’une cliente photographiée depuis ses 11 ans
FAQ
Comment Mika Pollet est-il devenu photographe ?
Mika Pollet est autodidacte. Il tenait un vidéoclub à Anse quand la photo de classe de son fils, qu’il jugeait de mauvaise qualité, l’a poussé à proposer ses services à l’école en 2013. Il a aménagé un studio dans son magasin, appris seul sur le terrain, puis s’est consacré entièrement à la photographie en 2017.
Pourquoi Mika Pollet ne se spécialise-t-il pas ?
Mika Pollet explique deux raisons. La première est qu’il aime changer de type de client, ce qui l’oblige à renouveler sa créativité. La seconde est stratégique : un photographe spécialisé dépend d’un seul secteur, alors que la diversité de ses activités, de la photo d’identité au mariage, lui permet de rebondir si l’une d’elles baisse.
Qu’est-ce que la photographie d’iris ?
Selon Mika Pollet, c’est une photographie de proximité, en macro, de l’iris d’un œil, chaque iris étant unique. Il a commencé ses essais en 2019, les a interrompus pendant le Covid, puis les a repris en se formant auprès d’un confrère. Un boîtier classique suffit, mais un objectif macro rend le travail beaucoup plus simple.
Que sont les conscrits du Beaujolais ?
Mika Pollet décrit les conscrits comme une tradition née à la fin du 19e siècle autour du service militaire : chaque classe d’âge se retrouve et fait la fête, avec un anniversaire marquant tous les dix ans. Il y participe lui-même et photographie l’événement dans les villages autour de Villefranche, en vendant désormais les photos en ligne.
Retrouver également dans le podcast
Tous les épisodes ›
Jean-Benoît Roubinet – 54 600 €/an de ventes en photographiant vrai
28 Sep
Jérôme Morin – Fou d’Images, qualité, réussite et créativité
19 Mar
Léa Tardat – Photographe scolaire mais pas que, elle réalise 160 000 € de ventes
22 Sep
Nathalie et Jean-François Guillon – Les amoureux de Peynet
20 Mai
Priscilla Gissot – Photographie thérapeutique
13 Mar
David Herrero – 55 000 €/an de photos vendues avec Jingoo
24 Jan
William Moureaux – Moureaux Photos
14 Nov
Emeline Delsaut – Studio End
10 Sep
Rêver à 44 ans : croire sans tout contrôler
11 Oct
Et si tu n’avais pas besoin de plus de réponses ? Pourquoi j’ai créé L’Exploration F.O.C.U.S.®
4 Oct
Léna Rochoux et Margaux Buisson Bisou Bouche – Hors série Rencontres d’Arles 2026 n°5/5
3 Oct
Les Métamorphoses du Laboratoire x Grégoire Eloy
2 Oct
Anne-Lise Broyer – Hors série Rencontres d’Arles 2026 n°4/5
2 Oct
Harry Gruyaert – Hors série Rencontres d’Arles 2026 n°3/5
1 Oct
Les Métamorphoses du Laboratoire x Frédéric Jourda
30 Sep
Et si vous laissiez votre projet vous surprendre ?
27 Sep
Pierre&Florent photographes – Hors série Rencontres d’Arles 2026 n°2/5
22 Sep
Et si vous arrêtiez de diluer ce qui vous rend unique ?
20 Sep
Les Métamorphoses du Laboratoire x Thomas Paquet
18 Sep
E38 – L’INTELLIGENCE ARTIFICIEL en PHOTO…..encore
16 Sep
